Truyes

Localisation

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Truyes : descriptif

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Truyes

Truyes (prononcé /tʁɥi/) est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire. Depuis le Paléolithique, les preuves d'une présence humaine sur le site de Truyes sont nombreuses, à toutes les époques

Une église y est fondée dès le Haut Moyen Âge et, au IXe siècle, Truyes est une villa carolingienne rattachée à la viguerie d'Esvres

Il est possible que la paroisse de Cormery se soit constituée, vers cette époque, en partie aux dépens de celle de Truyes à laquelle des territoires et les droits rattachés sont soustraits

C'est l'essor de l'industrie papetière, lié au développement de l'imprimerie au XVIe siècle, qui marque un tournant décisif dans l'histoire de la paroisse

Une usine à papier mue par un moulin sur la Truyes s'installe au sud du bourg ; elle se spécialise dans la cartonnerie au XIXe siècle sous l'impulsion de la famille Oudin et, au XXIe siècle, elle est le plus important employeur de la commune

Truyes bénéficie par ailleurs, au XVIIIe siècle, de la percée d'une route à grande circulation de Tours à Châteauroux puis, à partir des années 1960, du développement économique de la capitale tourangelle ; sa population s'accroît régulièrement depuis les Trente Glorieuses pour atteindre 2 430 habitants en 2022 et le nombre de ses résidences principales a triplé depuis 1970. Outre la présence de l'Indre qui limite au sud le territoire communal et dont une crue en 1770 eut des conséquences dramatiques pour la paroisse, le réseau hydrographique communal se singularise par la présence d'un petit cours d'eau affluent du précédent, la Truyes, issu au centre du bourg d'une exsurgence karstique

La vocation agricole de Truyes, développée au Moyen Âge avec le défrichement des forêts qui occupaient une partie du plateau, est moins affirmée à partir du XIXe siècle et le boisement progresse à nouveau, de même que l'emprise de pelouses calcaires qui constituent une part du patrimoine naturel remarquable de la commune

Le territoire troïcien est d'ailleurs concerné par un site de réseau Natura 2000 et deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique

L'église dédiée à saint Martin et dont le clocher est classé au titre des monuments historiques, une chapelle du XIIe siècle elle aussi protégée, ainsi que le château du début du XXe siècle et un manoir du XVe siècle constituent les éléments les plus notables du patrimoine bâti communal.

Géographie

Localisation et communes limitrophes

La commune de Truyes se trouve dans la partie sud-est de l'Indre-et-Loire, sur le plateau de la Champeigne tourangelle (entre l'Indre et le Cher). Elle est riveraine de l'Indre sur sa rive droite. Elle se trouve à 18,3 km au sud-est de Tours. Elle se situe à l'extrême est du canton de Monts et 17 km la séparent de cette ville. Les distances sont exprimées « à vol d'oiseau », de chef-lieu communal à chef-lieu communal. Truyes est rattachée à l'aire urbaine et au bassin d'emploi de Tours, mais à l'unité urbaine et au bassin de vie d'Esvres, commune limitrophe.

Communes limitrophes de Truyes
Azay-sur-Cher Athée-sur-Cher
Esvres Truyes
Cormery Courçay

Géologie et relief

La commune de Truyes se situe dans la partie sud du Bassin parisien, au sens géologique du terme. Son sous-sol est composé d'une succession de strates sédimentaires crétacées, de nature calcaire plus ou moins argileuse et d'une épaisseur totale peut-être supérieure à 100 m, mais aucune d'entre elles n'affleure sur le territoire de la commune. La formation très largement dominante est celle du calcaire lacustre de Touraine (e7), caractéristique de la Champeigne tourangelle ; il occupe la presque totalité du plateau de la rive droite de l'Indre. Il est fréquemment meuliérisé, ce qui confère à ce type de sol un pouvoir drainant important sauf là où le calcaire se dégrade en argile. Dans la pointe nord de la commune, le calcaire est masqué par une pellicule de sables et de graviers (m3-p) déposés à la fin de l'Helvétien. Plus près de l'Indre se rencontrent des placages de limon des plateaux (LP), de sables argileux et de graviers grossiers (Rm-3p) de la fin du Tertiaire et de sables éoliens du Quaternaire (N) qui améliorent les propriétés agronomiques des sols. Le calcaire lacustre est profondément entaillé par l'Indre qui n'a toutefois pas atteint le plancher de cette strate, déposant une série d'alluvions anciennes (Fw-x) puis de plus en plus récentes (Fy-z) au fur et à mesure que la rivière s'est enfoncée dans le substrat, tout en réduisant la largeur de sa vallée.

