ECVB, musée EnergeiA

Le reportage photo du musée EnergeiA dans la centrale électrique ECVB de Langerbrugge, avant le passage des voleurs de cuivre et la démolition.

Histoire du musée EnergeiA

Le 4 mars 1986, un musée dédié au passé industriel de la production d’électricité est ouvert par Ebes (dont la fusion avec Intercom et Unerg donnera naissance à Electrabel), avec l’association VVIA, Vlaamse Vereniging voor Industriële Archeologie (Association flamande pour l’archéologie industrielle) qui sera fortement impliquée dans le développement et l’ouverture du musée.

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Le musée Ebes EnergeiA est abrité au sein de la centrale électrique ECVB de Langerbrugge (Gent, en Belgique), plus précisément dans l’ancienne aile de traitement des eaux (le bâtiment dont le pignon est orné des énormes lettres CEFB pour Centrales Electriques des Flandres et du Brabant).

EnergiA rassemble à l’origine une grande collection de machines uniques au point de vue de l’archéologie industrielle, ainsi qu’une collection très vaste et tout aussi unique de vitrines d’expositions, de panneaux didactiques, et d’installations mobiles.

A l’occasion de l’ouverture du musée EnergeiA, une exposition de 100 panneaux est présentée sous le titre « Een Verleden voor de Toekomst » (« Une histoire de l’avenir »), et donne un aperçu à la fois de la croissance de la société industrielle et du passé industriel.

En été 1990, l’exposition itinérante « Industrieel Erfgoed in Vlaanderen » (« Patrimoine industriel en Flandre ») prend place dans les locaux du musée EnergeiA.

En automne de cette même année, les locaux du musée abriteront aussi les journées d’études sur le patrimoine industriel et le tourisme.

En 2000, le conseil d’administration d’Electrabel décide de la fermeture du musée EnergeiA.

La disposition du musée EnergeiA

Ce qui suit est une sorte d’état des lieux non exhaustif, au moment de mes premières visites. En mai 2012, les voleurs de cuivre ne laissent malheureusement que des carcasses éventrées derrière eux.

A l’entrée, un plan permettait de se faire une idée des différents composants de la centrale électrique.

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Le rez-de chaussée

Sur cette photo, nous pouvons voir au rez-de-chaussée, derrière la voiture, l’accès à la salle de traitement d’eau pour les quatre turbines (7,8,9 et 10) qui sont exposées à l’étage. A gauche, on devine une partie de la structure du magnifique escalier vitré qui menait aux salles de conférences. A droite, non visible sur la photo, un escalier métallique en colimaçon mène vers l’étage d’exposition.

 Voiture électrique
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La voiture exposée est une voiture électrique italienne Zagato Zele, produite entre 1974 et 1976. Le châssis était celui des Fiat 500 et Fiat 124, et la carrosserie était en fibre de verre, disponible en sept couleurs (orange-rouge, marron, bleu foncé, bleu pastel, blanc, vert et bleu paillettes métalliques).

La photo est prise du haut de la passerelle qui se situe contre le mur extérieur.

Au pied de cette passerelle se trouve une énorme structure didactique avec des surtenseurs, qui me fait penser à ce que l’on pourrait trouver dans le laboratoire d’un savant fou échappé d’une illustration d’anticipation des années 1950.

 Le laboratoire de Frankenstein
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Sur cette photo où je me suis amusé à placer les arcs électriques que j’imaginais, on peut voir l’escalier vitré à droite. Cette photo est prise de l’étage du musée proprement dit, en face de la photo précédente.

La salle de traitement des eaux, située au rez-de-chaussée est plongée dans la pénombre, ne laissant filtrer que par certains points une lumière diffuse. Les pompes alimentaient les quatre turbines situées à l’étage.

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Certaines machines sont ouvertes afin d’en comprendre le fonctionnement.

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 Steams of remembers
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Les rayons de lumière qui ciblent certaines parties rouillée donnent un très bel aspect à l’ensemble…

 GEVAAR!
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L’étage avec les turbines du musée EnergeiA

L’exposition proprement dite se trouve à l’étage. Quatre imposantes turbines Brown Boveri avec leurs alternateurs s’alignent dans l’immense hall. Ces turboalternateurs, avec vannes de régulation et appareils de mesure, sont exposés de manière didactique avec les trois parties : haute pression, moyenne pression, et basse pression.

 Energeia - Turbines - BROWN BOVERI
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Derrière les quatre turbines, trône la machine vapeur de 750KV, construite en 1912 par les ateliers « V.D. Kerchove » (précurseurs des ateliers « Carels ») à Gent, et son alternateur triphasé construit par « ACEC Charleroi ». Cette machine servait à l’autoproduction d’électricité et aux infrastructures de réfrigération de la brasserie Haacht avant d’être transporté au musée EnergeiA.

