Isle-Aumont
Localisation

Isle-Aumont : descriptif
- Isle-Aumont
Isle-Aumont (prononcé /il omɔ̃/) est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est
La commune, distante d'une dizaine de kilomètres du chef-lieu de l'Aube, est localisée au sein de l'agglomération « Troyes Champagne Métropole ». Des traces de présence humaine sont attestées sur le territoire communal dès la période du Paléolithique
Cette occupation territoriale s'amplifie à partir de l'ère néolithique
Ultérieurement, au cours de la période protohistorique (Âge du fer), Isle-Aumont est notamment marqué par l'élévation d'un sanctuaire de tradition celte, mais également par la fondation d'une nécropole
Le territoire communal présente, au cours de l'époque gallo-romaine, une continuité d'utilisation
Sous la période mérovingienne, le site de « La butte d'Isle-Aumont » est occupé par une abbaye associée à une vaste nécropole de fidèles désireux de se faire inhumer auprès des reliques d'un saint
Cette abbaye est ainsi l'un des premiers établissements monastiques de la Gaule
À la fin du XIe siècle, une forteresse, le château de Saint-Phal, est élevée sur le site de la butte d'Isle
Devenu le cœur politique d'une châtellenie vers le milieu du XIIe siècle, la seigneurie d'Isle-Aumont est érigé en marquisat au cours du XVIe siècle, puis, sous l'impulsion de Louis XIV, transformée en duché-pairie dans la seconde moitié du XVIIe siècle
La révolution française, vers la fin du XVIIIe siècle, marque la transformation de la paroisse d'Isle-Aumont en commune. Des travaux de fouille systématique de la butte ont été réalisés par l'archéologue Jean Scapula de 1943 à 1961
Près de 1 450 sépultures ont été mises au jour dont 849 tombes mérovingiennes
Une partie du site archéologique, les nécropoles, et l'église Saint-Pierre, placée en leur centre, ont été classés au titre de monuments historiques en 1967. La population municipale, régulièrement inférieure à 300 habitants depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'au terme des années 1960, est marquée d'une forte augmentation au début des années 1970 et atteint, en 2014, 496 habitants. Le territoire communal, qui se développe sur une superficie totale de 348 ha, se manifeste en grande partie sous la forme d'un vaste plateau délimité par les vallées de l'Hozain et de la Mogne, deux cours d'eau affluents de la Seine
Les paysages naturels d'Isle-Aumont, fortement marqués par les lits de ces deux rivières, se composent notamment d'une zone humide, de petits massifs forestiers et d'un espace de plaine. La commune champenoise, proche du chef-lieu de l'Aube, se révèle, de par son économie, son histoire et son système administratif, fortement liée à la ville de Troyes
Disposant d'un tissu économique constitué d'un total de 27 structures privées et publiques confondues, Isle-Aumont possède un secteur tertiaire dont l'importance est proportionnellement inférieure à la moyenne nationale, a contrario de la part que représente le domaine de la construction et du bâtiment
En 2010, le territoire communal est doté d'une seule exploitation agricole encore en activité.
Géographie
Localisation
Isle-Aumont est une localité de Troyes Champagne Métropole située entre les communes de Moussey et de Saint-Thibault. À vol d'oiseau, la commune est située à 10,3 km de Troyes et à 21,6 km de Bar-sur-Seine.
La commune appartient au canton de Vendeuvre-sur-Barse, entité administrative qui fait partie de l'arrondissement de Troyes, dans le département de l'Aube, en région Grand Est.
La localité d'Isle-Aumont est en outre rattachée au bassin de vie et à la zone d'emploi de Troyes, ville se trouvant être également le siège préfectoral de l'Aube.
Communes limitrophes
« À vol d'oiseau », les cinq communes les plus proches du territoire islois sont celles de Saint-Thibault, distante 1,4 km en direction du nord-est, est et sud-est ; de Moussey, située à 2,2 km, à l'ouest et nord-ouest ; de Les Bordes-Aumont, éloignée de 2,6 km en direction du sud ; de Buchères, localisée à 2,6 km en axe nord ; de Villemereuil, ville distante de 2,8 km en direction du sud-ouest ; de Verrières, distante de 3 km en axe nord-ouest ; et enfin de Saint-Léger-près-Troyes, située à 4,3 km au nord-ouest d'Isle-Aumont.
