Troyes
Localisation

Troyes : descriptif
- Troyes
Troyes (prononcer [tʁwa]) est une commune française, préfecture du département de l'Aube, et septième commune la plus peuplée de la région Grand Est
Elle se trouve dans la région historique et culturelle de Champagne, dont elle était la capitale comtale
Elle est traversée par la Seine. Au cours des siècles, Troyes, désignée Ville d'art et d'histoire, a conservé un patrimoine architectural et urbain témoignant de son riche passé médiéval et renaissant
La cité, reconstruite après l'incendie de 1524, dispose de 42 édifices protégés au titre des monuments historiques, dont dix églises et une cathédrale d'architecture gothique, ainsi que d'une des plus grandes concentrations de maisons à pans de bois du XVIe siècle
La ville comme son département dispose également d'une grande diversité de vitraux. Les Tricasses, premier peuple ayant laissé des traces tangibles de leur présence, donnent leur nom à celle qui s'appelait Civitas Tricassium, puis Augustobona sous l'occupation romaine
Les Foires de Champagne, gérées par les comtes de Champagne, ont contribué au rayonnement économique et financier de Troyes à partir du XIe siècle, attirant nombre de marchands à travers toute l'Europe
Lors de la révolution industrielle, le textile, le cuir, mais également l'imprimerie, sont les atouts historique de l'économie troyenne
Berceau de grandes entreprises de prêt-à-porter telles que Lacoste ou Petit Bateau, Troyes, est considérée comme la capitale européenne des magasins d'usine et de négoce. La ville est aussi réputée pour sa gastronomie, et notamment l'andouillette et la prunelle de Troyes, ainsi que ses nombreux vignobles de Champagne
Du point de vue géographique, la Seine reste le principal avantage, notamment grâce aux grands lacs de la forêt d'Orient, offrant une vaste réserve faunistique et de détente, mais également les pays Barséquanais, d'Othe et d'Armance et leurs étendues vallonnées, boisées et de plaines.
Géographie
Localisation
Troyes se situe en France, dans la partie occidentale de la région Grand Est, au centre du département de l'Aube — dont elle est le chef-lieu. La commune s'étend dans la plaine de Champagne crayeuse, à proximité du pays d'Othe et du pays d'Armance. Cette ville de plaine alluviale s'établit dans la vallée de la Seine.
À vol d'oiseau, Paris est 141,5 km au nord-ouest de Troyes. En dehors de la capitale, les autres grandes villes les plus proches de Troyes sont Reims (106,9 km vers le nord) et Dijon (129,9 km vers le sud-est). En ce qui concerne la proximité, elle est distante :
- vers l'ouest : de Sens à 59,9 km, de Montereau-Fault-Yonne à 84,0 km ;
- vers le sud-ouest : d'Auxerre à 67,4 km ;
- vers le nord-ouest : de Romilly-sur-Seine à 35,4 km, de Provins à 64,3 km, de Coulommiers à 93,0 km, de Château-Thierry à 96,7 km ;
- vers le nord : de Châlons-en-Champagne à 76,1 km, d'Épernay à 82,8 km ;
- vers le nord-est : de Vitry-le-François à 60,2 km, de Saint-Dizier à 74,4 km, de Bar-le-Duc à 95,8 km ;
- vers l'est : de Chaumont à 81,3 km.
Communes limitrophes
La ville de Troyes est encadrée, « dans le sens des aiguilles d'une montre » et « à vol d'oiseau », par la commune de Lavau, située à 3,4 km au nord-nord-est ; par la ville de Pont-Sainte-Marie, distante de 3,1 km en axe nord-est ; par celle de Saint-Parres-aux-Tertres, localisée à 2,9 km en direction de l'est ; par celle de Saint-Julien-les-Villas, distante de 3,7 km en axe sud-est ; celle de Rosières-près-Troyes, distante de 3,9 km, en direction du sud ; celle de Saint-André-les-Vergers, située à 1,9 km en axe sud-ouest ; par la ville de Sainte-Savine, à 1,6 km sur sa limite ouest ; par la commune de Les Noës-près-Troyes à 2,3 km au nord-ouest ; par la ville de La Chapelle-Saint-Luc à 3,1 km au nord.
Géologie et relief
La superficie de la commune de Troyes est de 1 320 ha quand la superficie moyenne communale en France métropolitaine s'établit à 1 505,8 ha ; son altitude varie de 100 m, au niveau de la Seine à la limite entre Troyes et Barberey-Saint-Sulpice, à 126 m au sud-ouest, à la limite du territoire communal de Saint-André-les-Vergers.
