Missègre
Localisation

Missègre : descriptif
- Missègre
Missègre (Missegre en occitan) est une commune française rurale, située dans le centre du département de l'Aude en région Occitanie, au sein du massif des Corbières. Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du massif des Corbières, un chaos calcaire formant la transition entre le Massif central et les Pyrénées
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le ruisseau de Guinet et par divers autres petits cours d'eau
La commune possède un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (les « hautes Corbières ») et une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique
Missègre est une commune rurale qui compte 64 habitants en 2022, après avoir connu un pic de population de 359 habitants en 1851
Ses habitants sont appelés les Missegrais ou Missegraises.
Géographie
Localisation
La commune de Missègre est située dans la partie occidentale du massif des Corbières, au centre du département de l'Aude. Par la route, Missègre se trouve à 20 km au sud-est de Limoux, chef-lieu d'arrondissement et à 34 km au sud de Carcassonne, chef-lieu du département.
C'est avec 728 hectares une commune peu étendue. De forme à peu près carrée à l'exception de sa limite nord-est en diagonale, ses mesures maximales sont de 3,2 km d'est en ouest, et de 3 km du nord au sud. Le territoire de la commune a un relief moyennement montagneux drainé par une vallée principale que rejoignent une dizaine de vallons secondaires. Les reliefs ne sont cependant pas ou peu escarpés, hormis dans la partie la plus basse de la vallée principale, plus profondément creusée ; c'est à cet endroit que se situe l'altitude minimale de la commune, aux alentours de 520 m. Le point le plus haut est au sommet de Montcournié (Montcornièr en occitan) ou, sous son nom plus courant, du Castelhàs, qui culmine à 832 m.
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Belcastel-et-Buc, Terroles, Valmigère et Villardebelle.
Description
Du fait de terrains en fond de vallée majoritairement calcaires dans lesquels s'est développé un réseau de cavités, d'un bassin versant peu étendu (l'essentiel est constitué par les territoires de Valmigère et de Missègre) et du captage de la plupart des sources pour l'approvisionnement en eau potable, la commune n'a de cours d'eau permanent que dans les limites du village. Connu sous le nom de ruisseau de Guinet, son débit est faible à très faible, et il ne grossit que lors d'orages. Sur une partie de son parcours, il n'occupe plus les points les plus bas de la vallée car il a été canalisé sous la forme d'un fossé accolé la route départementale 54, d'abord sur la rive gauche, puis sur la rive droite. La qualité de ses eaux est qualifiée de moyenne, sur la base de la mesure des matières organiques et oxydables et des matières phosphorées.
Signalons encore qu'une centaine de mètres en amont du village, en bordure de la RD 54, deux réservoirs d'eau, l'un public et l'autre privé, ont été creusés dans des terrains marécageux. Bien que d'une surface très limitée, ils sont connus comme le Lac.
Risques d'inondation
Même s'il est réduit, le risque d'inondation n'est pas nul, en particulier dans la partie aval du village. De violents orages, comme en 1940, ont pu provoquer, en association avec des obstacles dus à l'activité humaine (rétrécissement des écoulements, clôtures...) une montée des eaux en fond de vallée et l'inondation d'habitations. Ce risque n'est pas retenu par la DREAL du Languedoc-Roussillon.
Géologie
Description des terrains
Le territoire de la commune de Missègre se situe entièrement dans l'unité dite autochtone relatif du massif paléozoïque de Mouthoumet, uniquement composée de roches sédimentaires. Les terrains, très fracturés mais peu métamorphisés, s'étagent du Dévonien inférieur (vers 410 millions d'années) au début du Carbonifère supérieur (Namurien, vers 320 millions d'années). Ces formations ont été soulevées à l'Éocène lors de l'orogenèse pyrénéenne.
Le Dévonien inférieur est représenté par des dolomies grises ; le Dévonien moyen par des calcaires gris plus ou moins argileux à chailles surmontés par des calcaires gris à taches roses ; le Dévonien supérieur est composé de calcaires micritiques et de calcaires à griottes ; le Carbonifère inférieur de lydiennes noires à nodules phosphatés et de calcaires gris et le début du Carbonifère supérieur par un flysch pélitico-gréseux avec décharge de conglomérats polygéniques et de blocs resédimentés (éléments essentiellement calcaires).
Hydrogéologie
Les terrains carbonifères contiennent de petits aquifères d'imprégnation dans leur partie supérieure : ils alimentent des sources au débit faible (pas plus de 5 m3/h). Plusieurs de ces sources sont captées pour l'alimentation en eau potable du village, qui s'est d'ailleurs développé autour de l'une d'elles, la Font Vieille.
Les calcaires du Dévonien, soumis à une importante dissolution, constituent des réservoirs notables. Il a été démontré que les pertes du ruisseau de Guinet sur la commune de Missègre sont à mettre en relation avec les résurgences du Théron à Alet-les-Bains. Des avens, tels que celui visible à l'entrée nord du village, ou ceux de la Galine et de l'Estable, situés en bordure sud-est de la commune, sur le territoire de Valmigère, témoignent de ces phénomènes karstiques.