À l'exception de la commune de Troyes et de celle de Paris, la grande ville la plus proche d'Isle-Aumont hors Paris est Reims, sous-préfecture du département de la Marne et située à une distance de 116,6 km.
Géologie et topographie
La superficie de la commune est de 348 hectares ; son altitude varie entre 112 et 136 mètres.
Le territoire communal se développe essentiellement sur un plateau encadré par deux dépressions géographiques. Ces deux cuvettes topographiques sont chacune formées par la présence d'une vallée : celle de la Mogne pour l'une et celle de l'Ilozain pour l'autre. La Mogne et l'Ilozain, deux rivières qui, notamment au niveau des « Montains » et des « Allets », irriguent la région de l'Isle-Aumont, se présentent toutes deux comme des affluents de la Seine.
Le sol de cet espace de type « ondulé » est principalement constitué d'un important dépôt sédimentaire formé au début du Quaternaire. Cette strate se compose d'éléments à caractère limoneux, issus d'anciens débordements de lits mineurs, mais également de particules sablonneuses et de graviers attribués à la période du Jurassique. Les alluvions quaternaires comporteraient des silex datant du Moustérien liés à des restes fossilisés de Prosbocidæ. Ces anciens dépôts alluviaux, dont l'épaisseur atteint plusieurs mètres, recouvrent un étage stratigraphique formée au Crétacé, constitué d'un genre de tuf ou d'argile de couleur grise et qui présente une grande densité granulométrique.
Le ruissellement des eaux pluviales, phénomène propice à l'érosion des sols, a modelé et segmenté le côté oriental du plateau, créant par cet effet de nombreux promontoires. Sur l'ensemble de ces petits reliefs situés dans la partie est du territoire communal, l'église Saint-Pierre a été construite sur celui qui présente l'altitude la plus élevée.
La topographie de la localité auboise, d'un caractère globalement régulier, se développe sur un dénivelé total de 21 mètres, soit une altitude comprise entre un minimum de 118 m, point situé à l'extrémité septentrionale du territoire (au niveau de la vallée de l'Hozain), et un maximum de 139 m, point culminant localisé au sud-ouest dans les marges sud-ouest de la commune.
Hydrographie et hydrologie
La commune est traversée par l'Hozain, affluent direct de la Seine en rive gauche, et par la Mogne. La Mogne rejoint l'Hozain à l'extrémité nord de la commune, sur la limite des finages de Moussey et de Saint-Thibault. À partir de ce point de confluence des eaux, les terres d'Isle-Aumont, dont le plateau centrale est encadré par les deux rivières, se déploient selon un axe sud-ouest et un second en direction du sud-est.
Le régime de l'Hozain, principal cours d'eau qui alimente le territoire communal, est relevé au niveau de la station de Buchères/Courgerennes, structure d'observation hydrologique la plus proche d'Isle-Aumont. Le bassin versant de cette rivière, autrement dit son étendue de drainage et celles de ses affluents, se développe sur une superficie totale de 249 km2. Sur une période d'étude de 48 ans (de 1970 à 2017), le débit moyen mensuel de l'Hozain varie entre un minimum de 0,208 m3/s relevé au mois de septembre, jusqu'à un maximum de 3,180 m3/s, donnée observée au mois de février. En outre, son module hydrologique, c'est-à-dire son bilan d'écoulement moyen inter-annuel, fluctuant entre 0,850 m3/s, valeur calculée en période « quinquennale sèche », et 2,0 m3/s en période « quinquennale humide », se révèle être de l'ordre de 1,440 m3/s.
Paysages naturels
L'ensemble du territoire communal ne dispose d'aucune zone soumise à une protection environnementale. Néanmoins, les terres appartenant à la « zone humide » — espace dont l'écosystème est fortement influencé par la présence de l'eau —, autrement dit celles comprises les rives de l'Hozain et de la Mogne (ou à leurs abords) et couvrant une bonne partie méridionale d'Isle-Aumont, bénéficient du titre de zone d'intérêt général pour l'exploitation agricole et ce, en application de la loi d'orientation agraire adoptée le .
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 713 mm, avec 11,7 jours de précipitations en janvier et 7,9 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Saint-Pouange », sur la commune de Saint-Pouange à 6 km à vol d'oiseau, est de 11,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 707,5 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 42,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −21 °C, atteinte le .
