Arlene Hanscom dans la série "Les mondes de Stephen King"

Arlene Hanscom
Arlene Hanscom
empreinte Arlene Hanscom
Origine :Derry, Maine — état

Nom :Hanscom

Prénom :Arlene

Genre :féminin
Naissance :1926
Âge :100 ans

Etat civil :Mariée


Classement :b03a-005.00002
Hanscom Arlene

Localisation

Flag Derry

Arlene Hanscom est un personnage du roman de Stephen King Ça.

John, son époux, décède au combat en pendant la guerre de Corée, laissant Arlene veuve et Ben sans père pour le guider.

En , la mère de Ben Hanscom a 32 ans et est une mère célibataire. Le travail poussiéreux dans une usine textile ne lui convient pas, et elle doit souvent tousser fort, si bien que Ben vit dans une inquiétude constante pour elle.

Arlene se méfie de la petite ville de Derry, d'autant plus qu'en et un tueur fou y sévit et que la police instaure un couvre-feu. Après la mort de plusieurs enfants et adolescents (voir par exemple Betty Ripsom ou Cheryl Lamonica), elle prend Ben à part pour l'une des conversations les plus sérieuses de son enfance et lui parle des meurtres, qui pourraient avoir un fondement sexuel. Elle offre à Ben une nouvelle montre, dont il est fou de joie, pour qu'il ne rentre jamais trop tard pour le dîner – s'il apparaît après , elle veut immédiatement le signaler disparu à la police.

Veronica Grogan était en huitième dans une institution religieuse de Neibolt Street, dirigée par ce que la mère de Ben appelait les « Christiens ». On l'enterra le jour où elle aurait dû fêter son dixième anniversaire.

Après cette dernière horreur, Arlene Hanscom avait fait venir son fils dans le salon, un soir, et une fois installée sur le canapé, elle lui avait pris les mains et l'avait regardé attentivement dans les yeux. Un peu mal à l'aise, Ben lui avait rendu son regard.

« Est-ce que tu es fou, Ben ? commença-t-elle.

— Non, Maman ! » se récria Ben, plus mal à l'aise que jamais. Il ne voyait absolument pas où elle voulait en venir. C'était la première fois, autant qu'il se souvenait, qu'elle prenait un air aussi grave.

« Non, en effet, fit-elle en écho, je ne le crois pas. »

Là-dessus, elle se tut pendant un assez long moment, ne regardant pas Ben, mais les yeux tournés pensivement vers la fenêtre. Ben se demanda fugitivement si elle n'avait pas oublié sa présence. C'était encore une jeune femme – elle n'avait que trente-deux ans –, mais le fait d'élever seule son enfant l'avait marquée. Elle travaillait quarante heures par semaine en salle de bobinage dans une filature de Newport, et après des journées où la poussière et la charpie avaient particulièrement volé, il lui arrivait de tousser pendant si longtemps et si sèchement que Ben en était effrayé. Ces nuits-là, il restait éveillé des heures dans son lit à côté de la fenêtre d'où il plongeait les yeux dans l'obscurité, à se demander ce qu'il deviendrait au cas où elle mourrait. Il se retrouverait orphelin, avait-il cru comprendre. Il deviendrait peut-être alors un enfant de l'Assistance (cela signifiait, croyait-il, qu'il lui faudrait vivre chez des fermiers qui le feraient trimer du lever au coucher du soleil), ou il serait envoyé à l'orphelinat de Bangor. Il essayait de se dire que c'était stupide de s'inquiéter, mais cela ne lui apportait aucun réconfort. Ce n'était pas seulement pour lui-même qu'il s'inquiétait, mais aussi pour elle. C'était une femme dure, sa maman, et il fallait en passer la plupart du temps par ce qu'elle voulait, mais c'était une bonne maman. Il l'aimait beaucoup.

« Tu as entendu parler de ces meurtres », reprit-elle enfin en se tournant de nouveau vers lui.

Il acquiesça.

« On a tout d'abord pensé qu'il s'agissait… (elle hésita sur le mot suivant, qu'elle n'avait jamais prononcé en présence de son fils, mais les circonstances étaient particulières et elle fit l'effort) de crimes sexuels. C'est peut-être vrai, peut-être pas. C'est peut-être fini, ou peut-être pas. Personne ne peut plus être sûr de rien, sinon qu'il y a un cinglé en liberté qui massacre les petits enfants. Est-ce que tu me comprends, Ben ? »

Il acquiesça.

