Le Grau-du-Roi

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Le Grau-du-Roi : descriptif

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Le Grau-du-Roi

Le Grau-du-Roi (en provençal : lo Grau dau Rei [norme classique] ou lou Grau dóu Rèi [norme mistralienne]), est une commune camarguaise, plus précisément de Petite Camargue, située dans le sud-est de la France, dans le sud du département du Gard en région Occitanie. Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par le Vidourle et par un autre cours d'eau

Incluse dans la Camargue (delta du Rhône), la commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000 (la « Petite Camargue » et la « petite Camargue laguno-marine »), cinq espaces protégés (le « bois du Boucanet », la « Camargue Gardoise », l'« Espiguette », la Camargue et la Petite Camargue) et treize zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Le Grau-du-Roi est une commune urbaine et littorale qui compte 8 513 habitants en 2022, après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1962

Le Grau-du-Roi fut en effet bénéficiaire de la mission Racine à partir de 1963, un vaste programme de développement d'infrastructures et de stations balnéaires à destination des catégories populaires qui modifia radicalement la ville

Bien qu'elle se soit ainsi largement développée grâce au tourisme de masse, auquel elle doit notamment Port Camargue ou son Seaquarium, la ville a su garder son identité camarguaise

Le Grau-du-Roi est ainsi renommé pour ses abrivado et bandido qui ont lieu lors de sa fête votive, pour ses arènes entièrement dédiées à la course camarguaise ainsi que pour son vieux phare

L'est de la commune est occupé par la pointe de l'Espiguette, une vaste zone naturelle protégée qui abrite le phare de l'Espiguette, classé au titre des monuments historiques. Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques : l'ancien phare du Grau d'Aigues-Mortes, inscrit en 2012, et le phare de l'Espiguette, classé en 2012

La commune est située dans l'agglomération du Grau-du-Roi et fait partie de l'aire d'attraction du Grau-du-Roi

Ses habitants sont appelés les Graulens ou Graulennes.

Géographie

Localisation

Le Grau-du-Roi est situé dans le sud du département du Gard à la limite de l'Hérault et de La Grande-Motte, sa voisine à l'ouest. C'est l'unique commune maritime du département. La commune d'Aigues-Mortes est limitrophe de la commune du Grau-du-Roi.

Communes limitrophes

Communes limitrophes du Grau-du-Roi
La Grande-Motte
(Hérault)
Aigues-Mortes Aigues-Mortes
Mer Méditerranée Grau-du-Roi Aigues-Mortes
Saintes-Maries-de-la-Mer
(Bouches-du-Rhône)
Mer Méditerranée Mer Méditerranée Mer Méditerranée

Hydrographie et relief

Construite de part et d'autre d'un grau, brèche dans le cordon littoral ouverte naturellement vers 1570 au lieu-dit Gagne-Petit, entre l'embouchure du Vidourle et celle du Rhône, cette station offre 18 km de sable fin.

La commune est entourée d'étendues d'eau :

  • au sud la mer Méditerranée avec (du nord-ouest au sud-est) la plage du Boucanet, la plage nord, la plage sud, la pointe de l'Espiguette ;
  • à l'est le petit Rhône ;
  • à l'ouest le Vidourle ;
  • au nord le Vidourle, les étangs (étang du Ponant, étang du Médard, étang du Repausset Levant), et le lac de Salonique.

Climat

Le climat du Grau-du-Roi est méditerranéen de type côtier (étage méso-méditerranéen) avec des hivers relativement doux et des étés chauds. Les précipitations ne sont pas très abondantes (moyenne annuelle : 540 mm en 55 jours), l'été est la saison la moins pluvieuse (cumul le plus faible en juillet avec 14 mm), l'automne est la saison la plus arrosée (75 mm en octobre), un pic secondaire de précipitations est observé au printemps, en avril et début mai (par débordements des précipitations convectives diurnes qui touchent l'intérieur des terres). Le record de précipitations en 24 heures est de 144 mm le lors d'un épisode orageux méditerranéen (à ne pas confondre avec les épisodes cévenols qui ne concernent pas le littoral).