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
Voies de communication et transports
Les anciens chemins et voies
Venant de Troyes, le Chemin aux Charbonniers traverse le territoire via un axe nord-sud. Selon l'ouvrage de Laurent Denajar, elle pourrait être un chemin protohistorique. Par ailleurs, des indices matériels montrent que cet itinéraire a été utilisé à l'époque gallo-romaine.
La petite commune champenoise, située sur l'un des chemins de Compostelle, a également servie de halte pour les pèlerins portant dévotion au saint chrétien Jacques de Zébédée. Le , un événement culturel, intitulé « Isle étape de pèlerinage sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle » et destiné à informer et faire connaître cette ancien itinéraire sacré traversant le territoire communal, a fait l'objet d'une ouverture d'exposition dans l'enceinte de l'église.
Voies de communication contemporaines
Au nord, la commune est située à proximité du péage de Saint-Thibault permettant de rejoindre l'autoroute française A5. Lors de la venue de Nicolas Sarkozy en 2010, l'intersyndicale a organisé sur la sortie d'autoroute une opération péage gratuit.
Depuis le , la commune est desservie par la ligne de bus « 2B » de la TCAT qui relie les communes d'Isle-Aumont et de Saint-Thibault au terminus de la ligne « 2 » au parc d'activités de Buchères. Ces deux lignes sont en correspondance et permettent de rejoindre Bréviandes et le centre ville de Troyes.
La commune est desservie par la ligne de bus no 06 « Troyes - Tonnerre » du réseau de bus Les Courriers de l'Aube.
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Toponymie
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Évolution chronologique des mentions du vicus, de la châtellenie, de la paroisse, puis de la commune :
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Insula est attesté en 754, Isle fut le nom révolutionnaire, puis Isles en 1793 et Ile-Aumont en 1801.
En 1104, un cartulaire émis par l'abbaye de Molesme mentionne, au sein d'un passage qui en est issu, le nom d'Isle-Aumont sous l'une de ses formes latines :
« Ecclesia Islensis, castrum quod Isla dicitur, molendini. »
— Robert de Molesme, Charte de l'abbaye de Molême, 1104.
À l'instar d'autres sites répertoriés en France, tels que les communes de l'Isle-Adam, située dans le département des Yvelines ; L'Isle-d'Abeau, dans l'Isère ; ou encore les villes de L'Isle-de-Noé et de L'Isle-Jourdain, dans le Gers ; la première partie du toponyme d'Isle-Aumont se révèle associée à la notion d'« île fortifiée », sa seconde partie, « Aumont », étant liée au nom du seigneur ayant acquis les terres illoises.
Selon l'archéologue Jean Scapula, à l'époque gallo-romaine, puis alte-moyenâgeuse, le nom de la localité auboise est attestée sous les termes Insula oppidum.
Le linguiste Ernest Nègre met en évidence que le toponyme de la commune trouve sa racine dans le terme insula, mot d'origine latine mentionné en 754 et se traduisant par « île ». Par ailleurs, le terme Insula, employé pour désigner la commune isloise au cours du VIIIe siècle, pourrait être relié à la topographie et l'hydrologie de son territoire, ce dernier se révélant ceint par deux cours d'eau.
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Histoire
Préhistoire
Le site des dits « les Allets », lieu-dit fouillé au cours des années 1940 et dont l'emplacement se trouve à l'extrémité du plateau d'Isle-Aumont, a fourni des restes fossilisés dont principalement des squelettes de mammouths. L'un de ces fossiles fauniques, mis en évidence parmi des roches tuffeuses et argileuses, a été identifié comme étant une défense appartenant à un individu de type elephas antiquus — une espèce éteinte proche, en termes phylogénétiques, de l'éléphant d'Asie et ayant existé à l'ère du Pléistocène —. Par ailleurs, lors de sa découverte, cette dent se révèle être la première occurrence inventoriée au sein du territoire départemental.
Des artefacts — tels qu'une hache polie fabriquée à partir de serpentine —, mis en évidence sur le site d'Isle-Aumont, révèlent que les lieux ont connu une occupation humaine sporadique remontant au paléolithique, présence qui s'est développée et intensifiée à partir de l'ère néolithique. Plusieurs structures, se présentant sous forme d'habitats et de sépultures, l'ensemble daté de la fin de la période néolithique et du début de l'âge du bronze — tournant du IIIe et du IIe millénaires av. J.-C. — et mis au jour à la carrière « Monet », indiquent une continuité d'utilisation du territoire islois.