Le territoire communal de Truyes affecte sensiblement la forme d'un rectangle limité du sud-sud-est à l'ouest-sud-ouest par l'Indre. Au nord, le territoire s'imbrique dans celui d'Athée-sur-Cher. La superficie communale de Truyes (1 639 ha) se situe un peu au-dessus de la moyenne de celles des communes françaises, établie à 1 488 ha en 2016.

L'altitude du plateau varie de 85 m sur le rebord de la vallée de l'Indre et jusqu'à 99 m à l'extrême nord du territoire ; le centre du territoire est marqué par quelques légères dépressions (5 à 10 m au-dessous du niveau du plateau avoisinant). Au-delà de la rupture brutale de la pente (près de 30 m de dénivelé), la vallée de l'Indre s'établit à un peu plus de 58 m vers l'est à 57 m vers l'ouest alors que, à l'extrême sud-est, le vallon sec de Bordebure est lui aussi très encaissé.

Hydrographie

La commune est traversée par l'Indre (2,242 km) qui souligne au sud la limite avec sa voisine Cormery. Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de 8,25 km, comprend en outre quatre petits cours d'eau. Le plateau, au nord, n'est parcouru par aucun ruisseau. Les eaux pluviales s'infiltrent dans le sol au travers des cavités karstiques et elles forment des exsurgences au pied du coteau ; c'est ainsi que se forme la Truyes, petit ruisseau de 500 m de long qui naît au niveau du bourg et se jette dans l'Indre. Son débit varie de 50 à 250 m3/h. Venant de Courçay à l'est, le vallon de Bordebure est parcouru par un ruisseau temporaire qui prend naissance à l'ouest de Courçay et qui rejoint l'Indre en amont du chef-lieu communal.

L'Indre dessine des méandres successifs et s'anastomose en plusieurs bras. C'est entre deux de ces bras qu'est construit le faubourg de Truyes, sur des alluvions déposées dans le lit majeur de la rivière. Pour cette raison, le faubourg, qui est traversé jusqu'au XIXe siècle par le pont franchissant l'Indre est parfois appelé « île des ponts ».

En 2019, la commune est membre de la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre qui est elle-même adhérente au syndicat d'aménagement de la vallée de l'Indre. Créé par arrêté préfectoral du à la suite des crues historiques de décembre 1982 et janvier 1983, ce syndicat a pour vocation d'une part l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau par des actions de restauration de zones humides et des cours d'eau, et d'autre part de participer à la lutte contre les inondations par des opérations de sensibilisation de la population ou de restauration et d'entretien sur le lit mineur, et sur les fossés situés dans le lit majeur de l'Indre appelés localement « boires », et de l'ensemble des cours d'eau du bassin versant de l'Indre.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation (1 850 h/an) et un été peu pluvieux.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 700 mm, avec 10,4 jours de précipitations en janvier et 6,8 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Reignac », sur la commune de Reignac-sur-Indre à 7 km à vol d'oiseau, est de 12,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 668,5 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.

Milieux naturels et biodiversité

Le plateau de la Champeigne reste relativement boisé — ce type de végétation recouvre 27,7 % du territoire communal en 1987 —. Ces bois étaient à l'origine localisés sur les parties les plus hautes du plateau, là où les sols sont moins riches en l'absence de dépôts limoneux. La progression des bois et taillis est en partie due à l'abandon de l'agriculture dans certains secteurs (vallon de Bordebure) et à la présence des parcs des manoirs ou châteaux. D'anciennes carrières sont peu à peu recolonisées par une flore calcicole.

Deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) sont présentes sur le territoire de Truyes. Au sud-ouest et englobant la vallée de l'Indre, la ZNIEFF continentale de type I des « prairies et coteaux de l'Indre au moulin de Vontes » se développe en majorité sur les communes d'Esvres mais également sur celles de Cormery et Truyes. Elle est remarquable par la diversité de ses habitats, prairies à flore des lieux humides comme le Pigamon jaune (Thalictrum flavum), grottes à chiropères comme le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), pelouses sèches à orchidées comme la Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum). La pointe de l'éperon de Gâte-Acier et une partie du versant sud du coteau de l'Indre constituent la ZNIEFF continentale de type I des « pelouses et bois de la pointe de Farce », remarquable par sa flore comportant plusieurs espèces d'orchidées sauvages, dont Cephalanthera longifolia, espèce protégée et rare dans la région ; ce site est potentiellement menacé par des déboisements ou d'autres opérations liées à la sylviculture ou l'agriculture.