Même si les températures peuvent parfois être remarquables, celles-ci atteignent rarement des valeurs extrêmes, en raison de la proximité de la mer. Cependant, la géographie locale et la prédominance des vents de terre limitent le caractère maritime du climat de la baie d'Aigues-Mortes. Le record de froid est de −12 °C (10 et ), le record de chaleur est de 38,4 °C (). La présence d'étangs peut provoquer un inconfort en été en raison de la température ressentie provoquée par le taux d'humidité. Le réchauffement climatique a nettement fait diminuer le nombre annuel de jours de gel, qui était de 15 sur la période 1951-1980, et se trouve aujourd'hui à 9 (période 1991-2020).

Le vent est un élément important du climat local : on enregistre annuellement 255 jours de vent soutenu (supérieur à 36 km/h), mais peu de vent fort (82 jours avec rafale supérieure à 57,6 km/h) comparé au reste du golfe du Lion et de la Camargue. Le vent régional largement dominant est le mistral rhodanien, orienté au Nord ou Nord-Nord-Est. Contrairement à Marseille par exemple, c'est ce vent qui est appelé mistral dans toute la Petite Camargue comme en vallée du Rhône (mistral signifie « vent qui souffle en maître »). La tramontane est quant à elle orientée au Nord-Ouest, elle souffle parfois en rafales turbulentes déferlant des Cévennes (tramontane signifiant « vent qui souffle à travers la montagne »). Mistral et tramontane sont des vents secs. Le ponant (vent d'Ouest) est également présent, mais beaucoup moins que le mistral et la tramontane. Les vents humides sont le marin et le levant (de secteur Sud, Sud-Est et Est), ils soufflent surtout à l'automne, précédant généralement les épisodes pluvieux. Enfin, les journées sans vent régional sont rythmées par l'alternance de la brise de mer diurne et la brise de terre nocturne, particulièrement à la fin du printemps et en été où la brise de mer peut dépasser 40 km/h. Ainsi, les moments de vent calme (inférieur à 1 km/h de moyenne sur 10 minutes) sont très rares.

Il est important de signaler que contrairement à une certaine croyance populaire, le mistral et la tramontane ne sont pas forcément des vents froids, ils peuvent même être très chauds au point que sur le littoral, tous les records estivaux de chaleur ont été enregistrés lors de moments de mistral ou tramontane, tout simplement car lorsqu'ils ne soufflent pas, la brise de mer, moins chaude et plus humide, est systématiquement établie l'après-midi. La prédominance du régime de brise en été fait que sur les plages, la température maximale de la journée est souvent atteinte bien plus tôt que dans l'intérieur des terres (où le thermomètre continue de grimper jusqu'en fin d'après-midi). Enfin, le caractère réchauffant ou refroidissant du mistral et de la tramontane dépend de la provenance de la masse d'air et de l'intensité de l'effet de subsidence (parfois appelé « foehn cévenol ») pour la tramontane.