Protohistoire
Des traces d'usage montrent qu'il y aurait eu un lieu de culte, probablement associé à Mercure, ainsi qu'un enclos celte. À cet effet, des restes fossilisés de 15 cm pour 10 cm de large, affectant la morphologie d'une tortue — la présence de cette espèce est régulièrement liée au culte de Mercure —, pourrait corroborer la destination de ce lieu de culte. Par ailleurs, signalée à proximité du temple, la présence d'un itinéraire, utilisé époque protohistorique, suggère que sa destination, ou fonction, est celle d'un édifice voué au dieu mercurien. Ce sanctuaire, dont le chercheur Jean Scapula a retrouvé plusieurs éléments architecturaux, mais également des fragments maçonnés, a fait l'objet d'un emploi depuis la période laténienne jusqu'à la l'époque antique.
D'autre part, un complexe funéraire, attribué à l'Âge du fer et qui a été mis en évidence à proximité de la Mogne, au hameau de « la Chêvre », vient confirmer la permanence d'occupation d'Isle-Aumont à cette époque.
De nombreux gisements d'artefacts, telles que des fibules fabriquées en bronze et attribuées à fin de l'époque laténienne (« la Tène récent » - Ier siècle av. J.-C.) ; mais également des fragments d'objets en terre cuite peints, pour la plupart de confection locale, assignés, pour les uns du Ier Âge du fer, et au 2e Âge du fer pour les autres, dont les motifs se composent de points et de bandelettes angulaires ; ont été mis au jour au-dessous d'un terrassement construit dans la partie la plus élevée de la butte d'Isle. L'analyse effectuée sur quelques tessons de poteries mis au jour, montre que celles-ci sont issues d'un atelier localisé au mont Lassois, un oppidum occupé dès l'époque hallstattienne (Ier Âge du fer) et distant d'environ 60 km d'Isle-Aumont en direction sud. Ces artefacts, caractéristiques du site de Vix, en Côte-d'Or, attestent, pour cette période, d'une très probable circulation de biens artisanaux entre les deux sites. Lors de leur découverte, l'ensemble de ces objets étaient incorporés dans une structure remplie d'un mélange de cailloutis et de terre riche à caractère limoneux et se présentant sous la forme de puits circulaire de 2,40 m de profondeur et dont les parois sont révélées constituées d'un assemblage de pierre. Ces structures possèdent une très probable destination funéraire.
Enfin, dégagés sur d'autres périmètres de prospection, appartenant également au lieu-dit de « la Chêvre », des pièces archéologiques, telles que des torques, des bracelets confectionnés en bronze ou encore des épées, viennent compléter l'inventaire des éléments matériels attribuables à la période protohistorique.
Selon de nombreux auteurs, tels que l'historien Henri-Paul Eydoux, la butte d'Isle-Aumont, compte tenu des éléments matériels qui y ont été découverts, mais également de son contexte topographique — le site, placé en hauteur, se révèle être en position de castramétation —, présente toutes les caractéristiques d'un centre religieux celte. À cette époque, son aire de rayonnement s'étend alors sur une zone correspondant aux actuels territoires forestiers de Chaource et d'Aumont.
Antiquité
Au début de l'Antiquité, au tournant du Ier siècle av. J.-C. et du Ier siècle apr. J.-C., Isle-Aumont fait alors partie intégrante de la civitas (l'équivalent d'un territoire ou d'une nation à l'époque gallo-romaine) des Tricasses, une zone géographique correspondant à l'actuel département de l'Aube et dont la capitale politique, refondée sous le règne de l'empereur Auguste Octave, devient alors Augustobona, autrement dit la ville Troyes sous sa forme antique. À l'époque gallo-romaine, le site dit de la butte d'Isle, manifeste d'une continuité d'usage à vocation religieuse. Un itinéraire antique, longeant le ru de la Mogne, passe à quelques dizaines de mètres du monastère. Cette voie gallo-romaine, qui traverse la quasi-totalité du territoire communal, suit, sur première partie le tracé de l'actuelle RD 444. Ce tronçon, dénommé le « chemin du Cortin-Roy » — termes éponyme du lieu-dit qu'il traverse —, se trouve prolongé par le « chemin des Charbonniers », seconde partie de l'itinéraire gallo-romain qui épouse le tracé de la RD 123.