Dans le cadre de la loi du 2 mai 1930, le site inscrit de « l'Indre aux ponts de Cormery » concerne une partie du territoire de Truyes, en bordure de l'Indre, dont le faubourg. Son principal intérêt paysager réside dans la cohabitation des maisons du faubourg et des îles à la végétation arborée sur l'Indre.


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Toponymie

Onomastique partielle du toponyme Truyes :


  • In villa Troicis farinarios tres : décembre 844, cartulaire de Cormery, charte no 15 ;
  • Farinarium cum uno arpenno de terra, quod est subter Troillum villam, non longe juxta ripam Agneris : 1026, cartulaire de Cormery, charte no 34 ;
  • Trius, Trois : 1180, cartulaire de Cormery, charte no 68 ;
  • Natalis de Truis, parrochianus de Truis juxta Cormeriacum : 1247, Archives nationales - JJ 274, Querimoniae Turonum, no 232 ;
  • Le fié de Truys, alias Troys : 1357-1363, cartulaire de l'archevêché de Tours, charte no 184 ;
  • Truys : février 1415, Archives nationales - JJ 168, no 88, folio 68 ;
  • Truis : 1764, carte de Cassini ;
  • Truyes : 1802, cadastre napoléonien.

Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing, Truyes dériverait de l'anthroponyme Trogius, nom de personne d'origine gallo-romaine, évoluant en Trogia(m) villa (domaine rural de Trogius). Une autre origine toponymique au nom de la commune peut être trouvée dans le gaulois traugo- et le suffixe -ia donnant *Traugia (« trou ») — la même origine est évoquée pour Troo, dans le Loir-et-Cher —, en référence aux anciennes carrières de calcaire lacustre. Peu à peu, à partir du XVIIIe siècle, la graphie Truyes (avec -y-), probablement jugée plus flatteuse, s'impose sur « Truies » ou « Truis ».

Le nom de « Bordebure » est systématiquement lié à d'anciennes zones d'extraction ou de traitement du minerai de fer et fréquemment associé à la proximité d'un itinéraire ancien. Les terres de la « pointe de Gâte-Acier» doivent leur nom à ce que, difficiles à travailler, elles « gâtaient » (usaient) les outils ; la proximité géographique avec Bordebure pourrait toutefois indiquer une référence toponymique à la métallurgie ancienne. Les « Sables de Saint-Blaise » sont le nom d'un lieu-dit dont le sol est particulièrement sableux. Géographiquement toutes proches, les « Vignes de Saint-Blaise » rappellent que la culture de la vigne fut développée à Truyes par le passé. La « Boissière » évoque plus probablement un lieu anciennement planté de buis (Buxus), plutôt que de bois au sens générique. Les « Terrages » sont la transposition toponymique d'un nom commun désignant une redevance seigneuriale sur les produits de la terre ou le domaine sur lequel elle est prélevée. « Charentais » est en général un toponyme formé à partir de l'anthroponyme gaulois Carentacus et du suffixe -iacum. La première partie du toponyme « Vaugodet » est une référence à l'emplacement du lieu, dans un val.


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Histoire

Préhistoire et Protohistoire

Le patrimoine préhistorique de Truyes est très riche. Le Paléolithique est représenté par du matériel retrouvé en surface en plusieurs points du territoire, sur le plateau, et daté de l'Acheuléen et du Moustérien.

Les outils néolithiques en pierre polie sont également nombreux. Une hache pendeloque (percée d'un trou et mesurant 4 cm dans sa plus grande dimension) en fibrolite de la culture Seine-Oise-Marne est retrouvée à 500 m de là, à Bordebure ; ce type de parure se rencontre souvent dans des sépultures collectives, ce qui n'est pas le cas à Truyes. Une douzaine de haches polies sont retrouvées sur le territoire de Truyes, notamment au niveau de Gâte-Acier, un éperon entre le vallon de Bordebure et la vallée de l'Indre. Ces haches ne sont pas fabriquées sur place ; leurs matériaux et leurs caractéristiques indiquent qu'elles sont « importées », pour la plupart de l'ouest de la France.