Troyes se situe dans la partie sud-est du Bassin parisien, à proximité de la zone de transition entre les formations du Crétacé inférieur et celles du Crétacé supérieur. Cette zone a une activité très peu tectonique et les couches mésozoïques du bassin sont caractérisées par un très faible pendage (environ 0,15 %) en direction du nord-ouest. Le socle hercynien a été reconnu par forage à une profondeur d'environ 1 685 m. Le territoire de la commune se trouve intégralement dans la vallée de la Seine, constituée d'un emboîtement de trois terrasses alluviales (moyenne terrasse, basse terrasse et plaine alluviale), dont les épaisseurs peuvent atteindre jusqu'à plus de 10 m.
Le soubassement de la vallée de la Seine est une craie du Crétacé supérieur formée à partir de restes calcaires de micro-organismes planctoniques. Cette craie poreuse et épaisse a permis la formation en Champagne-Ardenne d'une immense « nappe de la craie » souterraine qui alimente de nombreux cours d'eau. Dans le cas de Troyes (et du pays d'Othe), il s'agit de craie sénonienne et turonienne. Cette formation crayeuse, entièrement recouverte par des alluvions modernes et anciennes sur le territoire de la commune, se retrouve à l'affleurement dans les communes limitrophes de Troyes à l'est, Saint-Parres-aux-Tertres et Pont-Sainte-Marie.
Hydrogéologie et climatologie : Système d'information pour la gestion des eaux souterraines en Seine-Normandie, par le BRGM :
- Territoire communal : Occupation du sol (Corinne Land Cover); Cours d'eau (BD Carthage),
- Géologie : Carte géologique; Coupes géologiques et techniques,
- Hydrogéologie : Masses d'eau souterraine; BD Lisa; Cartes piézométriques.
Hydrographie et lacs
À Troyes, le réseau hydrographique, d'une longueur de 16 km sur la Seine tient une place « historique et légitime » au cœur de la ville. Elle se divise en deux canaux principaux à Saint-Julien-les-Villas : d'un côté, la Vieille Seine n'arrose pas Troyes, de l'autre, la rivière Notre-Dame se divise en deux canaux plus petits et forme la tête du « bouchon de champagne » (vu du ciel, le centre historique de Troyes a la forme d'un bouchon de champagne). Ce fleuve suit également la Chaussée du Vouldy et l'est du centre-ville et longe la digue de Fouchy dans le Nord.
Avant Troyes, la Seine reçoit notamment la Hurande et l'Hozain, après Troyes l'Ardusson, l'Aulne et l'Orvin sur la rive gauche, et historiquement sur la rive droite le Melda, ruisseau originaire de la Forêt-d'Orient et coulant sur des terrains plus ou moins tourbeux qui rejoint le fleuve aujourd'hui en ville après la construction du canal d'Argentolle (fossé d'évacuation du marais de Belley), le Melda après Troyes étant devenu un des bras de la Seine avec l'Admée et l'Écorce. Trois autres rivières se jettent dans la Seine dans Troyes et sa banlieue : la Barse, le Triffoire et la Vienne.
La commune est reliée au canal de la Haute-Seine qui relie Bar-sur-Seine à Marcilly-sur-Seine. Sa construction a débuté en 1805 à la demande de Napoléon Ier afin de rendre la Seine navigable jusqu'à la ville de Châtillon-sur-Seine. L'activité du canal, inauguré le , dure jusqu'à l'année 1974, quand un arrêté de déclassement est pris. L'avenue Chomedey-de-Maisonneuve, l'avenue Georges-Vanier et la pénétrante Nord sont construites sur son emprise.
Climat
Le climat de Troyes est le même que celui de l'Aube et de la Champagne-Ardenne. Il s'agit d'un climat « tempéré océanique humide » (Cfb d'après la classification de Köppen), qui se caractérise par une atmosphère douce et humide.