En outre, sur un autre site, au lieu-dit de « La Grande Talle », des prospections préventives, réalisées vers le milieu des années 1980 et faisant suite à une opération de drainage, ont permis de retrouver une épingle confectionnée en bronze. Cet objet d'apparat, d'une longueur totale de 29,2 cm, est pourvue d'une tète de forme biconique d'approximativement 18 millimètres de diamètre et qui présente des motifs géométriques composés de lignes circulaires et rectilignes. Les fouilles effectuées à « la Grande Talle », ainsi qu'au « Margolin », lieu-dit également soumis à des travaux de drainage des eaux, ont aussi permis de recueillir, alors incorporé à l'intérieur de trous anciennement occupé par des poteaux, un imposant instrumentum. Ce gisement se compose d'amphores à vins de provenance italique et de type « Dressel 2-4 » ; d'autres amphores de type dit « Pompéi » et pourvue d'anses bifides (ou fendues) constituées par l'assemblage de deux colombins ; des vases affichant une forme en « S » ; des objets de vaissellerie fabriqués à partir d'une terre de couleur brune ; des pièces de monnaie gauloises, certaines des potins, d'autres des bronzes lesquelles, en raison de leurs avers sont probablement issues d'un atelier Senones ; une monnaie romaine en bronze datant du règne de Dioclétien (IIIe siècle apr. J.-C.) ; et enfin des céramiques sigillée estampillées des caractères « L. TC. ». À l'exception des monnaies et des vases en « S », datés de La Tène récente (Ier siècle av. J.-C.), l'ensemble de ses objets est attribué au Haut-Empire (Ier siècle apr. J.-C.).
Haut Moyen Âge
Ultérieurement à l'occupation de la motte d'Isle par les Gaulois, puis les Gallo-romains, un monastère chrétien a été fondé sur la tombe d'Ursion. L'édifice religieux, qui est alors placé sous le vocable de Saint-Ursion, a été bâti au cours de la période franque. En outre, mentionné dans un texte manuscrit par Grégoire de Tours (539-594), ce monument aurait été possiblement érigé sous l'impulsion d'un ermite, un ecclésiaste dénommé Aventin, qui, venu se retirer au sein des vestiges du sanctuaire gaulois, aurait constitué une communauté religieuse au début du VIe siècle apr. J.-C.. L'ermite religieux et ancien évêque de Troyes, ainsi entouré d'un convent, a probablement fait de saint Phal, jusqu'alors placé en captivité par Thierry II, le deuxième « abbas » du monastère islois. Un document hagiographique, rédigé sous la forme d'une vita, atteste et témoigne de l'existence et du parcours de l'abbé saint Phal. Des indices matériels mis en évidence au cours des investigations archéologiques menées au cours des années 1950, tel que le sarcophage no 260, viennent conforter cette hypothèse. À cet effet, le cercueil, attribué pour la fin du VIe siècle, est demeuré inviolé et, hormis la dépouille du défunt (probablement celle d'Aventin), totalement exempte d'un quelconque viatique (ou mobilier funéraire). Ce type d'inhumation est caractéristique du rite chrétien.
Cette sépulture fait partie d'un vaste complexe funéraire dont l'emploi s'échelonne du Ve jusqu'au VIIe siècle apr. J.-C.. À contrario du tombeau no 260, la plupart des autres sarcophages, de constructions plus récentes, ont livré un viatique. L'une de ces sépultures halte-moyenâgeuse, la tombe inventoriée no 590, possiblement attribuable au VIIe siècle et au sein de laquelle reposait une femme, a fourni un riche mobilier funéraire notamment composé d'une paire de boucles d'oreille confectionnées en argent ; une bague ouvragée en or laminé, sertie d'un chaton se présentant en saillie et munie d'un anneau en bronze ; mais également d'une pièce de ceinturon ventral constituée d'une plaque-boucle opposée à une « contre-plaque », le tout fabriqué à partir de fer orné de motifs en argent et damasquiné d'orichalque.
