Puycasquier
Localisation

Puycasquier : descriptif
- Puycasquier
Puycasquier (Puicasquèr en gascon) est une commune française située dans l'est du département du Gers en région Occitanie
Avant 1790, le village était inclus dans la vicomté de Fézensaguet
Sur le plan historique et culturel, la commune est dans le Pays d'Auch, un territoire céréalier et viticole qui s'est également constitué en pays au sens aménagement du territoire en 2003. Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'Auroue, l'Orbe, la Petite Auroue, le ruisseau de Touron et par divers autres petits cours d'eau
La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Puycasquier est une commune rurale qui compte 428 habitants en 2022
Elle fait partie de l'aire d'attraction d'Auch
Ses habitants sont appelés les Puycasquiérois ou Puycasquiéroises. Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques : la halle, inscrite en 1973, et l'église, inscrite en 1977.
Géographie
Localisation
Puycasquier est une commune de Gascogne située près de la source de l'Auroue.
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Augnax, Crastes, Mansempuy, Maravat, Miramont-Latour, Pis, Saint-Antonin, Taybosc et Tourrenquets.
Géologie et relief
Situé sur une colline de 263 m d'altitude, le village de Puycasquier est l'un des points culminants du département du Gers. Placé en hauteur et dominant toute la campagne alentour le site du village de Puycasquier se repère de loin. Avec la hauteur de La Pipane au sud et au nord-ouest celle où se trouve le château de Saint-Pé, il constitue un point géodésique « remarquable » (un « X » scellé au bas du mur Nord de l'église en indique l'emplacement exact)., il a servi encore à la fin du XXe siècle de repère pour des manœuvres militaires. L'escarpement rend l'endroit facilement défendable et aisé à fortifier.
Puycasquier se situe en zone de sismicité 2 (sismicité faible).
Hydrographie
L'Auroue a sa source au nord et au pied de la colline, site du village de Puycasquier. C'est une rivière dont le cours s'étend sur 64 km et c'est la seule qui prenne naissance à l'intérieur du département du Gers, car à la différence de toutes les autres, elle ne remonte pas au plateau de Lannemezan. À 11 km de son origine, elle reçoit à gauche un affluent plus fort et plus long qu'elle, qui prend sa source également de la colline de Puycasquier, mais au sud-ouest; à droite sa vallée est dominée par des collines qui portent des ruines de châteaux. Après avoir reçu à gauche l'Esquerre, venu des collines de Castelnau-d'Arbieu, la rivière double de volume et décrit des méandres. Après 51 km de cours, par 74 m d'altitude, l'Auroue forme la limite (sur 10 km) du département du Gers et de Lot-et-Garonne, et va se jeter dans la Garonne, à Saint-Nicolas-de-la-Balerme, à 50 m au-dessus du niveau de la mer
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (19,5 °C), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à 20 jours).
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 13 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,6 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 725 mm, avec 10,1 jours de précipitations en janvier et 5,7 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune d'Auch à 17 km à vol d'oiseau, est de 13,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 695,8 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
Milieux naturels et biodiversité
L'inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d'améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d'aide à la prise en compte de l'environnement dans l'aménagement du territoire. Une ZNIEFF de type 1 est recensée sur la commune : les « tulipes des vallons de Touron et d'En Caulet » (345 ha), couvrant 5 communes du département.
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Toponymie
Le nom de Puycasquier apparaît sous la forme abrégée de « Puer » ou « Puyer », qui dérive assez certainement du mot gascon signifiant « sommet ». Le lieu-dit « La Pouyette » en contrebas du village à l'ouest et qui signifie « petit sommet » est possiblement une trace de cette ancienne appellation. Puycasquier apparaît aussi — mais cela semble exceptionnel — sous la forme Casquerio.
Histoire
Préhistoire et Antiquité
L'archéologie atteste que le territoire de la commune de Puycasquier a été habité et travaillé au moins dès l'époque gallo-romaine.