 Energeia wheel
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Parmi le matériel lourd exposé, il y avait encore :

  • Un moteur « Circa » de 1930 à courant continu.
  • Un compresseur d’air « Crepelle » des années 1930, qui fournissait l’air comprimé pour le nettoyage des chaudières à vapeur.
  • Une pompe d’alimentation « Weir », alimentée par une petite turbine à vapeur, et utilisée pour l’alimentation automatique de l’eau de la chaudière en cas de panne de courant ou le niveau trop bas d’eau de chaudière.
  • Une pompe d’alimentation des « Atel. d’ENSIVAL » pour la pression de l’eau d’alimentation pour la chaudière.

Entre les turbines, de superbes antiques consoles analogiques reposent sur des structures en bois. Le hall du musée était agrémenté de plantes ornementales, qui n’ont pas résisté au manque d’eau, et nous pouvons voir sur la photo suivante les feuilles séchées de ce qui devait probablement être un ficus.

 Variation de tension en %
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 Panneau électique - Voltage et Ampérage
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 Variation de tension en %
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 Panneau électique - Voltage et Ampérage
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Après les quatre turbines, sur le mur de droite (si on accède à l’étage par l’escalier en colimaçon), des panneaux didactiques verticaux présentent différents appareils de mesure ou des pièces de moteur, alors que le côté gauche est rempli de vitrines horizontales et verticales abritant une quantité incroyable de matériel plus délicat.

La photo qui suit montre les panneaux didactiques.

 Energeia upstairs overview
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 ECVB - EnergeiA - 1
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Sur les murs, des schémas expliquent le fonctionnement de la centrale. De nombreuses photographies et gravures sont aussi exposées.

 ECVB - EnergeiA - 2
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Les instruments de mesure sont exposés sur des tables, ou dans des vitrines…

 ECVB - EnergeiA - 3
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Certaines vitrines ont déjà été vidées, probablement au moment de la fermeture du musée, mais la majorité du matériel exposé se trouve toujours sur place. On comprendra pourquoi c’est seulement à présent que je publie ces photos, lorsque la centrale est démolie et que le musée est totalement vide.

 ECVB - EnergeiA - 4
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Au milieu à droite, une porte s’ouvre sur un ancien bureau. Le bureau lui-même donne sur un large hall, qui mène vers le bâtiment des transformateurs.

 Old datacenter
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Entre ma première visite et ma seconde visite, je constate que le matériel a été déplacé dans le bureau, mais pas encore vandalisé.

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 DATA DYNAMICS
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Un peu plus loin que la porte du bureau, un antique ascenseur bleu devait probablement permettre aux visiteurs d’accéder à l’étage du musée, mais je n’ai trouvé aucune information à propos de l’organisation des visites.

Dans le fond de la salle se trouve une sorte de laboratoire présentant tout un ensemble de fioles, tubes et alambics en verre, ainsi que de nombreux bulbes lumineux, tubes à incandescence aux formes parfois assez étranges.

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 Light bulb experiment
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 Energeia Lab
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 Energeia cylinders
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 Fallout experiment
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Un manomètre à oxyhydrogène. La lumière oxhydrique (limelight) était obtenue en portant à incandescence un matériau réfractaire par la flamme d’un chalumeau oxhydrique, combinant de l’oxygène et de l’hydrogène. Ce type d’éclairage était utilisé dans les théâtres car elle apportait un bon rendu des couleurs. Ce type sera par la suite utilisé pour l’éclairage public, avant d’être remplacé par l’électricité.

 Oxyhydrogen meter - limelight
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Au fond de la salle, un panneau didactique présentait différents instruments de mesures utilisés en électricité, ainsi que que des prises et commutateurs électriques en faïence.

 Fallout electricity and chemistry visit...
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Après cette salle, une porte permet d’accéder à une série de pièces sombres, sortes de locaux techniques avec faux plancher pour le câblage et racks verticaux. Ces pièces ne comportent plus aucun matériel.

Une fois passé ces pièces, à l’extrémité du bâtiment,un grand local abrite le tableau synoptique des circuits à haute tension de la centrale. Le local est relativement vaste, et entièrement vitré, ayant vue sur le poste de garde de l’entrée de l’usine et du canal.

 Plan room
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La fin du musée EnergeiA

Lors d’une visite en 2012, après le passage des voleurs de cuivre, je suis tellement dépité par l’étendue des ravages que je ne m’attarde pas dans le musée, et je me rends directement dans le bâtiment de la salle des machines en passant par le bloc des transformateurs.

Là au moins l’ambiance est toujours aussi envoûtante… Mais le glas de la centrale a sonné, et peu de temps après, les engins de terrassement entreront en œuvre.

Plus d’informations

Consultez les articles complets sur l’historique de l’ECVB, la démolition de l’ECVB

En cours de rédaction : le reportage photo sur l’ECVB.

Sources

  • http://2010.vlabidoc.be/node/1585
  • archief van de VVIA-activiteiten sedert 1978

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