Les données climatiques du territoire viennent de la station météo de Barberey-Saint-Sulpice. Le record de chaleur est de 41,6 °C le lors de la canicule de l'été 2019, et le record de froid est de −25,2 °C le . L'importance des précipitations dans le département de l'Aube est tempérée par un fort accroissement du nord au sud. Ainsi, la Champagne crayeuse, dont fait partie la ville de Troyes, est une zone dont la pluviométrie est plus faible que celle de la Champagne humide.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 0,2 | 0 | 2,1 | 3,9 | 7,8 | 10,7 | 13 | 12,5 | 9,6 | 7 | 3,1 | 1,2 | 5,9 |
| Température moyenne (°C) | 3,1 | 3,5 | 6,6 | 9,1 | 13,1 | 15,9 | 18,7 | 18,1 | 14,9 | 11,3 | 6,4 | 3,6 | 10,4 |
| Température maximale moyenne (°C) | 6 | 7,5 | 11,8 | 15,1 | 19,2 | 22,4 | 25,4 | 25 | 21,1 | 16,2 | 9,9 | 6,6 | 15,5 |
| Ensoleillement (h) | 68,6 | 88,3 | 143,8 | 184,8 | 215 | 229,4 | 235,5 | 228,2 | 179,2 | 123,6 | 66,6 | 53,6 | 1 816,4 |
| Précipitations (mm) | 37,7 | 34,9 | 36,1 | 39,3 | 46,4 | 40,8 | 46,8 | 45,7 | 43,2 | 55,6 | 44,7 | 49 | 520,2 |
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Toponymie
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Évolution chronologique des mentions de la civitas, du vicus, de la paroisse, puis de la commune :
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La ville est connue sous le nom d'Augustobona à l'époque gallo-romaine, nom parallèle à Juliobona, Lillebonne (Seine-Maritime). Du terme celtique bona, fondation urbaine, et du nom de l'empereur Augustus, Auguste, soit « fondation (dédiée à) Auguste ». L'élément bona se trouve également dans Vindobona « la ville blanche » (Vienne, Autriche) et Ratisbona (Ratisbonne, Allemagne).
Par un processus connu pour bien d'autres villes françaises, le nom actuel est dérivé du nom de la tribu des Tricasses, organisée au sein de la civitas Tricassium (IVe siècle). Le toponyme est attesté sous les formes Trecassis au VIIe siècle, Trecasadiens au IXe siècle et encore Treci en 890, Treche en 1218 et enfin sous la forme actuelle avec le passage de /e/ à /wa/ au XIIIe siècle Troies (cf. vieux français treis, moderne trois = 3).
Selon le linguiste autodidacte Xavier Delamarre, le nom Tricasse, terme d'origine gauloise composé du préfixe « Tri- », qui signifie littéralement le chiffre « trois », associé à l'élément « -casse », désignant généralement le mot « chevelure », renvoie à la notion de ceux (le peuple) « qui ont Trois-Boucles », ou encore ceux qui possèdent « Trois-Tresses ».
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Histoire
La ville de Troyes, capitale historique des comtes de Champagne, et forte d'un grand passé historique et d'un riche patrimoine architectural et urbain, a été désignée Ville d'art et d'histoire le . La convention a été signée en février 2010.
Antiquité : naissance de Troyes
Les premiers habitants ayant laissé des traces tangibles de leur présence sont les Tricasses, tribu de la Gaule lyonnaise mentionnée à partir du Ier siècle av. J.-C. dans les écrits de géographes grecs, même si quelques mégalithes témoignent d'un peuplement plus ancien. La ville est mentionnée sous le nom de Augustobona notamment lors de la guerre des Gaules à partir de l'année 58 av. J.-C., mais la dénomination dérivée du nom des Tricasses s'impose progressivement sous le Bas-Empire. Les Lingons, voisins de cette tribu, ont aussi habité dans la moitié sud-est de la ville. À l'époque de sa fondation, au cours du Haut-Empire — fin du Ier siècle av. J.-C. et début Ier siècle apr. J.-C. — la cité, alors entourée de vastes étendues marécageuses sur ses franges méridionales et ses marges septentrionales, fait l'objet d'importantes opérations de drainage afin d'accueillir de nouvelles zones urbaines. À partir de la seconde moitié du Ier siècle, le site d'Augustobona dispose de plusieurs infrastructures publiques à caractère édiliaires. Ces édifices, notamment un aqueduc et possiblement un complexe thermal, mais dont les prospections archéologiques n'ont permis de retrouver seulement quelques vestiges, alternent avec des aires d'habitation. À cette époque, l'ouvrage d'art hydraulique, par le biais d'une canalisation conçue au moyen de mœllons de petite taille, permet alors de distribuer en eau potable les différents lieux publics et privés de la cité champenoise. Au cours de cette période, l'ensemble urbain de la ville de Troyes, sous forme antique, recouvre dès lors une superficie d'environ 80 ha, espace compris entre la porte de Chaillouet, au nord, et la place du Professeur-Langevin au sud ; ainsi qu'entre le faubourg Saint-Jacques, à l'ouest, et la rue Jeanne-d'Arc à l'est. Postérieurement à ce développement urbain, au cours des années 120 apr. J.-C., l'empereur romain Hadrien séjourne dans la ville avec ses troupes. Au début de l'Antiquité tardive, vers 380 apr. J.-C., la ville troyenne, qui est à cette époque rebaptisée sous le nom de Civitas Tricassium, est alors enserrée par un vaste mur d'enceinte fortifié.