En effet, dans le fond de vallée, au confluent de deux petits cours d'eau, où se trouve l'église de Gaillan, on a découvert des morceaux de tuiles romaines (tegulae), des fragments de mosaïques, ainsi qu'une monnaie du IIe siècle de l'ère chrétienne et un médaillon ornemental. Ce médaillon haut de 10 cm, représente le buste d'une déesse et devait constituer l'un des éléments d'un coffre, d'un lit ou de la caisse d'un char. La date, les circonstances et les inventeurs de cette découverte ne sont pas précisés dans nos sources. Par ailleurs, au domaine de La Horgue, on a trouvé, vers 1950, dans la cour de la maison d'habitation, une sépulture datant de l'époque mérovingienne (VIIe siècle). Les caractéristiques techniques ainsi que le motif décoratif de la plaque de ceinture en bronze travaillé qu'elle contenait ont permis de déterminer cette date, ainsi que l'origine wisigothique de cet objet. Ce qui concorde avec la présence attestée de Wisigoths aux alentours. L'analyse archéologique permet de supposer qu'il y avait, à cet endroit, une villa gallo-romaine dont les ruines ont été utilisées, au début du Moyen Âge, comme cimetière. Le fait qu'une unique tombe de ce genre ait été découverte et que cette plaque de ceinture elle-même en constituait le seul élément décoratif suscite bien des questions auxquelles les spécialistes ne peuvent apporter de réponses pour le moment.
Moyen Âge
Une bastide présumée
On est à peu près sûr également que le site du village a changé, passant du fond de vallée de Gaillan, à la butte sur laquelle se trouve aujourd'hui l'agglomération de Puycasquier. Certains des Puycasquiérois cependant étaient condamnés à vivre à l'écart du village et de ses habitants. On les nommait « cagots » ou « capots » ou encore « crestians ». Le domaine au lieu-dit « Crestian » à l'ouest du village, sur la route de Tourrenquets, marque certainement l'endroit où l'un (ou plusieurs) d'entre eux résida (résidèrent). On ne sait, en effet, ni combien de personnes, ni combien de générations, furent concernées par cette situation de relégation. Selon la tradition il s'agissait de lépreux ou de descendants de lépreux et cela justifiait leur isolement. Le domaine du Crestian à Puycasquier se trouve non loin de la « fontaine du Crestian » qui devait être réservée à l'usage exclusif de ceux dont on craignait la proximité et la contamination. Mais les choses étaient un peu plus compliquées en réalité. Il faut envisager également une configuration possible du Puycasquier ancien incluant le château de Saint-Pé. Primitivement il se trouvait à l'emplacement du cimetière et de la chapelle de Gaillan d'aujourd'hui. La tradition orale le rapporte. Les vestiges archéologiques découverts là accréditent ce fait. Peut-être y avait-il au lieu-dit « Les Allemands », au nord du village, à 2 km de Maravat, un autre foyer ancien de population autour d'une église et d'un cimetière aujourd'hui disparus. Ce pourrait être l'emplacement de l'église «appelée à Saint-Blaise» mentionnée dans le cadastre de 1786, mais pas clairement localisée.
Les habitants du premier village seraient venus s'installer sur le piton au XIIIe siècle lorsqu'une bastide y fut établie. Cependant Puycasquier n'est pas répertorié dans la liste « officielle » des bastides. En effet, on ne dispose pas de charte de coutumes spécifique qui en serait la preuve manifeste, alors que c'est le cas pour Montfort ou Fleurance. Mais s'il manque des éléments pour faire de Puycasquier, avec une certitude absolue, une bastide, il existe cependant de fortes présomptions qu'elle en soit bien une. D'abord parce que l'on se trouve dans une zone particulièrement active de création des bastides. Ensuite parce qu'une telle création correspond bien à la ligne de conduite caractéristique du vicomte de Fezensaguet. Le fait d'encourager une concentration de population et de faciliter l'établissement d'une place commerciale signifiait pour lui, concrètement, avoir la possibilité de prélever plus efficacement des taxes et de devenir ainsi plus riche et donc plus puissant. La tenue de marchés et de foires qui a durablement caractérisé Puycasquier et sa halle est très probablement liée à sa nature de bastide. Traditionnellement de nombreux marchands venaient à Puycasquier pour les foires de Sainte-Catherine () et de la Chandeleur (). Des foires moins importantes s'y tenaient une fois par mois d'octobre à mars jusqu'au début des années 1950. Le chemin de Saint-Jacques dont Puycasquier était l'une des déviations facilitait, de surcroît, le déplacement vers le village. Par ailleurs, dans la mesure où une bastide consiste en la création d'un noyau urbain à partir d'un lotissement établi à l'avance, elle présente un plan géométrique. Or un tel plan est bien reconnaissable à Puycasquier. Il est durablement contraignant. En 1757 encore, Blaise Laborde en a encore fait les frais apparemment ; mais ses déboires ne tiennent probablement pas seulement du passé de bastide de Puycasquier. Enfin dans la continuité des « sauvetés » qui les avaient précédées, les bastides étaient le plus souvent des lieux de refuge fortifiés. Ce que l'on sait de l'allure ancienne du village -comme ce que l'on peut observer encore de nos jours- incite décidément à trouver à Puycasquier bien des traits d'une bastide. Certes, on ne retrouve ni tout à fait le modèle aquitain, ni tout à fait le modèle gascon dans le plan d'ensemble. Néanmoins, il y a une « place » centrale occupée par la halle. Elle était sans doute entourée d'auvents (« aubans » en gascon) ou « embans » qui ne subsistent à présent que dans la partie sud. Le village fut durablement muni d'une enceinte fortifiée, nommée « remparts ». On sait que deux portes permettaient d'y pénétrer. On peut facilement les situer aux extrémités de la rue principale qui traverse Puycasquier : la porte du « Haut » à l'Est et la porte du « Bas » (ou « bach » en gascon, à prononcer « bache ») à l'ouest, dominée par le moulin à vent de la Porte. C'est en 1780 que fut donnée l'autorisation de démolir ces portes.