Au voisinage de ce cimetière mérovingien, plusieurs fosses circulaires, apparaissant sous forme de puits ont été également signalées. Ces genres de silos ont été retrouvés, lors de leur mise au jour, remplis d'artefacts provenant des sépultures mérovingiennes, telles des plaques à décors damasquinés, ou encore des tessons de vase confectionnés en verre. Ces puits, attribués aux environs du Xe siècle, pourraient indiquer une continuité d'usage de l'éminence topographique d'Isle à l'époque carolingienne. À ces structures mortuaires, est associée une sorte de « crypte » et dont l'emplacement se situe sur flanc sud-est de la butte. Cette construction souterraine, aménagée grâce à une technique de terrassement et maçonnée au moyen de tuf, de gravier et de terre, a délivré des céramiques de couleur blanche à bandelettes rouges, des clous à ferrer datant du Xe siècle, ainsi que des restes humains attribués, quant à eux, à l'époque mérovingienne. Néanmoins, au sein de cette cavité, aucun indice attestant la présence de tombeaux, que soit sous forme complète ou fragmentée, n'ont été recueillis.
Postérieurement, au cours du IXe siècle, le monastère haut-moyenâgeux, dont l'emplacement correspond à l'endroit précis où avait été élevé l'ancien temple celte, a fait l'objet d'une destruction par incendie lors des invasions vikings. Ces derniers recyclèrent le lieu de culte, ainsi que la butte sur laquelle il avait été auparavant bâti, en forge.
Moyen Âge et Moyen Âge tardif
En 1097, par une donation d'Hugues Ier de Champagne, Robert de Molesme fonde à Isle-Aumont un prieuré bénédictin avant de faire construire, l'année suivante à Cîteaux, l'ordre cistercien, branche réformée du monachisme bénédictin. Le lieu de culte islois, étroitement associé à l'ancien monastère mérovingien, est alors construit sur le même site que la forteresse de Saint-Phal.
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, le site d'Isle, pourvu de cette résidence seigneuriale, devient alors, à l'instar du fief de Payns, le centre politique d'une châtellenie champenoise et le cœur administratif d'une prévôté.
Vers le début du XIIIe siècle, en 1224, alors que la paroisse d'Isle relève de la seigneurie de Macheret, un second monastère, le lieu de culte des grandsmonlains, communauté religieuse également connu sous le nom de « Les Bons Hommes », est dès lors édifié au sein des terres isloises. À l'instar de Bar-sur-Aube, les privilèges dits « communaux » de la localité isloise, qui avaient été antérieurement annulés quelques années auparavant, se voient restaurés en 1235 par application d'une charte provenant du comte de Champagne Thibaut IV.
Sous Blanche de Navarre, régente et mère de Thibaut IV le Chansonnier, comte de Champagne et roi de Navarre, la butte devient un point de passage pour les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, comme en témoigne encore la coquille Saint-Jacques sculptée sur le mur méridional du chœur du XIIe siècle.
Aumont était de toutes les juridictions de Troyes. La justice était plus anciennement une simple châtellenie dont relevait le château du Comte Hugues de Champagne ; ce fut depuis un bailliage ducal dont relevaient 72 villages et hameaux.
Les seigneuries, châtellenies ou prévôtés d'Isles, Chaource, Villemaur, Maraye, Payns, ont constitué dans le comté de Troyes un puissant ensemble féodal, possédé par le comte de Champagne, et souvent désigné par le nom générique de « Seigneurie d'Isles ». Cette seigneurie passe à la Couronne quand la comtesse de Champagne Jeanne épouse Philippe IV le Bel. Au début du XIVe siècle, en 1308, le 11e monarque capétien, afin d'appuyer sa lutte contre les templiers, dont la présence se révèle encore manifeste en Champagne, fait réunir à Tours les seigneurs d'Isle-Aumont, de Chaource, de Saint-Phal et d'Ervy-le-Châtel. Jacques Garlande, alors responsable de la prévôté isloise, répond à l'appel de Philippe le Bel par une lettre assignée du 29 avril.
En 1328, alors que la lignée des Capétiens directs viennent de s'éteindre en la personne de Charles IV le Bel, un traité, obtenu sous la forme d'une « assiette de rente », passé entre le duc Eudes IV de Bourgogne et le premier roi de la nouvelle dynastie de Valois, Philippe VI, donne la « seigneurie d'Isles » à Jeanne de France — la femme d'Eudes, fille du roi Philippe V le Long et donc petite-fille de Philippe IV et de la comtesse Jeanne de Champagne-Navarre —, en guise de dot et pour abandon de ses droits à la Champagne.