C'est à l'ouest de la ville, vers Méry-sur-Seine, ou, de manière plus probable, à Dierrey-Saint-Julien (au lieu-dit de Moirey) que se déroule en 451 la bataille des champs Catalauniques.
Le , alors qu'Attila a été repoussé à Orléans par les Romains, Loup de Troyes, évêque de la cité, se rend à son camp et le supplie d'« épargner une ville sans défense, car elle n'avait ni murs ni soldats ». Attila lui aurait répondu : « Soit ! Mais tu viendras avec moi et tu verras le Rhin ; je te promets de te renvoyer alors ». Les Huns sont encore arrêtés dans les plaines voisines de Troyes, appelées champs Catalauniques, par les Romains et par les Francs commandés par Mérovée ainsi que leurs alliés. Attila est défait. Le roi des Wisigoths, Théodoric, y est tué. La bataille de Mauriac, ou Campus Mauriacus, autre terme historique utilisé pour faire mention du conflit des champs Catalauniques, chasse définitivement les Huns de la Gaule.
Moyen Âge
De Clovis au comté de Troyes
En 486, Clovis s'empare de Troyes et de ses alentours qui seront appelés Champagne (campania) à cause des plaines crayeuses immenses. La Champagne est attribuée au royaume d'Austrasie, après le partage des possessions de Clovis en 511, sauf Troyes et sa région qui sont attribuées à Clodomir. Ce n'est qu'en 524, à la suite de la mort du roi d'Orléans qu'elle rejoint l'Austrasie jusqu'en 558, année où Clotaire Ier est proclamé roi des Francs. En 567, la cité de Troyes est placée dans le royaume de Bourgogne. Entre 592 et 613, elle rejoint à nouveau l'Austrasie. À la mort de Clotaire II en 629, la ville dépend de nouveau de la Bourgogne.
La ville est contrôlée et pillée par les Sarrasins d'Espagne en 720. La Vita Sancti Fidoti, abbatis Trecensis, vie de Fidolin, captif libéré par Eventinus, un prêtre de Troyes, semble indiquer qu'à cette époque, on y pratique le commerce des esclaves.
En 820, Aleran devient le premier comte de Troyes à l'époque de l'empereur Louis le Pieux. Son règne prend fin avec sa mort survenue en 852. Le territoire de Troyes est également, vers 860, le prix d'une lutte entre l'évêque Ansegise et le comte Rodolphe de Ponthieu qui en sort vainqueur. Lors du premier concile de Troyes en 878, Louis le Bègue est couronné une seconde fois, des mains du pape Jean VIII. Dans le même temps, Bernard de Gothie, en conflit avec Frotaire et en révolte contre le roi Louis le Bègue, est excommunié.
En 888, la ville souffrit des incursions normandes puis, selon la Chronique de Réginon de Prüm, les Normands, en 889, s'emparent de la ville, la réduisent en cendres et pillent toute la contrée environnante. En réponse à ces incursions, au début des années 890 (en 891 ou 892), un nouveau mur fortifié, dont l'assise et le parement ont été en grande partie constitués grâce au remploi des structures l'enceinte gallo-romaine, est alors érigé et déployé autour de la ville. Ultérieurement, en 898, selon des écrits médiévistes, l'abbaye Saint-Loup et l'église Saint-Pierre auraient fait l'objet d'une destruction. Néanmoins, les prospections archéologiques effectuées au XIXe siècle ne permettent pas une telle exactitude chronologique. Troyes appartient au duché de Bourgogne à partir de la fin du IXe siècle.
Dans la première moitié du Xe siècle, les Normands réitèrent plusieurs incursions, en 908 en 911 et en 925. Lors de cette troisième incursion, ces derniers sont éloignés par Ansegise, évêque de Troyes, qui réunit aux comtes de Sens, Garnier, et de Dijon, Manassès II, et à l'évêque duc de Langres Gosselin II de Bassigny pour les repousser vers la région du Bassigny. La bataille contre le viking Ragenold de Nantes (Rögnvald), daté au , se déroule sur un site mentionné sous le toponyme de Calaus mons. Le lieu de cet affrontement militaire se révèle possiblement être localisé sur l'actuelle commune de Chaumont (Haute-Marne), entre Milly-la-Forêt et Barbizon ou plus probablement Chalaux, à proximité du cours d'eau éponyme, au sein du département de la Nièvre. Lors de cet affrontement, Garnier de Sens est tué ; Ansegise, quant à lui, se trouve blessé. Néanmoins, au cours de cette bataille, les troupes normandes ont été repoussées puis vaincues.