Grau-du-Roi, normales 1991-2020, record depuis 1951
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,6 4,9 7,8 10,4 14,1 17,8 20,1 19,9 16,3 13,2 8,6 5,4 12
Température moyenne (°C) 8 8,7 11,7 14,2 17,9 21,9 24,3 24,1 20,4 16,7 11,9 8,7 15,7
Température maximale moyenne (°C) 11,9 12,4 15,6 18 21,8 25,3 28,4 28,3 24,4 20,2 15,3 12 19,5
Record de froid (°C)
date du record
−9,5
12/1/1987
−12
10/2/1956
−5,5
7/3/1971
1,5
6/4/1970
5
7/5/1957
7
4/6/1984
13
8/7/1954
12
30/8/1986
7
21/9/1977
2,3
30/10/2012
−2
23/11/1998
−8
27/12/1962
−12
10/2/1956
Record de chaleur (°C)
date du record
20,2
19/1/2007
22,8
22/2/2019
25,7
23/3/2019
28,7
8/4/2011
32,3
24/5/2011
38,4
17/6/2022
36
7/7/1982
36,9
23/8/2023
34
25/9/1983
31,2
11/10/2011
24
3/11/1970
20
12/12/1961
38,4
17/6/2022
Nombre de jours avec température minimale ≤ –5 °C 0 0,2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0,1 0,3
Nombre de jours avec gel 3,2 3 0,3 0 0 0 0 0 0 0 0,5 2,3 9,3
Nombre de jours avec température maximale ≤ 0 °C 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Nombre de jours avec température maximale ≥ 25 °C 0 0 0,1 0,4 5,1 17,8 28,1 28,6 13,1 1,2 0 0 94,6
Nombre de jours avec température maximale ≥ 30 °C 0 0 0 0 0,3 3,7 9,5 7,7 0,8 0,1 0 0 22,1
Nombre de jours avec température maximale ≥ 35 °C 0 0 0 0 0 0,1 0 0,1 0 0 0 0 0,2
Record de vent (km/h)
date du record
112
3/1/2018
125
8/2/1984
130
6/3/2017
111
3/4/2003
101
4/5/2010
112
28/6/2017
90
29/7/1996
150
6/8/1999
120
27/9/1992
115
10/10/1987
130
7/11/1982
150
28/12/1999
150
6/8/1999
Nombre de jours avec rafales ≥ 57,6 km/h 7,7 8,8 10,2 8,8 6,6 4,6 4,2 4,1 5,6 6,6 7,7 7,4 82,4
Nombre de jours avec rafales ≥ 100,8 km/h 0,3 0,3 0,3 0,1 0 0 0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,3 1,7
Précipitations (mm) 51,1 33,6 35 52,9 36,3 26,3 13,6 31,7 74,2 74,7 67 44,5 541
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
102,4
8/1/2018
67,8
2/2/2009
97,8
1/3/2018
58
9/4/2003
64
3/5/1999
63
5/6/1973
51
30/7/1982
100
31/8/1991
144
22/9/2003
129
25/10/1976
87
5/11/1963
71
28/12/1972
144
22/9/2003
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 1 mm 5,6 4,2 4,1 5,5 4,9 3,1 2,2 3,1 4,4 5,6 6,6 5,3 54,6
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 10 mm 1,5 1 1,1 1,9 1,3 0,9 0,4 0,9 2,2 2,4 2,1 1,3 16,9
Nombre de jours avec neige 0,6 0,2 0,2 0 0 0 0 0 0 0 0,1 0,1 1,1
Nombre de jours d'orage 0,1 0,1 0,1 0,4 1 1,2 1,2 1,4 1,5 1,4 1,1 0,3 9,8
Nombre de jours avec brouillard 0,8 0,8 1,4 1,1 0,5 0,4 0,5 0,9 1,5 1,3 1 1 11,1
Source : http://meteocamargue.free.fr/grau-du-roi_fiche_climatologique.pdf

Voies de communication et transports

Axes ferroviaires

Le Grau-du-Roi possède une gare située sur la ligne Nîmes - Le Grau-du-Roi. Elle est desservie par des trains TER Occitanie qui effectuent des missions entre Nîmes et Le Grau-du-Roi.

En 2024 cette ligne doit accueillir un train électrique (à batterie) conçu par la société Alstom.

Axes routiers

L'accès au Grau-du-Roi se fait par l'autoroute A9, sortie n°26 « Gallargues ».

Transports en commun

Le Grau-du-Roi est desservie par le réseau régional de transports Lio.

Les lignes du réseau Lio relient Nîmes au Grau-du-Roi et Le Grau-du-Roi à Montpellier via La Grande-Motte située dans le département voisin, l'Hérault.