Vers le milieu du XIVe siècle, le , le duc de Bourgogne Eudes, lors d'un important voyage ayant pour objectif d'effectuer des visites à caractère politique, fait escale à Isle-Aumont.
Désormais, les ducs de Bourgogne vont disposer d'un puissant moyen d'action en Champagne, renforcé plus tard par la possession du comté de Bar-sur-Seine en 1435 lors du traité d'Arras, par l'achat de Jaucourt en 1367 à Jeanne de Jaucourt héritière de cette seigneurie, par la possession de Beaufort en 1382-1404, et par les spoliations ou achats contraints effectués pendant la guerre de Cent Ans au profit des fidèles du duc alliés aux Anglais – donc aux dépens des partisans des rois Valois – tels que le chancelier Rolin, vidame de Châlons, seigneur de Gyé et Ricey-le-Bas. La Seigneurie d'Isles passe au fils de Jeanne et Eudes, Philippe Monsieur, puis à son propre fils, le duc Philippe Ier de Rouvre(s), et elle est donnée en douaire à sa femme la duchesse de Bourgogne Marguerite de Flandre-Dampierre, deux fois duchesse de Bourgogne par ses mariages avec Philippe de Rouvre et Philippe le Hardi. À la mort du jeune Philippe de Rouvres en 1361 la première dynastie capétienne des ducs de Bourgogne s'éteint et le duché fait retour à la Couronne : sa veuve Marguerite de Flandre, alors âgée de 11 ans, ne peut conserver la Seigneurie, dont hérite alors une autre Marguerite : Marguerite de France, sœur de Jeanne de France, grand-tante et héritière de Philippe de Rouvre, et grand-mère... de Marguerite de Flandre. À la mort de Marguerite de France en 1382, la Seigneurie est héritée par sa petite-fille Marguerite de Flandre (qui donc possède la Seigneurie une deuxième fois, mais maintenant en propre, non en douaire), et à son deuxième mari le duc Philippe le Hardi, dernier fils de Jean le Bon, épousé en 1369. Ce deuxième Philippe est le premier des ducs Valois de Bourgogne. L'année 1390 marque un tournant, puisque le duc de Bourgogne, après avoir obtenu notamment l'Artois, la Flandre, le Rethel, le Charollais en apanage, acquiert le fief islois. La Seigneurie d'Isles va se transmettre aux descendants de Marguerite et Philippe issus de leur fils cadet Philippe de Nevers : les comtes ou ducs de Nevers et de Rethel des Maisons de Bourgogne-Valois, d'Albret d'Orval, de Clèves et de Gonzague (voir les articles Jean, Jean et François pour le schéma généalogique).
Époque moderne
Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le statut d'Isle est transformé en marquisat par Henri II pour Jacques de Clèves duc de Nevers, comte de Beaufort et sire de Jaucourt, fils du duc François. Les quatre châtellenies d'Isle, dont le comte de Beaufort est alors propriétaire (Isles — Villemaur, Maraye et Chaource —), reviennent à sa sœur Marie princesse de Condé et première épouse du prince Henri Ier. Dans les années 1590, ces biens domaniaux sont successivement acquis par Gabrielle d'Estrées (favorite d'Henri IV), puis passent à une autre sœur du duc Jacques, Henriette de Clèves, duchesse de Nevers, princesse de Mantoue, veuve de Ludovic de Gonzague, duc de Nevers et gouverneur de Champagne. Elle aliéna la terre de Chaource au profit de Charles de Choiseul, marquis de Praslin, par contrat du , et la terre de Villemaur à Jacques de Villemaur. Après la mort d'Henriette, son fils Charles Ier de Gonzague, duc de Nevers et Rethelois, fut marquis d'Isles et seigneur de Maraye en 1628, et vendit cette dernière terre à M. de Bullion, surintendant des finances, avec la réserve de la mouvance à Isles.