En 1040, Rabbi Salomon Ben Isaac, plus connu sous le nom de Rachi, naît à Troyes. Le rabbin et philosophe, grand commentateur de la Bible et du Talmud, crée une importante école de pensée juive dans la ville.
L'époque des comtes de Champagne
Au XIIe siècle, le comté de Troyes fusionne avec celui de Meaux pour donner naissance au comté de Champagne. Hugues Ier de Champagne est le premier à être proclamé à ce titre vers l'an 1102. En 1129, le second concile de Troyes, qui a lieu sur le site de l'actuelle cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, se déroule en la présence de nombreuses personnalités religieuses, de Hugues de Payns et du comte Thibaut IV de Blois. Ce concile entraînera la création d'une règle propre à l'ordre du Temple. En 1188, un grand incendie détruit une grande partie de la ville et ravage l'abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains, la collégiale Saint-Étienne, le palais des comtes de Champagne et l'ancienne cathédrale de Troyes, partiellement ruinée. Cet incendie amène une reconstruction de ce dernier édifice en architecture gothique. Les premiers moulins à vent apparaissent au XIIe siècle. Appartenant à l'origine aux comtes de Champagne, ils sont légués au chapitre de la cathédrale afin de subvenir aux besoins de la reconstruction de la cathédrale. Après le chapitre de la cathédrale, les autres congrégations religieuses de Troyes construisent à leur tour un moulin à vent afin de couvrir les investissements. Quinze moulins sont attestés à la fin XIIe siècle tel celui de Moline ou Pielle ; les molendini ad telas et follones. La ville se couvre également de monastères, d'églises et d'industries au service des religieux.
En 1264, le pape Urbain IV instaure la Fête de l'Église universelle qui deviendra la Fête-Dieu. Cette fête, dédiée au Saint Sacrement est célébrée les jeudis suivant la Sainte-Trinité. Dès 1273, la commune engage des travaux afin de faire acheminer de l'eau d'une source pour alimenter la ville. La Champagne est rattachée au domaine royal par le mariage en 1285 de Jeanne Ire de Navarre avec le futur Philippe le Bel. En 1288, un autodafé a lieu après que les juifs troyens ont été accusés de meurtre rituel. Le , le tribunal de l'inquisition condamne 13 d'entre eux à monter au bûcher.
Le XIIIe siècle marque le début de la renommée des foires de Champagne, pour lesquelles des marchands viennent de tout l'Occident. Ces foires permettent le développement de nombreux métiers industriels comme le textile, la tannerie, la papeterie et la teinturerie. À Troyes, la célébration se tient durant la Saint-Jean et la Saint-Rémi dans les rues historiques du Bouchon de champagne telles que la rue Champeaux, la rue de la Pierre, ou la rue des Anciennes-Tanneries.
Productrice de draps en lin et en chanvre, Troyes compte plusieurs moulins permettant de broyer les chiffons, molendini at telas ; les fabricants profitent ainsi de la présence de ces marchands de draps pour récupérer de la matière première de ce circuit de commercialisation. Par la suite, les moulins de la Pielle (en 1348) et du Roy sont transformés en moulins à papier. Troyes devient ainsi, à partir du XIVe siècle, une « capitale » des fournisseurs de papier en Europe. Vers 1470, leurs acquéreurs viennent d'Angleterre — la présence de papier troyen à Canterbury est attestée — de la Hollande, ou encore d'Allemagne. Pendant la guerre de Cent Ans, la ville de Troyes se prépare à accueillir les anglo-navarrais. En 1359, les Troyens, menés par leur évêque Henri de Poitiers libèrent les villes d'Aix-en-Othe, Beaufort et Nogent-sur-Seine.
Troyes au Moyen Âge tardif
À la fin du XIIIe siècle, Troyes n'est plus la capitale du comté de Champagne. Celui-ci est en effet passé aux rois de France et Châlons-sur-Marne a été préférée comme capitale administrative de la Champagne. Toutefois, de 1417 à 1422, Troyes est de fait la capitale du royaume de France en pleine guerre de cent ans.
En juin 1420, la signature du traité de Troyes en l'église Saint-Jean-au-Marché désigne le roi anglais Henri V comme héritier de la couronne de France après que ce dernier épouse Catherine de Valois, l'une des filles de Charles VI. Peu après toutefois, le Dauphin monta sur le trône sous le nom de Charles VII. C'est Jeanne d'Arc qui vint à son secours ; elle le mena d'Orléans à Reims pour qu'il soit sacré. Le , Jeanne d'Arc délivre la ville des Anglais.
En mai 1471, Louis XI confirme l'administration municipale par ses lettres patentes.