Milieux naturels et biodiversité

Espaces protégés

La protection réglementaire est le mode d'intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée.

La commune fait également partie de la Camargue (delta du Rhône), un territoire reconnu réserve de biosphère par l'UNESCO en 1977 pour ses nombreux bombements sources de diversité : bourrelets alluviaux des bras anciens et actuels du Rhône et cordons dunaires élaborés par les courants marins et les rivages historiques de la Méditerranée. Entre ces replis encore en partie boisés, dans les dépressions, se répartissent des terres basses occupées par les lagunes bordées de steppes salées, les marais à roselières en partie exploités pour la coupe du roseau et les étangs - dont le plus grand, le Vaccarès, occupe 6 500 hectares.

Cinq autres espaces protégés sont présents sur la commune :

  • le « bois du Boucanet », un terrain acquis par le Conservatoire du Littoral, d'une superficie de 207,10 ha ;
  • la « Camargue Gardoise », un terrain acquis par le Conservatoire du Littoral, d'une superficie de 885,6 ha ;
  • l'« Espiguette », un terrain acquis par le Conservatoire du Littoral, d'une superficie de 758,10 ha ;
  • la Camargue, une zone humide protégée par la convention de Ramsar, d'une superficie de 84 620 ha ;
  • la Petite Camargue, une zone humide protégée par la convention de Ramsar, d'une superficie de 41 705,5 ha.
Réseau Natura 2000

Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d'intérêt écologique élaboré à partir des directives habitats et oiseaux, constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS). Un site Natura 2000 a été défini sur la commune au titre de la directive habitats :

  • la « petite Camargue », d'une superficie de 34 412 ha, une grande zone humide littorale indissociable de la Camargue provençale. Il comprend deux ensembles très intéressants : d'une part une zone laguno-marine avec un important massif dunaire actif avec de nombreuses dunes vives et fixées dont certaines boisées (Genévriers et Pins pignons) et d'autre part une zone fluvio-lacustre constituée de marais et d'étangs doux à saumâtres

et un au titre de la directive oiseaux :

  • la « petite Camargue laguno-marine », d'une superficie de 15 681 ha, qui accueille plus de 240 espèces d'oiseaux et constitue un site de nidification régulier pour plus de 50 espèces, un important site d'accueil en hiver, particulièrement favorable aux oiseaux d'eau, aux laro-limicoles, à l'Outarde canepetière et à de nombreux passereaux, ainsi qu'une étape de migration (automne, printemps) pour plus de 160 espèces.
Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique

L'inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d'améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d'aide à la prise en compte de l'environnement dans l'aménagement du territoire. Neuf ZNIEFF de type 1 sont recensées sur la commune :

  • les « arrière-dunes de l'Espiguette » (58 ha) ;
  • l'« étang de Port-Camargue » (21 ha) ;
  • l'« étang du Repaus et bras du Rhône de Saint-Roman » (1 724 ha), couvrant 2 communes du département ;
  • le « lagune de la Sicarex » (27 ha) ;
  • « le Boucanet » (206 ha) ;
  • le « marais de Salonique » (501 ha) ;
  • la « plaine de Montago » (83 ha) ;
  • les « salins d'Aigues-Mortes » (3 340 ha), couvrant 3 communes du département ;
  • le « salins de Petite Camargue » (3 499 ha), couvrant 3 communes dont 1 dans les Bouches-du-Rhône et 2 dans le Gard ;

et quatre ZNIEFF de type 2 :

  • la « Camargue fluvio-lacustre et laguno-marine » (82 788 ha), couvrant 8 communes dont 2 dans les Bouches-du-Rhône et 6 dans le Gard ;
  • le « Camargue gardoise » (42 422 ha), couvrant 12 communes dont 11 dans le Gard et 1 dans l'Hérault ;
  • le « dunes de l'Espiguette » (489 ha);
  • l'« étang de Figuérasse » (435 ha).