« Et tu sais ce que je veux dire quand je te parle de crimes sexuels ? »

Il ne le savait pas – du moins pas exactement – mais il hocha de nouveau la tête. Si sa mère décidait de lui parler par-dessus le marché des abeilles et des oiseaux, il allait mourir d'embarras.

« Je m'inquiète pour toi, Ben. Je suis inquiète parce que je ne fais pas ce qu'il faut vis-à-vis de toi. »

Ben fit une grimace mais ne dit rien.

« Tu es souvent livré à toi-même. Trop souvent, je me dis… TU…

— Maman…

— Tais-toi quand je te parle, le coupa-t-elle, et Ben se tut. Tu dois être très prudent, Benny. L'été arrive et je ne voudrais pas te gâcher tes vacances, mais il faut que tu fasses très attention. Je veux te voir arriver au plus tard à l'heure du diner tous les soirs. À quelle heure mangeons-nous ?

— À six heures.

— Exactement. Alors, écoute bien ce que je vais te dire : si je mets la table, verse ton lait et vois qu'il n'y a pas de Ben en train de se laver les mains à l'évier, je fonce sur le téléphone et j'appelle la police pour dire que tu n'es pas rentré. Tu comprends ?

— Oui, Maman.

— Et tu es bien convaincu que je le ferai ?

— Oui.

— Ce sera sans doute pour rien, si jamais je dois le faire. Je ne suis pas tout à fait ignorante en matière de jeunes garçons. Je sais que pendant les vacances d'été, vous vous lancez à corps perdu dans vos jeux et vos projets – à suivre les abeilles jusque dans leurs ruches, à jouer à la balle ou à je ne sais quoi. Dis-toi bien que je me doute un peu de ce que tes copains et toi avez en tête.

Ben acquiesça sobrement, songeant que si elle ignorait qu'il n'avait aucun ami, elle devait être loin d'en savoir autant sur sa vie d'enfant qu'elle le prétendait. Mais il n'aurait jamais, au grand jamais, envisagé de lui faire une telle réponse.

Elle prit quelque chose dans la poche de son tablier et le lui tendit. C'était une petite boite en plastique. Il l'ouvrit. Quand il vit ce qu'il y avait à l'intérieur, il resta bouche bée. « Oh, là, là ! s'exclama-t-il, et son admiration était tout à fait sincère. Merci ! »

C'était une montre Timex avec des petits chiffres d'argent et un bracelet en imitation cuir. Elle l'avait mise à l'heure et remontée ; il entendait son tic-tac.

« Hé, c'est super-chouette ! » Il étreignit sa mère avec enthousiasme et déposa un baiser bruyant sur sa joue.

Elle sourit, contente de son plaisir. Puis elle reprit son expression de gravité. « Mets-la, garde-la, porte-la, remonte-la, fais-y attention et surtout, ne la perds pas.

— D'accord.

— Maintenant que tu as une montre, tu n'as aucune raison d'être en retard à la maison. N'oublie jamais ce que je t'ai dit : si tu es en retard, la police partira à ta recherche à ma demande. Au moins jusqu'à ce qu'ils aient pris le salopard qui tue les enfants par ici, pas question d'être une seule minute en retard, sans quoi je décroche le téléphone.

— Oui, Maman.

— Encore une chose. Je ne veux pas que tu traînes tout seul. Tu as bien compris qu'il ne fallait pas accepter de friandises d'un inconnu, ni monter avec lui en voiture – tu n'es pas fou, on est d'accord là-dessus, et tu es fort pour ton âge ; mais un adulte, en particulier s'il est cinglé, peut venir à bout d'un enfant, s'il le veut vraiment. Quand tu vas au parc ou à la bibliothèque, fais-toi accompagner d'un camarade.

— Je le ferai, Maman. »

Elle regarda une fois de plus par la fenêtre et laissa échapper un soupir qui trahissait son inquiétude. « Les choses vont bien mal, quand elles en sont à ce point. Il y a quelque chose d'affreux dans cette ville, de toute façon. Je l'ai toujours su. (Elle baissa de nouveau les yeux sur lui, sourcils froncés.) Tu aimes tellement te balader, Ben. Tu dois connaître tous les coins et les recoins de Derry, je parie. Au moins de la ville. »

Ben pensait qu'il était bien loin de connaître tous les coins de Derry, mais beaucoup lui étaient familiers. Cependant, le cadeau inattendu de la montre l'avait mis dans un tel état d'excitation qu'il aurait été d'accord avec sa mère, même si elle avait suggéré que John Wayne aurait dû jouer le rôle d'Adolf Hitler dans une comédie musicale sur la Deuxième Guerre mondiale. Il acquiesça donc.