Une place-forte convoitée
L'escarpement fait de Puycasquier un endroit aisément défendable et commode à fortifier. L'allure de l'église le rappelle évidemment. La tradition veut qu'il s'agisse du dernier reste du donjon d'un château-fort, détruit lors de l'établissement de la bastide. Une thèse d'archéologie et histoire de l'art, soutenue en 2000, a mis en évidence que la base carrée, construite dans une belle pierre calcaire de moyen appareil qui caractérise le clocher de Puycasquier est aussi présente dans de nombreux clochers de bastides du Gers qui comportent également une semblable base carrée en pierre surmontée d'une partie octogonale plus ou moins élevée, en brique ou en pierre. Dans ce cas, il faudrait considérer cet édifice, non comme le vestige d'un château-fort des vicomtes de Fezensaguet, mais, dès l'origine, une tour de guet ou la principale fortification de l'église, conçue dès l'origine pour assurer la défense des habitants[réf. nécessaire](source : voir Balagna (Christophe), L'architecture gothique religieuse en Gascogne centrale, Thèse de doctorat en Art et Archéologie, sous la direction de la Professeure Michèle Pradalier-Schlumberger, Université Toulouse Jean-Jaurès, 2000, t. 2 (à vérifier), p. 656-662 Puycasquier, église paroissiale Saints Abdon et Sennen ; Puycasquier, église Notre-Dame de Gaillan, p. 663-667).
De plus la présence de plusieurs sources liées à la nature du terrain permet d'envisager de résister assez sereinement à un siège ; pourvu que l'on dispose de réserves. Or la présence de silos enterrés (ou « cros » en gascon) dans les caves de maisons anciennes du village donne à penser que c'était bien possible à Puycasquier.
Le statut particulier du Fezensaguet
Issus d'une branche cadette de la maison d'Armagnac, les vicomtes de Fezensaguet, suivant la coutume médiévale, avaient reçu en héritage (apanage) une partie du patrimoine familial en l'occurrence un pan de la Gascogne toulousaine. Ils apparaissent sur la scène politique à une époque où le Sud-Ouest est le lieu de féroces compétitions et de rudes rapports de force entre barons et princes dans le cadre de la guerre de Cent ans. Leur volonté de puissance les conduit à multiplier sur leurs domaines l'installation de bastides car cela signifie concentration de population et dynamisme commercial à coup sûr ; en d'autres termes davantage de taxes et de contribuables potentiels donc la promesse de rentrées d'argent plus importantes. Après la chute de la maison d'Armagnac sous le règne de Louis XI (prise de Lectoure), la vicomté de Fezensaguet avec une partie des domaines du dernier comte d'Armagnac finit par échoir au duc d'Alençon, premier mari de la sœur de François Ier, Marguerite d'Angoulême (1492-1549). De cette union ne naquit aucun enfant, si bien que la jeune veuve, hérita des possessions de son époux. Elle les apporta en dot à son second mari, Henri d'Albret, roi de Navarre. La princesse qui prit désormais le nom de Marguerite de Navarre, fut une grande personnalité du monde des arts et des lettres de la 1re moitié du XVIe siècle et l'un des premiers écrivains de langue française, auteur de la célèbre série de contes intitulée L'Heptaméron. Elle fut aussi une sympathisante de la Réforme protégeant les précurseurs du protestantisme calviniste. Cette sympathie se transmit à son unique fille, Jeanne d'Albret (1528-1572), qui se convertit, elle, officiellement à la « nouvelle religion ». Héritant à la mort de son père du royaume de Navarre qui comprenait… elle entraîna, suivant l'usage, ses sujets dans la foi protestante qui était devenue la sienne. Par conséquent le Fezensaguet devint l'un des lieux privilégiés du développement de la Réforme dans le Sud-Ouest. Une église fut « plantée » à Puycasquier, selon le vocabulaire alors en usage. C'est-à-dire qu'on y célébrait le culte et qu'un pasteur était officiellement au service de la communauté des fidèles. Selon l'abbé Laprade, curé (catholique) de Puycasquier, le protestantisme calviniste resta à Puycasquier un phénomène superficiel, ne touchant qu'une minorité de la population, essentiellement des puissants et des riches. Cependant des éléments incitent à ne pas en être tout à fait aussi sûr.[réf. nécessaire] (source : Philip de Barjeau (Jean), Le protestantisme dans la vicomté de Fezensaguet, L. Cocharaux, Auch, 1891 (réédition revue et augmentée, par les Amis de l'Archéologie et de l'Histoire, Mauvezin 1987)