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Toponymie

Le nom occitan est lo Grau dau Rei (norme classique) ou Lou Grau dóu Rèi (norme mistralienne).
Racine occitane gras, grau (en languedocien), du roman gras, grads, grad, gra, du catalan grau, du bas latin grassius, du latin gradus : embouchure d'un fleuve, bouche, chenal, coupure par laquelle la mer communique avec un étang du littoral.

Ses habitants sont appelés les Graulens et les Graulennes.

Histoire

Moyen Âge

À l'époque des croisades, la commune d'Aigues-Mortes était un port royal bien que la mer ne soit jamais venue jusqu'au pied de ses remparts. Les navires partaient par un chenal creusé à travers les étangs jusqu'à la mer.

C'est à la fin du XVIe siècle que le Rhône, en pénétrant en torrent dans les eaux du Repausset, ouvre le grau dont il est question, au lieu-dit de Consac de Gagne Petit. À partir de ce moment sont entreprises de longues séries de travaux pour maintenir cette ouverture sur la mer afin de préserver la navigation dans le port d'Aigues-Mortes.

Époque moderne

Le port du Grau est relié depuis 1725 par un chenal de six kilomètres à Aigues-Mortes. En 1727 sont construits dans la mer deux môles empierrés prolongés dans l'étang du Repausset.

Révolution française et Empire

Bien que n'étant pas une commune à part entière, le lieu est renommé, au cours de la Révolution française, Grau-le-Peletier.

Époque contemporaine

Le chenal, rectifié en 1845, est l'actuel canal entre Le Grau-du-Roi et Aigues-Mortes. Le phare de l'Espiguette est, quant à lui, édifié en 1869. Au fil des années, bâtiments administratifs, cabanes et maisons, posent les bases d'un village de pêcheurs. D'abord section de la commune d'Aigues-Mortes en 1867, la commune du Grau-du-Roi est créée par un décret du .

En 1854, Le Grau-du-Roi est encore simplement un hameau de pêcheurs. La pêche et l'agriculture assurent à la population quelques ressources : le tourisme reste embryonnaire, même si, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, la mode des bains de mer tend à se généraliser. Ces immersions sont encore essentiellement considérées comme traitements médicaux, et les instituts qui se sont montés sur les plages accueillent surtout des populations indigentes. Mais pouvoirs publics et habitants ont compris que leur richesse se trouvait là, sur ces plages de sable fin, entre mer et soleil. En 1855 une œuvre d'hygiène infantile est fondée « dans le but de faciliter aux personnes pauvres ou peu aisés, l'usage des bains de mer. Elle fut reconnue d'utilité publique en 1869 ».

En 1909, le prolongement de la ligne de chemin de fer de Nîmes Aigues-Mortes est une véritable bouffée d'oxygène : les baigneurs arrivent nombreux et les productions locales, comme le poisson et le raisin blanc, sont enfin expédiées vers les marchés nationaux. Après des années d'efforts, de travaux et de règlements sanitaires, le , un décret du Président de la République classe enfin Le Grau-du-Roi station climatique et balnéaire. La première guerre mondiale a relativement épargné le village.