Quelques jours avant la Fête-Dieu 1487, un incendie se déclare dans la boutique d'un apothicaire. Il dure plusieurs jours et détruit une grande partie de la ville. Le fait qu'il démarre la nuit lui assure une certaine rapidité d'expansion, la nuit augmentant les peurs et entravant la lutte contre l'incendie. La ville de Troyes possédait néanmoins, pour lutter contre le feu, des seringues géantes qui permettaient d'arroser les foyers plus efficacement qu'avec des seaux. La même année, les foires de Bourges sont déplacées à Troyes : en effet, une grande partie de la ville de Bourges, dont les marchés couverts, a été détruite par un gigantesque incendie et elle ne peut accueillir sa foire.
Les temps modernes
Le , un nouvel incendie éclate au cœur de la ville médiévale. Le principal quartier de la ville, une vingtaine de rues, des milliers de maisons et plusieurs monuments historiques et religieux sont détruits. L'incendie est favorisé par la présence de nombreuses cameræ, chambrettes aménagées en appentis dans les cours pour loger les pauvres parmi les pauvres, qui fournissent un matériau inflammable, réduisent les pare-feux que constituent les cours et gênent les secours contre les sinistres. Cette catastrophe provoque un appauvrissement général de la population mais conduit la municipalité à exiger des cheminées construites en matériaux ininflammables (on pouvait trouver des hottes en bois recouvert de plâtre) et des conduits de cheminée dépassant suffisamment du toit. Les fortifications de la ville sont reconstruite dans la première moitié du XVIe siècle.
Le , Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal, accompagné de la cour et des grands du royaume : son frère le duc d'Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. Lors de son voyage, le roi soumet dans un édit royal du les ports de Saint-Nazaire et Le Croisic au siège royal de Guérande et signe le un traité de paix avec la reine d'Angleterre Élisabeth Ire en la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Ce traité permet à Calais de redevenir définitivement française.
À la suite de la Saint-Barthélemy (du au ), plusieurs dizaines de protestants sont massacrés à Troyes.
Vers le milieu des années 1580, alors que commencent à se dérouler les événements de la 8e guerre de Religion, Troyes, l'une des rares villes n'ayant pas encore été soumise au contrôle d'Henri de Guise, se présente comme un noyau de résistance royaliste au sein de la province champenoise. Au sein de la cité troyenne, cette opposition au pouvoir de la « Sainte-Union » se révèle notamment menée par les Dinteville et les Saint-Phalle.
Après la journée des Barricades, (jeudi ), qui voit l'occupation de la ville de Paris (), les Guise veulent prendre la ville. Henri III, dans une lettre, adressée au conseil locale et datée du , enjoint aux Troyens de ne pas recevoir le cardinal de Guise. Grâce à deux ligueurs, Yves le Tarlier et Jean de Hault, alors archidiacre de la collégiale Saint-Étienne, l'ecclésiastique fait cependant son entrée le par la porte de Croncels et se rend à l'évêché. Le cardinal, prenant de court une partie des autorités locales, demeurées favorables au courant royaliste, fait alors de la ville troyenne, au cours de son séjour (de juin jusqu'à septembre), « un second Paris ». Le maire Jean Daubeterre le reçoit. Le lieutenant général du bailliage, Eustache de Mesgrigny, est chassé, avec d'autres, dont des chanoines restés fidèles au roi. Ils trouvent refuge à Châlons-en-Champagne, restée fidèle au roi, ville où se trouve Joachim de Dinteville. Le cardinal de Guise fait démissionner les conseillers de Troyes. Le , le favori et trésorier du cardinal de Guise, Nicolas de Hault est choisi comme maire par l'assemblée générale (il le reste jusqu'en 1592). Le , de nouveaux conseillers sont élus par une assemblée générale. Le , la ville envoie deux délégués, Souin et Goujon de Boulzy, dans la capitale pour jurer fidélité à la Ligue. En date du , à l'assemblée parlementaire de Rouen, un pacte de paix, induit par la journée des barricades, est signé entre les deux partis opposés. Le , la ville s'engage à respecter l'Union qui vient d'être scellée entre le parti des Guise et Henri III. Au cours du mois de septembre, plusieurs députés troyens sont envoyés à Blois aux états généraux, dont, entre autres, Yves Tartier, Philippe le Vert, avocat du bailliage de Troyes, et Jacques Angenoust.
Les foires de Troyes sont interdites durant le XVIIe siècle. En 1694, elles sont de nouveau autorisées. La ville a sa compagnie d'arquebuse royale et militaire dont le colonel est le gouverneur, le lieutenant-colonel est le lieutenant-général des provinces de Champagne et de Brie et le capitaine est le maire royal. Sa milice bourgeoise est divisée en quatre bataillons à quatre compagnies, Belfroy, Croncels, Comporté et Saint-Jacques.