Sur le plateau, le vaste site des « Vignes de Saint-Blaise », qui a fait l'objet d'un diagnostic archéologique avant une opération d'urbanisation, montre une occupation continue du Néolithique jusqu'au Moyen Âge. La période préhistorique est représentée par deux outils (scie et fragment de poignard provenant des ateliers du Grand-Pressigny) associés à des fragments de céramique, l'ensemble étant datable du Néolithique moyen mais surtout final.

Des « forges », sans indication de localisation ou de datation précise, sont mentionnées en 1923 et une enceinte, peut-être laténienne, est identifiée par prospection aérienne en 1989. Aux « Vignes de Saint-Blaise » et à proximité, l'occupation se poursuit pendant La Tène finale ; en témoignent les trous de poteaux probablement liés à un grenier aérien et les tessons de poterie.

Antiquité

Les vestiges antiques retrouvés à Truyes sont épars et parcellaires et souvent localisés de manière imprécise ; ils ne permettent pas de préciser la nature et la densité de l'occupation du territoire, pour autant certaine à cette période, peut-être sous la forme d'une agglomération secondaire.

En 1909, vingt-cinq monnaies aux effigies de plusieurs empereurs romains de Gordien III à Dioclétien sont découvertes au nord-est du bourg près de la ferme des Chaumes, mais ces monnaies ont probablement circulé bien après la fin de l'Empire romain. Des auteurs signalent, au XIXe siècle, l'existence possible d'une villa alimentée par un aqueduc venant de Courçay ; l'information est reprise ultérieurement, sans plus de précision et une villa, repérée par prospection aérienne, est signalée en 1978 au nord-est du territoire. Peut-être s'agit-il du même édifice.

Dans le prolongement géographique du vicus d'Evena (Esvres), un fossé, semble-t-il lié à un établissement agricole et renfermant un important matériel céramique, est identifié, toujours dans le secteur des « Vignes de Saint-Blaise ».

Plusieurs voies antiques, voire gauloises, semblent converger à Truyes où la traversée de l'Indre s'effectue au niveau de Cormery sur un gué ou un pont. L'une d'elles relie Caesarodunum (Tours) à Argentomagus (Saint-Marcel, dans l'Indre). Elle longe l'Indre sur sa rive droite et passe à Evena ; son tracé au niveau de Truyes est recouvert par l'actuelle rue de Veaugodet. Connue sous le nom de « chemin de Varidaine », son origine est peut-être antérieure à l'époque antique. Une autre, venant de Bléré, passe par le plateau.

Moyen Âge

Le site des Grandes Maisons, dans l'emprise de l'autoroute A 85, fait l'objet d'une importante occupation dès le VIe siècle avec des structures pérennes matérialisées par des trous de poteaux. À cette époque, la vigne est déjà cultivée sur ce site ou à proximité. À la fin du VIIe siècle ou un peu plus tard, cette occupation domestique est remplacée par un espace funéraire, abandonné lorsque le couvert forestier se développe à la fin du premier millénaire.

La construction d'une première église, dédiée à saint Martin, à Truyes remonte au Haut Moyen Âge, sans plus de précision possible, puisqu'une charte de Cormery de 860 mentionne cette église comme « construite de longue date par ses prédécesseurs », c'est-à-dire ceux de l'évêque de Tours Hérard, alors responsable du diocèse ; l'église est dotée de nombreux biens prélevés sur les domaines avoisinants. Certains de ces biens sont distants jusqu'à 15 km de part et d'autre de Truyes le long de l'Indre. Jacques Maurice attribue la fondation de cette église à Euphrône de Tours dans la première moitié du VIe siècle. Il est possible que la paroisse de Truyes, à cette époque, englobe une partie ce que constituera plus tard celle de Cormery et dont elle se défera alors. Il est attesté qu'à l'époque carolingienne Esvres est le chef-lieu d'une viguerie ; Truyes est alors l'une des six villas qui la composent mais elle n'est citée en tant que telle qu'au XIe siècle.

L'existence d'un moulin à eau est attestée à Truyes avant l'an 1200. En 1358, une bande de pillards opérant en marge des troupes anglaises engagées dans la Guerre de Cent Ans dévaste Truyes après s'être emparée de l'abbaye de Cormery puis installée à Véretz.

