Montmeyan

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Montmeyan : descriptif

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Montmeyan

Montmeyan est une commune française située dans le département du Var en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie

Géologie et relief

Montmeyan est un village médiéval fortifié, bâti à 504 mètres d'altitude sur un promontoire rocheux. Il domine une plaine étroite bordée de plateaux boisés, à proximité des gorges du Verdon et du lac de Sainte-Croix.

Les tours des remparts continuent de surplomber ce village au charme véritable avec des rues étroites et encaissées, des passages voûtés, des traverses en escaliers et des arcs de soutènement. Au noyau médiéval regroupé sur la butte s'est ajoutée une agglomération développée en éventail sur le haut de la pente orientale, du côté le moins abrupt, le mieux abrité du vent et le plus proche de la route. Depuis le village, en direction du Nord-Est, s'offre un paysage d'une rare beauté avec le mont Chiran et le Mourre de Chanier qui restent enneigés tout l'hiver.

La superficie de la commune est de 3 943 hectares dont 1 768 hectares de forêt communale et 254 hectares en forêt domaniale de Pélenc. Ces espaces boisés font partie de la région forestière « Plateaux de Provence ». Les peuplements sont des taillis de chêne pubescent (90 %), chêne vert (9 %) et autres feuillus (1 %) avec quelques résineux (pin d'Alep et pin maritime).

Le territoire comporte plusieurs zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique :

  • La forêt de Pélenc,
  • Les bois de Malassoque et de La Roquette,
  • Le Verdon et ses versants boisés.

Le synclinal de Montmeyan est un fossé d'effondrement orienté nord-sud, attribué au premier mouvement alpin de l'Oligocène, qui s'étend sur 12 km entre Quinson et Fox-Amphoux. Il est rempli d'argiles rouges de l'Éocène inférieur, subdivisées en deux masses par un banc de calcaire lacustre.

Dans cette plaine étroite, bordée de failles calcaires, affleurent des roches sédimentaires d'âge Jurassique et Crétacé. Ces roches renferment des fossiles rares : œufs de dinosaures, ammonites, oursins, cérithes, bivalves et brachiopodes.

Le village est situé sur une bande allongée de Jurassique supérieur en plein milieu du fossé tertiaire. C'est une klippe qui provient du bord ouest du fossé, preuve du chevauchement de cette bordure.

Risques majeurs

Le DICRIM de Montmeyan identifie six risques majeurs : incendie de forêt, rupture de barrage, mouvements de terrain, inondation, sismicité et transport de matières dangereuses. La commune est dotée d'un Plan communal de sauvegarde qui est consultable en mairie.

Hydrographie et eaux souterraines

Cours d'eau traversant la commune :

  • Rivière le Verdon (avec le lac de Montmeyan-Quinson),
  • Ruisseau le Beau Rivé.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (2 600 h/an), un été chaud (21,5 °C), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > 5 m/s) et peu de brouillards.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 770 mm, avec 6,4 jours de précipitations en janvier et 2,9 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Regusse », sur la commune de Régusse à 5 km à vol d'oiseau, est de 13,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 717,9 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 40,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −10,3 °C, atteinte le .

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.

Voies de communications et transports

Voies routières
  • RD 13 vers Tavernes et Quinson,
  • RD 30 vers La Verdière et Régusse.

La commune étant classée en zone montagneuse, les équipements hivernaux sont obligatoires pour tous les véhicules du 1er novembre au 31 mars.

Transports en commun
  • Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Commune desservie par le réseau régional de transports en commun Zou !. Les collectivités territoriales ont en effet mis en œuvre un « service de transports à la demande » (TAD), réseau régional Zou !.