Temps modernes
Les Guerres de religion et leurs suites
Quoi qu'il en soit, Puycasquier était appelé, au moment des guerres de religion (1562-1598), à devenir un enjeu d'affrontement, de par le statut politico-religieux du Fezensaguet et son site remarquable. En effet, Le fils et héritier de Jeanne d'Albret, Henri de Navarre (1553-1610), protestant comme elle, s'avéra également le seul héritier valable du roi de France, Henri III, sans successeur direct à partir de 1584. Or pour les catholiques extrémistes ou « ligueurs », cette perspective était absolument inacceptable. Si bien que Henri de Navarre dut combattre de longues années (et se convertir finalement au catholicisme), comme on le sait, pour être véritablement reconnu comme Henri IV de France, alors qu'il était devenu théoriquement en août 1589. Ses possessions du Sud-Ouest et le Fezensaguet, parmi elles, lui servirent évidemment de base d'opérations.[réf. nécessaire] (source : Philip de Barjeau (Jean), Le protestantisme dans la vicomté de Fezensaguet, L. Cocharaux, Auch, 1891 (réédition revue et augmentée, par les Amis de l'Archéologie et de l'Histoire, Mauvezin 1987)
Pourtant si l'on est bien renseigné sur la situation à Monfort et à Mauvezin durant la période des guerres de religion, on ne sait pratiquement rien de ce qui s'est exactement passé à Puycasquier. Deux faits seulement sont établis. Le passage d'Henri de Navarre en 1584 et l'installation d'une garnison de sa part (voir les personnalités en lien avec Puycasquier : « le futur Henri IV de passage à Puycasquier le 1er juin 1584 »). Le ministériat de Richelieu (1624-1642), sous le règne de Louis XIII, a été marqué par la répression du parti protestant et le renforcement de l'autorité royale. Cette dernière entreprise que l'on qualifie d' « absolutisme », comme la précédente, ont été concrétisées par le démantèlement des places fortes, facilitatrices des troubles et de la rébellion lors des guerres de religion et durant les premières décennies du XVIIe siècle. Dans le cas de Puycasquier au moins, l'accomplissement de l'ambition absolutiste du roi de France ne paraît pas avoir été aussi simple et brutal que cela. Certes, en 1626, Jean de Chastenet de Puységur a été diligenté pour une mission d'inspection. Mais celle-ci n'a pas été suivie apparemment d'une démolition systématique. La disparition des murailles de Puycasquier résulte vraisemblablement d'un lent délabrement, conséquence de leur structure en brique et en pisé principalement et du manque d'entretien (source : voir Carsalade du Pont (Jules), « Les places fortes de la Gascogne en 1626-27 », Revue de Gascogne, t. XL, Janvier 1899, p. 454 et p.458-59.). Le « tour de vis fiscal » de Richelieu afin de financer l'engagement de la France dans la guerre de Trente ans (1618-1648) causa, on le sait, des soulèvements, à grande échelle, de paysans excédés dans le royaume. Mais bien avant, les confiscations et les prélèvements pour l' « entretien des gens de guerre » liés aux désordres de la première moitié avaient déjà lourdement pesé sur les habitants de Puycasquier. La taxation était d'autant plus éprouvante qu'en temps de guerre, elle était complètement arbitraire, à peu près systématiquement brutale et abusivement répétée. Avec le retour de l'ordre royal, les choses n'allaient pas beaucoup mieux. En effet, l'impôt était alors réparti et payé, non pas individuellement, mais collectivement, selon le principe de la « contrainte solidaire » ; c'est-à-dire que si l'un des contribuables faisait défaut, les autres membres de la communauté devaient payer à sa place, en surcroît de leur propre contribution, et quel que soit leur niveau de fortune, pour atteindre la somme exigée de la communauté par les