Le duc de Nevers laissa, par son testament, la terre d'Isles à sa fille la princesse Louise-Marie de Gonzague, mariée au roi de Pologne Ladislas IV Vasa. Ultérieurement, le marquisat retourna à Charles II de Gonzague, petit-fils de Charles Ier, aussi duc de Nevers ; mais ce seigneur passa bientôt au duché de Mantoue, et « vendit Isles » à Antoine d'Aumont de Rochebaron, par contrat du ; celui-ci fut maréchal de France en 1651, gouverneur de Paris en 1662. Le roi Louis XIV, pour le récompenser de ses services, érigea son marquisat d'Isles en duché-pairie, par lettres-patentes de , sous le nom de duché d'Aumont, dont Isles devint le chef-lieu et prit le nom, qu'il porte encore aujourd'hui : ainsi, la réunion de ces deux termes donna « Isle-Aumont ».
En mars 1789, pendant que se tiennent les États généraux, la commune, dont les habitants et leurs représentants viennent d'émettre leurs cahiers de doléances, est alors rattachée à l'intendance, à l'élection et à la généralité de Châlons. L'année suivante, en application du décret voté par l'Assemblée constituante et daté du , le statut de la localité auboise est élevé au rang de chef-lieu d'un bailliage — équivalent d'un canton pour cette époque — relevant du district de Troyes.
Époque contemporaine
XIXe siècle
Les premières années du XIXe siècle (l'an IX du calendrier républicain) sont marquées par la suppression du canton, créé une décennie auparavant, et ayant jusqu'alors pour chef-lieu la commune isloise.
Au cours de l'année 1814, alors que l'empereur mène la campagne de France, expédition militaire ayant pour objectifs de reconquérir son trône et d'enrayer l'invasion du territoire français, la localité isloise est marquée par des affrontements opposant les troupes de la 6e coalition — dont celles du Liechtenstein — avec deux unités napoléoniennes (la « division Michel » et les « dragons de Briche »).
En 1829, en application de loi promulguée le sous le règne de Napoléon 1er, le territoire d'Isle-Aumont fait l'objet d'un plan de remaniement cadastral, réalisé par technique d'arpentage et visant à établir une nouvelle imposition foncière pour sa population.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, alors que le domaine de l'archéologie commence à prendre son essor sous l'impulsion de Napoléon III, les toutes premières investigations sont entreprises sur la « butte d'Isle ». Postérieurement à leurs découvertes, la plupart des objets issus des nécropoles protohistorique, antique et mérovingienne, sont acheminés, puis étudiés, et enfin conservés au musée des beaux-arts et de l'archéologie de Saint-Loup, à Troyes.
XXe siècle : le temps des guerres, des fouilles et des découvertes
La Guerre mondiale de 14-18 a causé la mort de 9 soldats engagés natifs d'Isle-Aumont. Le second conflit mondial de 39-45 a fait, quant à lui, 2 victimes parmi la population masculine de la commune.
Sur l'ancienne motte féodale, connue sous le nom de « la butte d'Isle », l'archéologue Jean Scapula (1911-1991) a mis au jour des nécropoles mérovingiennes et carolingiennes. Cet archéologue a prospecté, dégagé et mis en évidence plus de 5 000 ans d'histoire sur une période d'environ 50 ans. L'ensemble du matériel archéologique mis au jour est composé d'environ 1 450 sépultures dont 860 d'époque mérovingienne et 589 d'époque carolingienne ; plus de 600 sarcophages confectionnés à partir de pierre ou de bois ; mais également les restes de 4 000 individus et approximativement un millier de pièces de fouilles ont été découverts. En raison de son étendue et de la richesse des éléments archéologiques recueillis, la seule nécropole mérovingienne d'Isle-Aumont, probablement mise en place dans la seconde moitié du VIe siècle, constitue, selon le médiéviste Jean Heuclin, le complexe funéraire le plus imposant répertorié sur le territoire champenois. Enfin, le rapport d'activités de l'Inrap publié en 2016 montre que la localité auboise appartient à un groupe de 2 026 communes françaises ayant fait l'objet, pour l'exercice 2015, de prospections archéologiques préventives par cet établissement administratif de recherche.
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Héraldique
| Blason | D'argent au chevron de gueules accompagné de sept merlettes du même, quatre en chef, 2 et 2, et trois en pointe mal ordonnées. |
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| Détails | Armes de la maison d'Aumont. Le statut officiel du blason reste à déterminer. |
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Isle-Aumont dans la littérature
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