Communes limitrophes

Communes limitrophes de Montmeyan
Quinson Quinson Quinson,
Régusse
La Verdière Montmeyan Régusse
La Verdière,
Tavernes
Tavernes ,
Fox-Amphoux
Régusse,
Fox-Amphoux


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Toponymie

Montmeyan apparaît dans les archives dès le XIIe siècle sous le nom de Locus de Monte Mejano ou de Montis Mejani (le « mont qui est au milieu »). On lui donne aussi le nom de Monte Medio car ce lieu se trouverait au centre de la Provence.

Ce toponyme est dérivé du nom gaulois Mediolanon, latinisé en Mediolanum qui signifie « plein milieu », véritable centre sacré pour les Gaulois. Montmeyan a été un Mediolanum gaulois, centre politique et religieux où se réunissaient les tribus (ou cités voisines associées) pour traiter de leurs intérêts communs, dans une enceinte dominant un « plat-pays» rural.

Ses habitants sont appelés les Montmeyannais.

Montmeyan se nomme Mount-Meyan en provençal de norme mistralienne et Montmejan dans la norme classique.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

La présence de l'homme au Paléolithique moyen est attestée sur le territoire de Montmeyan avec le site de l'abri Breuil dans la vallée du Verdon. Une activité de débitage de silex a été mise en évidence dans un pré à Cocnillet.

Plusieurs traces d'habitat néolithique et de l'âge du bronze avec des enceintes préhistoriques ont été découvertes sur la commune. Un éclat de hache polie en roche verte et une pointe foliacée et ont été découverts près de la Pierre de Vitrolles. Un foyer circulaire à radier de pierres chauffantes datant du Néolithique moyen a été trouvé dans la plaine.

Le dolmen de la Colle (âge du cuivre) dans le bois de Malassoque et deux tumuli (âge du bronze/âge du fer) à La Petite Roquette figurent à l'inventaire des mégalithes de Montmeyan. Des fragments de meule à grains en rhyolite ont été trouvés près de la Pierre de Vitrolles. Au cours de l'âge du fer, les Celto-ligures construisent un oppidum à l'emplacement actuel du village qui figure parmi les Mediolanum gaulois. Deux camps entourés de gros murs de pierres sont installés au Castelar de La Grande Roquette. Comme d'autres Mediolanum, Montmeyan est un point de repère sacré dans une vaste entreprise de géodésie gauloise.

L'occupation romaine a laissé des vestiges abondants à La Grande Roquette et Enguerne, dont des fragments de tuiles à rebords et une lampe chrétienne en terre cuite. Un four de potier et des tuiles (tegulae et imbrices) sont répertoriés au nord du village, sur la rive gauche du Beau Rivé. Des restes d'établissements ruraux ont été découverts à Coste Belle et à l'Eiglier.

Moyen Âge et Époque moderne

Templiers et Hospitaliers

En , le seigneur Hugues de Montmeyan entre dans l'ordre du Temple et donne la terre de Camp Long ainsi que les droits de pâturage sur tout le territoire de Montmeyan. Il renonce à tous ses droits et héritages au profit de la commanderie de Saint-Maurice. La même année, les Templiers fortifient le Castelar à La Roquette. En , le seigneur de Blachère donne et concède aux chevaliers du Temple toutes les terres cultes et incultes, le droit de pâture ainsi que les eaux des rives du Verdon. Il donne en outre la libre faculté de construire un moulin dans le vallon de Beau Rivé et un local pour préparer le pain.

En 1221, la commanderie de Saint-Maurice achète le castrum de Montmeyan avec son château, ses terres et tous ses droits. L'acte de vente est d'un grand intérêt en ce qui concerne les modalités d'une telle acquisition. Pendant les croisades, Montmeyan jouera un rôle important dans la présence des moines-soldats entre Argens et Verdon.

Après la disparition de l'ordre du Temple en 1308, la terre de Montmeyan est réunie au domaine de la cour royale de Provence en 1309, puis passe aux mains des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1312.