autorités. La période troublée de la régence de Marie de Médicis (de 1610 à 1614) et du début du règne de Louis XIII a été, de toute évidence, rude à Puycasquier et dans le reste du Fezensaguet. L'autorité de Marie de Médicis (et de son principal ministre Concino Concini) suscitait un vif mécontentement et une violente contestation. L'édit de Nantes avait officiellement mis fin aux guerres de religion, en 1598. Toutefois, pratiquement, elles n'étaient pas vraiment terminées ou plutôt la coexistence de deux confessions, la catholique et la réformée (ou protestante) dans le royaume restait mal acceptée. Marie de Médicis, en mariant en 1615, le jeune Louis XIII à une princesse espagnole, Anne d'Autriche, montrait qu'à contre-pied de la politique d'équilibre de son défunt mari Henri IV, elle prenait nettement parti pour le catholicisme. Les protestants étaient inquiets et se mettaient sur la défensive. En 1616, pour « l'entretenement » des garnisons de Mauvezin, le protestant Paul de Luppé, sieur de Castéra-Maravat, gouverneur du Fezensaguet, demanda aux habitants de Puycasquier une « cotisation » de « trois mille et tant de livres ». Mais les Puycasquiérois ne payent pas, si bien que « ledit sieur de Maravat auroict fait faire diverses de gens de guerre en ladite terre de Puicasquier ». Le bétail de la famille Soliraine en aurait spécialement souffert. Les Puycasquiérois furent mis à contribution, pour les indemniser. En 1619, alors que Louis XIII, lui-même fervent catholique lance une grande campagne contre les protestants du sud-ouest, Puycasquier doit abriter - et souffrir visiblement - des troupes que commandent le duc de Mayenne, issu de la célèbre famille ultra-catholique des Guise. En 1631-32, alors que le « parti protestant » a sérieusement été mis à mal, les Puycasquiérois devaient continuer à payer et ils s'en plaignaient. Non seulement il y a ce surcroît de charges, mais, de plus, les mouvements de troupes et le désordre qui s'ensuit perturbaient le travail des champs et entravaient gravement la bonne marche du commerce et des échanges (source : Archives Départementales du Gers, B 51, f°248 v° et 379 et f°625 v° -[1618-1619 : Audiences de la Sénéchaussée d'Armagnac pour le Fezensaguet].- Voir aussi: A. Branet, Les Etats d'Armagnac en 1631-1632, Cocharaux, Auch, 1913, p. 27 et 36). Il y a tout lieu de penser que les habitants de Puycasquier et des alentours s'appauvrissaient et qu'ils s'affaiblissaient même physiquement, à cause de la malnutrition généralisée qui découlait de cette situation. C'est probablement la raison des ravages de la « peste » (nom que l'on donnait alors non seulement à la « peste » proprement dite, mais plus largement à toute maladie contagieuse et terriblement mortifère) qui sévit, à plusieurs reprises à Puycasquier, apparemment, au XVIIe siècle.[Interprétation personnelle ?] C'est l'origine, en tout cas, de la traditionnelle procession à Gaillan du 27 avril (ou dimanche le plus proche de cette date). Mais la date exacte de l'épidémie qu'il commémore n'est pas précisément établie. Mais clairement cela marqua durablement les esprits. En tout état de cause, au XVIIIe siècle les fortifications de Puycasquier sont toujours là mais elles sont croulantes.[réf. nécessaire]
Révolution française et Empire
Une ville « de campagne »
L'analyse approfondie de l'impact de la Révolution (1789-1799) et du 1er Empire (1799-1815) à Puycasquier reste à faire. Ce que l'on peut tenir pour sûr est assez limité. Il n'y a pas, semble-t-il, trace de cahier de doléances rédigé à Puycasquier en vue de la réunion des États généraux de 1789. On sait que le 7 mars 1792, alors que la France tout entière était en proie à une crise politique, économique et diplomatique croissante, à la suite de neuf arrestations, une délégation fut dépêchée auprès des autorités à Auch pour réclamer la libération des détenus : « ils dirent que le peuple était dans la plus grande inquiétude sur le sort des citoyens pris. Ils craignaient que l'inquiétude ne s'aigrit au point que le peuple n'en vint à se porter à toutes