La Peur Géante


Status : série finie
Genre : Science-fiction

La Peur géante est un roman de science-fiction de l'auteur français Stefan Wul paru en 1957. La Peur géante est le quatrième roman de l'auteur, et le troisième à paraître aux Éditions « Fleuve Noir » en 1957. Le récit, divisé en vingt chapitres, se distingue du reste de la production de l'auteur en situant son action sur la planète Terre dans un avenir en parfaite continuité avec le monde de 1957. Dans La Peur géante, c'est de l'homme terrestre et de sa survie qu'il est question.

L'histoire

Sur la planète Terre, en 2157, Bruno Daix, un ingénieur ex-champion universitaire de natation, prend quelques jours de vacances à In Salah, en Afrance, lorsque Driss Bouira, le directeur berbère des usines de froid « Nivôse », le contacte en urgence : l'entreprise menace de faire faillite, car l'eau ne gèle plus. Afin de trouver des explications scientifiques au mystérieux phénomène, Bruno Daix est prié d'embarquer le plus vite possible pour Paris et de rejoindre le professeur Jean Leguen, de l'Institut.

Arrivé en retard au stratoport, il doit attendre la prochaine fusée faisant escale à Alger, puis à Marseille, et rencontre une autre passagère en transit, Kou-Sien Tchéi, une jeune journaliste chinoise originaire de Nankin. Soudain, tous les passagers du stratoport sont priés de se rendre immédiatement dans les héli-taxis les plus proches et de se mettre en vol stationnaire à 500 stads au-dessus de la ville. Les autorités apprennent bientôt à la population que la fonte instantanée des glaces du pôle nord et du pôle sud ont créé deux gigantesques raz-de-marée qui a déjà ravagé une partie de la planète. Bruno Daix et Kou-Sien Tchéi montent à bord du vieil héli-taxi piloté par Ahmed Benmomed et assistent impuissants à la catastrophe. L'ingénieur décide alors de rentrer à In Salah avant que les autorités ne réquisitionnent tous les moyens de transport aériens et y retrouve son patron Driss Bouira et son ami et journaliste Pol Nazaire.

Quelque temps plus tard, Bruno Daix a été enrôlé par l'armée pour ses capacités sportives et ses compétences techniques. Bientôt, une nouvelle catastrophe s'abat sur l'humanité : les nuages disparaissent de l'atmosphère, car l'eau ne s'évapore plus. Les cultures se dessèchent dans les pays tempérés, seuls les champs artificiellement irrigués de l'Afrance subsistent. Des soucoupes volantes font également leur apparition dans le ciel des nations médusées. Lorsque les OVNI attaquent massivement In Salah, Bruno Daix cache Kou-Sien Tchéi dans les souterrains secrets de la ville et révèle à la jeune chinoise qu'il est membre de l'armée secrète chargée de combattre leur nouvel ennemi : les Torpèdes, des êtres marins intelligents évolués de la famille des raies électriques.

Les Afrançais, seuls à pouvoir nourrir le reste du continent grâce à leur système d'irrigation totalement indépendant de la pluviométrie, préparent des missions sous-marines avec des tenues de camouflage thermo-moulées en formes de poulpes ou de cœlacanthes qui permettent aux plongeurs de passer inaperçu : l'armée secrète envisage une riposte bactériologique à l'attaque des Torpèdes. Lors d'une visite dans un aquarium de détention des Torpèdes, Kou-Sien Tchéi découvre par hasard la clé du langage à influx magnétique des Torpèdes.

Une fois les préparatifs terminés, Bruno Daix, Pol Nazaire et les autres plongeurs de l'armée secrète partent en mission diffuser le virus de Djoliba en profondeur, un virus non mortel destiné à détruire les centres cérébraux des Torpèdes. Au cours de la mission, Bruno Daix se perd dans les profondeurs de l'océan et se retrouve au beau milieu d'une ville sous-marine torpède. Il souffre des influx magnétiques des Torpèdes, mais réussit à se frayer un chemin jusque dans un grand bâtiment qui révèle toute son horreur de « Musée de l'homme » torpède. Lorsque Bruno Daix est récupéré en surface par la marine américaine, il est en état de choc et son psychisme est fortement atteint. Après une longue convalescence sous tuteur psychique, Bruno Daix retrouve ses amis et son grand amour, Kou-Sien Tchéi.