La dominoterie était une industrie florissante à Troyes qui fabriquait surtout des cartes à jouer et occupait plus de quarante moulins aux environs de la ville. Elle déclina à la suite d'une taxe de Colbert.
Bien qu'il ait précédemment existé, au cours du XVIe siècle, une corporation — la « Communauté des maistres bonnetiers de la ville, fauxbourg et banlieue de Troyes » —, confectionnant, à cette époque, des bonnets au moyen d'une étoffe de laine, les premiers métiers de la bonneterie en coton et en soie font leur apparition à Troyes en 1745 grâce à l'arrivée du métier à tricoter les bas (inventé par William Lee en 1589) et la création des premières manufactures. Quoique la localité d'Arcis-sur-Aube, dès le début du XVIIIe siècle, ait été, auparavant, le cœur champenois d'une importante activité artisanale pour ce type de fabrication textile, en 1770, Troyes compte quarante bonnetiers et près de 1 500[Quoi ?] essentiellement concentrés au sein de son agglomération à partir de la fin des années 1780. La ville devient alors la capitale de la bonneterie qui, malgré un fléchissement à partir des années 1930, reste une activité économique majeure jusqu'aux années 1960.
Le Parlement de Paris est transféré dans la ville en 1787. En 1789, alors que la ville se trouve au cœur de la Révolution française, le maire Claude Huez est assassiné après avoir été accusé à tort d'avoir voulu empoisonner le peuple.
Époque contemporaine
Napoléon Bonaparte a fait plusieurs passages dans la ville en 1804 et 1814 lors de sa campagne de France.
Au sein de la commune champenoise, à l'instar de l'ensemble du territoire aubois, l'essor de l'industrie de la bonneterie débute, dans les années 1820 avec la fondation des premiers établissements spécialisés dans ce secteur économique. À cette époque, ces structures destinées à la confection de textiles à maille sont, la plupart du temps, dirigés par des « marchands-fabricants ». Les bases de ce domaine industriel se finalisent, au cours des années 1860, avec la naissance des premières usines pourvues d'équipements mécanisés. En 1834, la ville occupe à elle seule environ 10 000 métiers de la bonneterie de coton et 12 000 ouvriers, pour un produit annuel de près de 7 000 000 francs.
La ville est reliée à la capitale par le chemin de fer en 1845, favorisant son développement. En 1849 a lieu à Troyes le premier festival chantant d'orphéons, organisé par Charles Delaporte. Il rassemble 200 orphéonistes.
Développé à partir des années 1840, Troyes, vers 1855-1860, devient un centre important de construction de métiers circulaires. La réussite de l'industrie de la maille, au XIXe siècle, est due, majoritairement, aux inventions des mécaniciens champenois. La concurrence anglaise est bien présente ; les Anglais ayant utilisé plus hardiment la vapeur, le fabricant bonnetier doit donc créer des services commerciaux et d'exportation.
L'exposition de Troyes en 1860
Durant le second Empire, l'actualité principale à Troyes réside dans les progrès de l'industrie textile ; la mécanisation des métiers et l'implantation de nombreuses usines transforment le paysage économique et urbain de la ville. Il faut subvenir aux besoins des travailleurs. L'exposition de Troyes en 1860 est la vitrine de ces progrès
Napoléon III prononce un discours à Troyes en 1868. Il déclare que « Rien ne menace la paix de l'Europe ».
L'épopée de Napoléon III se termine par l'occupation de Troyes par les Prussiens de novembre 1870 à août 1871.
Pendant la répression de janvier et février 1894, la police y effectue des perquisitions visant les anarchistes qui y résident, sans réel succès.
XXe siècle
Du 21 au , la ville de Troyes est victime de graves inondations à la suite du débordement de la Seine, provoquant d'importants dégâts.
Le succès de la bonneterie, secteur industriel troyen de la « Belle Époque », se confirme lors de l'entre-deux-guerres, et de nombreuses grandes entreprises sont créées dans la ville notamment Petit Bateau, Lacoste, et Dim. D'autres sont créées plus tard, notamment Absorba.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le , l'armée allemande, après avoir pris Sens, Paris et une vaste partie du département de l'Aube entre dans Troyes. Face aux bombardements des nazis, les Troyens, paniqués, décident de fuir la ville. Après la capture, il ne restera qu'environ 4 000 Troyens dans la cité.
Le , l'armée allemande a commis à Buchères dans le Sud de l'agglomération de Troyes un massacre communément appelé « martyre de Buchères » : 68 civils furent exécutés, de nombreuses maisons furent incendiées. Le lendemain, huit cents hommes s'emparent de la commune et son agglomération. Le début des combats pour la libération a fait environ 60 morts et 572 prisonniers. Le jour d'après, la ville de Troyes est définitivement délivrée par les troupes du général Patton.