Seigneurie de Montmeyan

En 1322, Arnaud de Trians, comte d'Alife dans le royaume de Naples et neveu du pape Jean XXII, fait l'acquisition du territoire de Montmeyan. En 1435, Marguerite de Trians, petite-fille d'Arnaud et dame de Montmeyan, épouse Georges de Castellane-Salernes et apporte ainsi cette seigneurie à la famille de Castellane qui la conserve pendant plus de trois siècles.

En 1518, la communauté de Montmeyan réunit son conseil hors des remparts, sur la place de la porte de Saint-Julien, avec l'assentiment du seigneur. Cette communauté a une vie municipale réelle et dépend de la viguerie de Barjols. En 1554, la communauté de Montmeyan a un procès avec son seigneur tellement compliqué que, pour le poursuivre, elle ne donne pas moins de 400 florins en 80 charges (128 hectares) de blé, à un agent d'affaires notaire à Barjols. En 1593, Rolland de Castellane passe une transaction avec les habitants pour redéfinir leurs droits et leurs obligations « afin d'éviter tout procès et différend, et vivre en bonne paix et amitié comme il appartient entre le seigneur et ses sujets ».

Pendant les guerres de Religion, Rolland de Castellane est réputé « très bien intentionné pour la ligue catholique ». Son fils cadet Jean, enseigne des gendarmes du duc de Guise, participe à la prise de Marseille en 1596. En 1644, le château de Montmeyan est décrit comme étant une « somptueuse habitation » avec des salles ornées de tapisseries de Flandre. Entre 1579 et 1663, les Castellane-Montmeyan fournissent six chevaliers à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et deux prévôts à la cathédrale de Fréjus.

Au XVIIe siècle, Honoré de Boisson devient seigneur de La Salle (arrière-fief de la seigneurie de Montmeyan) par suite de son mariage avec Anne de Castellane, fille de Pierre, seigneur de Montmeyan. Cet arrière-fief est constitué du domaine d'Enguerne, entre Montmeyan et Quinson. La famille Boisson de La Salle s'éteint en 1823 avec Joseph qui meurt sans postérité.

Au XVIIIe siècle, le territoire est morcelé ; la coseigneurie est tenue à deux en 1729 puis à quatre en 1746. Les coseigneurs sont alors Antoine de Castellane, Charles de Grimaldi-Régusse, Esprit d'Eymar de Nans et Pierre Brunet de La Salle.

Seigneurie de La Roquette

Du XIIIe siècle au XVIIe siècle, la terre de La Roquette appartient à la famille d'Oraison. C'est une seigneurie péagère située près du franchissement du Verdon. En 1249, le seigneur Jacques d'Oraison confirme la donation de sa famille autorisant la commanderie de Saint-Maurice à bâtir et utiliser des matériaux tirés du territoire de La Roquette (approvisionnement en bois, pierres de construction et chaux). En 1252, il exempt les chartreux de Montrieux du droit de péage pour leurs troupeaux et marchandises.

Au XVe siècle, le village de La Roquette est abandonné et l'église de Sainte-Thècle est déchue de ses droits paroissiaux. En 1612, la seigneurie est achetée par Gaspard de Foresta à Pierre d'Oraison, érigée en baronnie en 1647 puis en marquisat en 1651 au profit de Jean-Augustin de Foresta. En 1723, Gaspard de Maurellet fait l'acquisition du marquisat. En 1817, la majorité des terres est rachetée par la famille de Foresta ; cela lui permet le relèvement du titre de marquis en 1821.

Édifices religieux

Aux XIIe et XIIIe siècles, l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon possède l'église paroissiale du Plan de Montmeyan et perçoit les revenus qui y sont attachés. En 1274, les comptes de décimes du diocèse de Riez mentionnent une église et une chapelle à Montmeyan. Un hôpital est cité dans les archives ; il a appartenu aux Hospitaliers du Saint-Esprit dès le XIIIe siècle.