L'univers de la peur géante

Dans le futur du xxiie siècle décrit par Stefan Wul, les colonies françaises d'Afrique du Nord forment une nation nouvelle conquise sur le désert dépendante de la France : l'Afrance (contraction d'Afrique et de France) (ou peut-être Algérie Française ?) : plus de 500 millions d'habitants. Le désert est verdoyant grâce à des systèmes d'irrigation perfectionnés reliés à des usines de désalinisation de l'eau de mer. La mer Méditerranée est à moitié asséchée à cause d'un barrage hydraulique construit entre la Tunisie et la Sicile et surplombée par un immense viaduc qui relie Marseille à Alger.

Au quotidien, les gens utilisent des visiophones pour leurs communications et des héli-taxis ou des fusées pour leurs déplacements. Dans les cafés et les restaurants, les clients sont le plus souvent servis par des tablettes automatisées. La population d'Afrance ne travaille plus que trois heures par semaine, grâce au progrès technique. La Lune possède une station d'observation terrestre.

La peur géante en BD

Le monde a basculé dans la deuxième moitié du XXIIe siécle et se trouve confronté à un phénomène étrange : l’eau ne gèle ni ne s’évapore plus, les glaces des pôles fondent et toutes les zones côtières sont menacées par des tsunamis d’une portée encore jamais observée. Les délais annoncés pour tenter quelque chose paraissent erronés et l’origine de la catastrophe ne semble pas naturelle : le mot de guerre est prononcé…

Nouvelle transposition d’un roman de Stefan Wul, La peur géante est prise en main par Denis Lapière et Mathieu Reynès qui s’offrent une petite parenthèse entre deux cycles d’Alter ego (Dupuis) pour un résultat mitigé. Le travail d’adaptation n’est pas à proprement parler en cause. Depuis la création originale, près de soixante ans se sont écoulés et il est logique qu’une mise à jour a minima soit introduite dans un récit d’anticipation datant des années cinquante. Ainsi, l’importance accrue des réseaux dans le quotidien ou d’une conscience écologique plus affûtée que dans l’œuvre originale ne déplaît pas. La pertinence d’un choix faisant que Bruno Daix soit plus nageur de combat œuvrant pour une organisation publique qu’ingénieur employé dans une entreprise privée, ou que Kou-Sien Tchéi, la journaliste, soit devenue une spécialiste des langages anciens, ou encore que le format diptyque impose de faire l’impasse sur une nuée de soucoupes volantes pour porter tout de suite l’attention sur des monstres marins, est un peu plus discutable, mais oublions. Et tant pis pour l’Afrance, territoire nord-africain décrit par Wul, le temps du colonialisme est révolu et installer la description de cette société pour une histoire comprimée en deux tomes aurait été une gageure.

Le choix a été fait de miser sur l’action et le spectacle mis en scène dans un cadre graphique privilégiant les cases imposantes. Il y a du mouvement, la démesure des vagues assaillant les métropoles est suffisamment bien rendue, l’étendue des dégâts également, mais il manque quelque chose pour installer un climat d’angoisse découlant de la menace qui projette de noyer l’Humanité. Ce ne sont pas quelques dialogues chargés d’en établir la portée, des regards étonnés ou soucieux ou le constat de numéros de téléphone qui ne répondent pas qui suffisent à inspirer une tension digne d’une fin du monde. Plutôt que les passages musclés ou le premier affrontement avec un Torpède, l’attention se portera sur l’art consommé du dessinateur lorsqu’il s’agit de maîtriser les transparences, l’alternance plongées / contre-plongées ou les profondeurs de champs.

Par L. Cirade Sources: wikipedia, bdgest [covers tag=”les-univers-de-stefan-wul” display=”Autres adaptations BD des univers de Stefan Wul”]

La Peur Géante : les albums

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Document créé le 01/05/2020, dernière modification le 06/02/2021
Source du document imprimé : https://www.gaudry.be/bd/la-peur-geante/

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