Ressources minérales
Quelques gisements ont fait l'objet d'exploitation épisodique sur le territoire de la commune, en particulier celui de la Ménière (en occitan Menièra, de mena, mine) où deux entrées de galerie, dont une ennoyée, sont liées à l'extraction de cuivre. Une demande de concession fut déposée le par Jean-Géraud Baville ; il y était précisé que les filons de cuivre de la Ménière avaient déjà fait l'objet d'une exploitation à une époque plus ancienne mais indéterminée, peut-être par les moines bénédictins de Saint-Polycarpe. Une autre concession, dans la vallée de la Pouzanque (Posanca en occitan), à cheval sur les communes de Missègre et Villardebelle, fut octroyée au maréchal Clauzel pour l'exploitation de manganèse en .
Risques géologiques
La nature karstique des terrains sous-jacents a provoqué de fréquents effondrements, en particulier en aval du village, qui ont conduit à cimenter une grande partie du lit du cours d'eau principal, le ruisseau de Guinet, pour éviter les infiltrations. Le BRGM signale ce risque d'affaissement, tandis que le décret 2010-1255 du classe la commune en zone de sismicité faible.
Voies de communication et transports
Voies routières
La commune de Missègre est traversée par une seule route départementale, la RD 54, de direction nord-sud, reliant Saint-Hilaire à Arques. En l'empruntant vers le nord, on parvient, via la RD 129, à Limoux. Construite dans sa section vers Arques en 1858, prolongée vers la D 129 aux alentours de 1865, elle a remplacé un ancien tracé aujourd'hui partiellement impraticable, connu sous le nom de chemin de Limoux.
L'autoroute la plus proche est l'A61, section orientale de l'autoroute des Deux Mers (sortie 23, Carcassonne-Z. I.).
Transports ferroviaires
La gare la plus proche est celle de Limoux, sur la ligne voyageurs Carcassonne-Quillan, desservie par les TER Occitanie. La gare de Carcassonne est reliée par trains Intercités aux principales agglomérations du sud de la France, de Bordeaux à Marseille, et à Paris ; des TGV assurent aussi des liaisons avec Toulouse, Montpellier, Lyon, Barcelone.
Transports aériens
L'aéroport de Carcassonne Salvaza, utilisé pour le trafic voyageurs par la compagnie Ryanair, a des liaisons avec plusieurs villes du Royaume-Uni et d'Irlande, ainsi que Bruxelles et quelques autres cités européennes, mais aucune vers un autre aéroport de France métropolitaine. Celui de Toulouse-Blagnac est desservi par de nombreuses compagnies internationales et a un service de navettes avec l'aéroport de Paris-Orly opéré par Air France.
Transports en commun
La commune de Missègre n'est desservie par aucun réseau de transport en commun. Un ramassage scolaire est néanmoins assuré.
Hydrographie
La commune est dans la région hydrographique « Côtiers méditerranéens », au sein du bassin hydrographique Rhône-Méditerranée-Corse. Elle est drainée par le ruisseau de Guinet, le ruisseau de Bourrel, le ruisseau de Lairel, le ruisseau de la Pouzanque et le ruisseau de Las Bourgados, qui constituent un réseau hydrographique de 9 km de longueur totale.
Le ruisseau de Guinet, d'une longueur totale de 11,8 km, prend sa source dans la commune et s'écoule vers l'ouest puis se réoriente au nord. Il traverse la commune et se jette dans le Lauquet à Clermont-sur-Lauquet, après avoir traversé 7 communes.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique altéré, selon une étude s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Pyrénées orientales, caractérisée par une faible pluviométrie, un très bon ensoleillement (2 600 h/an), un air sec, particulièrement en hiver et peu de brouillards.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 001 mm, avec 10,2 jours de précipitations en janvier et 5,2 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Mouthoumet à 13 km à vol d'oiseau, est de 12,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 837,6 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
Milieux naturels et biodiversité
Réseau Natura 2000
Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d'intérêt écologique élaboré à partir des directives habitats et oiseaux, constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS). Un site Natura 2000 a été défini sur la commune au titre de la directive oiseaux : les « hautes Corbières », d'une superficie de 28 398 ha, accueillant une avifaune riche et diversifiée : rapaces tels que les Busards, l'Aigle Royal, le Circaète Jean-le-Blanc, qui trouvent sur place des conditions favorables à la nidification et à leur alimentation du fait de l'importance des milieux ouverts.
Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique
L'inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d'améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d'aide à la prise en compte de l'environnement dans l'aménagement du territoire.
Une ZNIEFF de type 2 est recensée sur la commune : les « Corbières occidentales » (59 005 ha), couvrant 66 communes du département.