Au XVIe siècle, le prieuré-cure de Montmeyan comprend deux églises : Saint-Pierre et Saint-Léger dans l'enceinte près du château et Notre-Dame dans la plaine. À la fin du XVIIe siècle, l'hôpital du Saint-Esprit est réuni à l'hôpital des pauvres malades de Riez. Au XVIIIe siècle, l'église Notre-Dame du Plan est devenue un ermitage.

Époque contemporaine

Révolution française

Au printemps 1789, Montmeyan connaît des agitations antiféodales rapidement réprimées. Durant l'été, les coseigneurs émigrent en Allemagne. En 1790, leurs biens sont encadastrés, les forêts sont déclarées biens nationaux et les terres agricoles sont soit vendues, soit affermées. En 1792, une société patriotique est établie dans le village.

À partir de cette période, Montmeyan dépend du district de Barjols et fait partie du canton de Tavernes. En 1793, la population est de 661 habitants.

Après la Révolution française

En 1833, la première école publique communale est créée. En 1840, la petite commune de La Roquette est rattachée à Montmeyan qui connaît ainsi un accroissement territorial et démographique. La population atteint alors son maximum historique avec 768 habitants.

Pendant la révolution de février 1848, le club patriotique La société des Rouges est actif dans le village. Le 1er mars 1848, les Montmeyannais se rendent en cortège à la propriété Layet pour récupérer à l'usage de la communauté la forêt déjà partiellement transformée en verger. On abat le mur de clôture et l'on arrache les plantations ; cinq auteurs de destructions ainsi que la commune sont condamnés à payer la réparation des dommages.

En 1850, il existe 6 chambrées dans le village et la société secrète de la Nouvelle Montagne est un parti républicain clandestin présidé par Pierre Sicard qui compte plus de 80 membres. À la suite du coup d'État du 2 décembre 1851, Montmeyan fait partie des communes insurgées. Le maire proclame, dans la nuit du 7 au , la mobilisation des hommes de 18 à 50 ans et une centaine d'hommes arrivent à Aups le . 46 républicains Montmeyannais sont poursuivis, mais ils sont indemnisés par la République en 1882. Une brigade de gendarmerie est installée dans le village en 1851 pour assurer la surveillance du territoire ; elle y fonctionne jusqu'en .

Vingt-huit Montmeyannais sont mobilisés pendant la guerre franco-allemande de 1870. Au cours de la Première Guerre mondiale, quatorze Montmeyannais sont morts pour la France. Durant la Seconde Guerre mondiale, dix Montmeyannais composent le comité local de libération qui s'occupe des tâches de Résistance et prépare la Libération. Les FTP détruisent le pont du Verdon par sabotage le .

Dans le contexte de la fin de la guerre d'Algérie, un hameau de forestage est créé fin 1962 pour accueillir 30 anciens harkis et leurs familles ; l'arrivée de ces 141 personnes marque le début d'un nouvel accroissement démographique.


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Héraldique

La commune de Montmeyan porte :

De gueules à un château donjonné de trois tours d'or, ouvert d'argent et hersé de sable, sur un mont aussi d'argent mouvant de la pointe et chargé d'une croix pattée de gueules.

Ce blason est inspiré de celui enregistré par d'Hozier pour la commune, sans croix pattée, et au château uniquement donjonné de trois tourelles (Armorial d'Hozier, section Provence, t. II, page 1588). Les armes de Montmeyan se rapprochent de celles des Castellane, dont elles ne diffèrent que par la montagne parlante sur laquelle est placé le château. Cette famille posséda pendant très longtemps cette terre. La croix pattée de gueules a été rajoutée par la municipalité pour différencier le blason de celui de Saint-Julien qui avait le même, et rappeler la présence protectrice de l'ordre du Temple (Délibération du conseil municipal du 1er juillet 1974).

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Document créé le 03/01/2018, dernière modification le 12/11/2025 c20260208-053129
Source du document imprimé : https://www.gaudry.be/lieu/fr/fr-pac/292426.html

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