Six habitants ont par ailleurs été admis parmi les 4281 Justes parmi les nations de France pour avoir sauvé des personnes juives persécutées par le régime nazi et le gouvernement de Vichy : Michel Perrin, en religion le père Joseph-Marie Perrin, né le à Troyes, mort le à Marseille, est un prêtre dominicain et résistant français, titré Juste parmi les nations en 1999. Il est également connu pour avoir été le directeur spirituel de Simone Weil; Rolland Delarge; France Giet; Suzanne Gombault; Roger Rieber et Jeanne Schwartz Roth.
Bien que ce domaine industriel ait fait l'objet d'une diversification au niveau local entre 1950 et 1970, à partir de la seconde moitié des années 1960, la ville de Troyes est victime de la crise du textile. En effet, les entreprises sont en concurrence avec d'autres pays, notamment en Asie du Sud-Est et en Extrême-Orient et on assiste à une désaffection des consommatrices pour le bas couture. Malgré tout, la commune et son agglomération comptent aujourd'hui près de 250 entreprises liées à la fabrication textile et des grands centres de magasin d'usines, ce qui en fait le premier centre de maille en France.
Le débute l'affaire Patrick Henry à la suite du meurtre du jeune Philippe Bertrand, âgé de huit ans, à la sortie de son école. Le procès de Patrick Henry, mené par son avocat Robert Badinter est considéré comme l'un des plus célèbres de l'histoire judiciaire récente en France, est devenu celui de la peine de mort en France. En effet, le meurtrier avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité alors que l'entourage de la famille, des éditorialistes et des hommes politiques réclament la peine de mort pour ce crime.
XXIe siècle
La commune, et notamment le bouchon de Champagne, fait l'objet d'une réhabilitation continue depuis les années 2000. Au début des années 2010, une partie du canal recouverte dans les années 1970 a été rouverte. L'objectif affiché est de retrouver la place historique de l'eau sur le bouchon, tout en dynamisant les quais.
En 2015, les élus du Grand Troyes ont signé un protocole visant à réaménager le quartier de la gare. Les travaux, entrepris sur une période de trois ans, débutent au cours du premier semestre 2017 et s'achèvent en 2019. La ville, associée à la communauté urbaine Grand Troyes, la région Grand Est, l'État et la SNCF, ont investi un budget de 22 millions d'euros à l'occasion de ce projet.
En décembre 2023, l'ancienne maison d'arrêt du centre ville est fermée ; elle est remplacée par le centre pénitentiaire de Troyes-Lavau situé à quatre kilomètres de là.
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Héraldique
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D'azur à la bande d'argent côtoyée de deux doubles cotices potencées d'or de treize pièces, au chef aussi d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. Il s'agit du blason des comtes de Champagne auquel un chef de « bonne ville » (portant les trois fleurs de lys de France) a été octroyé. |
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D'azur à la bande d'argent côtoyée de quatre cotices d'or, deux à dextre, deux à senestre potencées l'une en l'autre, le tout surmonté d'un comble d'azur chargé de trois châteaux flanqués de deux tours crénelées, sommées chacune d'un drapeau, le tout d'or, au franc-quartier des villes de seconde classe qui est à dextre d'azur à un N d'or, surmonté d'une étoile rayonnante du même. Il s'agit des armoiries de Troyes (ville de seconde classe), concédées par lettres patentes du . |
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Tiercé en fasce : au 1er, des bonnes villes, au 2e d'azur à trois châteaux flanqués de deux tours crénelées, sommées chacune d'un drapeau, le tout d'or, au 3e d'azur à la bande d'argent côtoyée de quatre cotices d'or, deux à dextre, deux à senestre, potencées de l'une à l'autre. Il s'agit des armoiries des bonne ville auquel un chef de gueules (portant trois abeilles d'or) a été octroyé par lettres patentes du . La ville de Troyes fut la seule ville de France à passer de Seconde classe à Bonne ville de l'Empire. |
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Logo actuel de Troyes : ce logotype est constitué d'un symbole qui apparait sous la forme de 3 flammes faisant écho aux « oriflammes traditionnelles des grands marchés et des fêtes médiévales de Troyes » et du lettrage du nom de la ville, le tout placé au centre d'un fond blanc. Les 3 flammes, composées de bleu et de jaune, renvoie aux armoiries des comtes de Champagne. Le lettrage, au style simple et dénué d'un quelconque empattement, se révèle de type « résolument contemporain ». |
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