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Toponymie
Il n'existe aucune certitude quant à l'origine du nom Missègre. Urbain Gibert signale que, sur la base des plus anciennes formes connues (Milsiricum en 881 et Melisiricum en 889), Albert Dauzat et Charles Camproux l'ont interprété comme dérivant du nom d'un propriétaire gallo-romain, Melisa ou Mellissos auquel aurait été accolé un suffixe en -icus, -icum ou -acum. Xavier Delamarre suppose d'une façon assez similaire que ce nom, auquel il donne une origine celtique, signifie : domaine de Melisīrios.
On peut aussi noter que certains linguistes identifient la syllabe MAL comme une racine oronymique pré-indo-européenne attachée à l'idée de « rocher », « montagne », avec le sens général de « hauteur », « mont ». MEL serait une variante de MAL à l'origine du gaulois mello, « montagne », ainsi que MIL, cependant moins attesté. Lucien Ariès donne une série d'exemples en Lauragais qu'il pense dérivés de cette racine.
Histoire
Histoire
Entrée depuis 1247 dans le domaine royal français avec le Razès, la communauté de Missègre suivit les évolutions de l'administration languedocienne. Le pouvoir des deux seigneurs, le baron d'Arques et l'abbé de Saint-Polycarpe, s'effaça progressivement devant la puissance monarchique. Comme ailleurs, la Révolution entraîna une réforme radicale des structures. Après l'Empire, la carte administrative et les ressorts judiciaires dans lesquels Missègre s'intégrait évoluèrent peu jusqu'au début des années 2000.
Circonscriptions judiciaires
Sur le plan judiciaire, Missègre dépendait initialement de la sénéchaussée de Carcassonne, créée dès la fin de la croisade contre les Albigeois, et plus particulièrement de la viguerie du Razès. Celle-ci fait partie de la sénéchaussée de Limoux lors de sa deuxième création, en 1642 ; elle fut par la suite supprimée et Missègre ressortit directement de Limoux. En 1768, un édit royal réunit de nouveau les sénéchaussées de Limoux et de Carcassonne (ainsi que celle de Castres et en partie celle de Béziers). Le parlement de Toulouse était la juridiction de dernier appel.
Ces juridictions furent supprimées en 1790. Missègre fut alors soumis à l'autorité du juge de paix d'Arques, d'un tribunal de district à Limoux pour la justice civile, et du tribunal criminel de Carcassonne. Les districts disparurent en 1795, et un tribunal correctionnel fut installé à Limoux. L'appel se faisait entre tribunaux de territoires voisins. Du fait des redécoupages successifs des cantons, Missègre releva du juge de paix d'Arques de 1790 à 1793, de 1795 à 1800, et de 1801 à 1805, de celui de Villardebelle de 1793 à 1795 et en 1800-01, puis de celui de Couiza à partir de 1805 jusqu'en 1958, date de la disparition de la justice de paix. En 1800, un tribunal de première instance fut installé à Limoux, avec cours d'appel à Montpellier ; il a été fermé à la fin de 2009, dans le cadre de la réorganisation de la carte judiciaire française.
Circonscriptions financières
Le Languedoc étant un pays d'états, il avait le droit de voter annuellement les impositions. À la veille de la Révolution, la province était divisée en 24 municipalités diocésaines. Missègre était l'un des 54 consulats du diocèse civil de Limoux (ou officialat du Razès), détaché depuis 1660 de celui d'Alet, mais ne faisait pas partie des douze communautés qui députaient à l'Assiette, où était réparti l'impôt au niveau diocésain.
Circonscriptions administratives
Sous l'Ancien Régime, la communauté de Missègre était dotée d'un consulat et ce, au moins depuis 1569 ; au XVIIIe siècle, il y avait deux consuls. Lors de la constitution des communes, en 1790, Missègre et Valmigère furent réunis. Ce fut pour une courte durée, car dès qu'il fut question de créer un canton de Villardebelle, Missègre lui fut rattaché, tandis que Valmigère demeurait dans celui d'Arques. La commune de Missègre ne subit plus dès lors de transformation.
Missègre fut davantage ballotté quand il s'agit de former les cantons : comme il a été signalé plus haut pour la justice de paix, la commune fut d'abord incorporée dans celui d'Arques (1790-1793), puis de Villardebelle (1793-1795) à sa création, de nouveau d'Arques (1795-1800), retourna dans celui de Villardebelle lors de sa courte reconstitution (1800-1801), revint à Arques (1801-1805). Ce dernier canton fut définitivement supprimé en 1805 au profit de celui de Couiza, duquel Missègre n'a depuis plus bougé jusqu'au redécoupage cantonal de 2014.
Depuis sa création le jusqu'à sa dissolution, Missègre adhérait à la communauté de communes du Pays de Couiza qui recouvrait le même territoire que l'ancien canton de Couiza, auquel s'ajoutaient les communes d'Alet-les-Bains et de Véraza. Cet ensemble, qui avait pris la place du SIVOM de Couiza créé en 1971, regroupait 24 communes et 4 000 habitants permanents de la moyenne vallée de l'Aude
Héraldique
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La commune de Missègre porte :
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Missègre dans la littérature
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