En , la Seconde Guerre mondiale marque beaucoup plus profondément la population. Après la défaite de 1940, le Grau est situé en zone non occupée. Cependant, à partir de , les troupes ennemies sont physiquement présentes et les conflits touchent directement les civils. Le Grau-du-Roi doit subir l'occupation, avec ce que cela implique de restrictions, de sacrifices et de compromissions. Le conseil municipal est rapidement révoqué pour être remplacé par une délégation spéciale. Cette même année, la vie du village passe par une nouvelle phase : les troupes allemandes s'installent sur tout le littoral. Une partie de la population est contrainte à l'exode. La côte gardoise représente juste une vingtaine de kilomètres, mais du fait des risques de débarquement, les ouvrages et les installations militaires sont particulièrement nombreux sur ces lieux. Ainsi, les plages de la commune sont hérissées de toutes sortes de systèmes antichars et de pyramides en béton, de blockhaus… 800 hectares de vignes et 200 hectares d'herbages sont transformés en champ de mines. Dans le village, les Allemands font également construire des casemates abritant des canons et des mitrailleuses. L'entrée du canal est fermée par un filet anti sous-marin et une rampe lance-flammes. Les portes et les volets des maisons servent à fabriquer des plates-formes et des encuvements en bois. En 1944, les derniers mois d'occupation se révèlent les plus pénibles, car les troupes d'occupation, gagnées par la défaite, renforcent les brimades et les réquisitions. Le Grau-du-Roi est libéré au mois d'août.

Ce n'est qu'à partir des années 1960 que Le Grau-du-Roi surmonte véritablement les dégâts causés par la guerre. La station amorce alors un réel développement touristique et économique. Afin de rationaliser l'aménagement du littoral, l'État met alors en place le plan Racine. L'architecte Jean Balladur est chargé du dossier. Il doit imaginer des structures capables de satisfaire l'afflux touristique tout en respectant la qualité de vie des autochtones et en préservant l'environnement. C'est dans le cadre de ce programme que le grand chantier de Port Camargue est lancé en 1968.

À partir des années 1970, la ville amorce son développement touristique, notamment grâce à l'attractivité du château Leenhardt, situé au Boucanet. Ce lieu emblématique, alors dédié à la villégiature protestante, accueille des colonies de vacances et fait également office de foyer-logement pour personnes âgées, contribuant à ancrer durablement une dynamique d'accueil social et familial au sein de la station balnéaire.

C'est à la fin des années 1980 qu'émerge au Grau du Roi la tendance des plages privées, appelées localement « paillotes ». Parmi les pionnières figure la Plage des Artistes, fondée en 1989 par Philippe Hérimian, surnommé L'Oiseau. Fidèle à son nom, l'établissement devient très vite un haut lieu de la scène artistique et musicale, attirant des personnalités comme Tina Arena, les Gipsy Kings, Yannick Noah, et bien d'autres.

La plage se distingue également par ses soirées-spectacles, dont la réputation dépasse les frontières locales : des visiteurs affluent expressément depuis Avignon, Montpellier ou Nîmes, attirés par l'ambiance du lieu. Forte d'une longévité exceptionnelle de plus de trente ans, la Plage des Artistes s'impose comme une véritable institution de la côte méditerranéenne, au point de faire l'objet d'un article dans Le Figaro Magazine, elle change de propriétaire en 2018, et de nom en 2025.

Dans son sillage, d'autres établissements voient le jour, accompagnant l'essor d'une vie nocturne festive et foisonnante. Parmi eux, la Scatola, ouvert en 1985, boîte de nuit dont le patron n'était qu'autre que Philippe Corti, qui aura notamment l'honneur d'accueillir Johnny Hallyday lors de soirées restées dans les mémoires.

Le Grau-du-Roi demeure un haut lieu de la fête jusqu'au début des années 2000, avant d'évoluer vers une image de station balnéaire plus familiale. Peu à peu, c'est La Grande Motte qui prend le relais en matière de vie nocturne, attirant les amateurs de soirées animées avec ses paillotes festives et ses boîtes de nuit réputées, reléguant ainsi Le Grau-du-Roi à un tourisme plus apaisé et intergénérationnel.

Héraldique

Blason
Parti : au premier d'or aux deux thons de gueules posés en pal et rangés en fasce en pointe, surmontés d'une grappe de raisin du même feuillée de sinople, au second d'azur au lion d'or lampassé de gueules ; aux deux bisses d'argent entrelacées brochant en pal sur le tout.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

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Le Grau-du-Roi dans la littérature

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