sortes d'extrémités pour les délivrer… qu'ils [voyaient] avec peine quelques cavaliers prolonger leur séjour à Puycasquier ; qu'ils se rappelaient avec amertume les avoir vus traversant avec leurs chevaux les champs ensemencés ». Le grand fait établi pour la période révolutionnaire demeure la mise à sac de l'église de Gaillan. La statue en bois de la Vierge Marie qui y était vénérée fut alors livrée aux flammes par des activistes Sans-culottes apparemment. Seule fut sauvée l'une des mains de celle-ci que l'on conserve toujours. Enfin on mentionne, en 1798, des troubles royalistes contre-révolutionnaires à Puycasquier. Faute d'informations suffisantes, il est difficile de se prononcer sur l'opinion générale des habitants durant cette période 1789-1799. Ce qui est vraiment certain, c'est que la mise en place d'une nouvelle organisation administrative a conforté la position-phare que Puycasquier occupait déjà dans le paysage du Fezensaguet. La création, en 1790, des départements dont celui du Gers, au cadre duquel le village se rattachait désormais, amena sa désignation comme chef-lieu de canton (18 mars 1790)[réf. nécessaire].
Époque contemporaine
Au XIXe siècle, on se déplaçait encore beaucoup à pied, parfois à cheval et en tout cas, au mieux, dans des voitures « tractées » relativement lentes sur des chemins qui étaient pour la plupart simplement empierrés et souvent difficiles. Aussi Puycasquier offrait un centre de services et de commerces « de proximité », selon l'expression employée de nos jours. On y trouvait une brigade de gendarmerie. Son installation justifia une dépense importante de la commune en 1877 pour la construction d'un bâtiment à la fois spécialement adapté au logement des gendarmes et capable d'abriter aussi et les bureaux et la prison indispensables à leur mission, sans oublier une écurie pour les chevaux qui leur servaient de véhicules. C'est l'ancienne gendarmerie que l'on peut voir à l'entrée ouest du village du côté sud. Par la suite l'automobile remplaça le cheval dans l'écurie ; car cette brigade de gendarmerie ne fut supprimée qu'en 1958. Au XIXe siècle, il y avait aussi à Puycasquier un percepteur, un médecin (Dans les années 1880, il s'agit du docteur Dupin qui prête notamment son concours à la publicité pour des produits pharmaceutiques dans le journal La Lanterne : les pilules Benzoïdes et les pilules à la quina Rocher (texte accessible en ligne sous forme numérisée : www.gallica.bnf.fr 1883/10/29 (N2382) p. 3 et 1885/11/10 (A 9, N3125) p. 4.), un vétérinaire (En 1932, il s'agit du Docteur Capéran, mentionné dans Recueil de médecine vétérinaire, 1932/08, t. 108, n°8, p. 519 (accessible en ligne sur le site www.gallica.bnf.fr)), deux bouchers, deux boulangers, trois épiciers et plusieurs artisans dont : charpentiers, menuisiers et au moins un maréchal-ferrant qui faisait résonner son enclume sous l' « emban » du sud. Il faut évidemment rappeler que Puycasquier disposait de « services sociaux » particulièrement appréciables dans la France d'avant la première Guerre mondiale (1914-1918). Un modeste mais effectif système d'assistance publique, un équipement scolaire dont il sera question ci-après (Voir « Enseignement. Une tradition scolaire») et enfin, à partir du XXe siècle, du moins, d'équipes et d'équipements sportifs. De plus, Quatre notaires se succèdérent à Puycasquier au XIXe s. : Me Joseph Solirène jusqu'en 1844, puis Me Joseph Barailhé jusqu'en 1858, puis Me Théophile Mazières jusqu'en 1882. Me Jean-Pierre Mazières reprit l'office notarial. Son fils unique Charles compte parmi les « morts pour la France » (mobilisés tués au combat) de la 1ere guerre mondiale honorés sur le monument aux morts de Puycasquier (voir Tierny (Paul) et Pagel (René), Inventaire sommaire des Archives Départementales antérieures à 1790. Gers. Archives civiles. Séries A et B 1ere partie. Sénéchaussée d'Armagnac, J. Capin, Auch, 1909, p. 144.).[réf. nécessaire].
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Puycasquier dans la littérature
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