« Tu n'as jamais rien vu de particulier, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle. Rien ni personne… de bizarre, de pas ordinaire, qui t'aurait fait peur ? »

Et à cause de la joie que lui avait procurée la montre, de son amour pour elle, de ce qu'avait de rassurant pour le petit garçon qu'il était l'inquiétude qu'elle manifestait pour lui (inquiétude en même temps un peu effrayante par sa véhémence non dissimulée), il faillit lui parler de ce qui s'était passé en janvier dernier.

Il ouvrit la bouche mais quelque chose comme une puissante intuition la lui fit refermer.

Rien de plus qu'une intuition, mais rien de moins. Un enfant peut de temps en temps éprouver l'intuition des plus complexes responsabilités de l'amour, sentir qu'en certains cas, la gentillesse commande de ne rien dire. C'est l'une des raisons qui le fit se taire. Mais il y avait quelque chose d'autre, qui n'était pas aussi noble. Elle pouvait être dure, sa maman. Très autoritaire. Elle ne disait jamais qu'il était « gros », mais qu'il était « costaud » (ajoutant parfois « pour son âge »), et souvent, elle lui apportait les restes du dîner pendant qu'il regardait la télé ou faisait ses devoirs ; il les mangeait, même si, au fond de lui-même, il se détestait obscurément d'agir de la sorte (mais sans toutefois détester sa maman de les lui donner : jamais Ben Hanscom ne se serait permis de détester sa maman ; Dieu l'aurait foudroyé s'il avait manifesté un sentiment d'une telle brutalité et d'une telle ingratitude). Et peut-être qu'au plus profond de lui-même – le fin fond de la Mongolie des pensées de Ben –, il soupçonnait ce qui la poussait à le suralimenter ainsi. Était-ce juste de l'amour ? Pouvait-il y avoir autre chose ? Sûrement pas. Mais… il se posait la question. Plus inquiétant, elle ne savait pas qu'il n'avait pas d'amis. Cette ignorance lui faisait perdre confiance en elle, dans la mesure où il se demandait quelle serait sa réaction s'il lui racontait ce qui lui était arrivé en janvier. En admettant qu'il lui fût arrivé quelque chose. Être à la maison à six heures et n'en plus bouger n'était pas si terrible, en somme. Il pourrait lire, regarder la télé, (manger) fabriquer des trucs avec ses jeux de construction. Mais rester coincé là toute la journée serait très pénible ; or elle risquait de l'y obliger s'il lui racontait ce qu'il avait vu (ou cru voir) en janvier dernier.

« Non, Maman, répondit-il. Juste M. McKibbon qui farfouillait dans la poubelle des autres. »

Elle rit d'autant plus qu'elle n'aimait pas ce McKibbon, qui était non seulement républicain mais aussi « christien », et cela mit fin à la discussion. Cette nuit-là, Ben resta éveillé fort tard, mais ses fantasmes n'étaient pas de se retrouver orphelin dans un monde impitoyable. Il se sentait aimé et en sécurité, allongé dans son lit, tandis qu'un rayon de lune venait en effleurer le pied. Il portait la montre à son oreille pour en entendre le tic-tac, puis l'approchait de ses yeux pour admirer la lueur fantomatique des chiffres au radium.

Stephen King, ça - Ch.4 Sec.6

Ben aime sa mère, mais lorsqu'il devient clair qu'elle ne sait pas et ne soupçonne même pas qu'il est complètement sans ami, il se méfie de son jugement. Néanmoins, il sait très bien que c'est dans son propre intérêt d'être toujours à la maison à l'heure.

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Généalogie de Arlene Hanscom

Remarque

La génération automatique de l'arbre généalogique est une fonction que je suis occupé à développer et présente encore de nombreuses erreurs.
Donc il génère encore des relations incorrectes, et l'affichage des tuiles de personnages est encore rudimentaire, mais je travaille là dessus dans mes moments libres…

Ligne du temps

Il existe 3 évènements dans la ligne du temps pour ce personnage que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien.

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Document créé le 06/06/2020, dernière modification le 09/02/2026 c20260212-212907
Source du document imprimé : https://www.gaudry.be/livre/stephen-king-universe/personnages/arlene-hanscom.html

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