Temps modernes

Peut-être dès le début du XVIe siècle, des secteurs auparavant en culture, comme en témoignent des vestiges de terrasses aménagées et de constructions, sont abandonnés ; taillis et bois prennent peu à peu leur place. Cette évolution, manifeste dans le vallon de Bordebure et la pointe de Gâte-Acier, dure jusqu'au XVIIIe siècle ; elle est probablement due à la médiocrité de ces sols par rapport aux terres du plateau de la Champeigne, où la forêt de Bréchenay est progressivement défrichée.

Au début du XVIe siècle, avec l'essor de l'imprimerie en Touraine, la demande de papier va croissant. Des moulins préparant la pâte à papier sont installés sur le cours de l'Indre ou de ses affluents, L'un d'eux fonctionne sur la Truyes ; il est recensé en 1776 dans un inventaire réalisé à la demande de Turgot mais il remonte probablement au XVIe siècle ; il faut trouver là l'origine de l'industrie papetière de Truyes qui, sous des formes diverses, se poursuit jusqu'à l'époque contemporaine dans la même entreprise.

En 1766, la route royale du Berry de Tours à Châteauroux est ouverte dans le secteur de Truyes. Venant de Tours, elle arrive à Saint-Blaise, s'engage dans le faubourg avant de traverser l'Indre. Quatre ans plus tard, Truyes connaît la plus grave catastrophe naturelle de son histoire. Plus de trente heures de pluie continue sur le bassin versant de l'Indrois, qui se jette dans l'Indre à une quinzaine de kilomètres en amont de Truyes, provoquent une montée importante et brutale des eaux. La crue noie trente-huit personnes dans le faubourg de Truyes, surprises dans leur sommeil ; certains corps ne sont repêchés que plusieurs mois plus tard à Artannes-sur-Indre, plus de 20 km en aval, et une vingtaine d'autres n'ont jamais été retrouvés. Si les pertes humaines sont importantes, les dégâts matériels le sont aussi ; le faubourg, où la crue atteint une hauteur de 5 à 6 m selon les témoignages, est dévasté, 25 maisons détruites et le tablier du pont emporté.

Époque contemporaine

Les cahiers de doléance rédigés par le Tiers État à l'occasion des états généraux de 1789 pour Truyes s'élèvent contre les dépenses engagées pour l'Église, d'autant plus que la paroisse vient de rénover son presbytère à grands frais. La Grande Peur qui sévit en France pendant l'été 1789 se traduit à Truyes, et d'autres communes des environs, par l'annonce de pillages de récoltes dont l'importance est amplifiée au fur et à mesure que l'information est relayée. Il s'agit en faits de rumeurs qui prennent corps à Loches et un voyageur atteste que rien de semblable ne se produit à Truyes. La Révolution française provoque une désorganisation des réseaux d'approvisionnement en matières premières qui porte préjudice aux manufactures locales. Il faut ainsi recourir à la réquisition des vieux chiffons pour que la papeterie de Truyes puisse continuer à fonctionner. Bien qu'il ait prêté serment à la constitution civile du clergé en 1791, le curé de Truyes est privé de son ministère deux ans plus tard ; contraint de changer d'activité, il change aussi de vie, se marie et devient agriculteur. La chapelle Saint-Blaise, un prieuré, une ferme et deux métairies sont vendus comme biens nationaux.

Quelques mois avant le concordat de 1801, le maire de Cormery évoque de manière unilatérale un projet de rattachement de Truyes et de certains quartiers d'Esvres à sa commune ; aucune suite n'est donnée. En 1824, la révision du système électoral qui accompagne l'avènement de Charles X a de lourdes conséquence pour Truyes : seul le maire remplit les conditions requises pour être électeur. Vers 1830, Truyes ne dispose pas d'école et c'est à l'instituteur de Cormery que les parents versent une rétribution. En 1851 et 1852, les Troïciens s'engagent résolument derrière Napoléon III comme en témoignent les résultats des plébiscites, confiance renouvelée en 1870, à la veille de la guerre franco-prussienne. Pendant ce conflit, un petit hôpital militaire permettant d'accueillir six blessé est aménagé dans l'ancien presbytère.

La Première Guerre mondiale coûte le vie à 27 soldats originaires de Truyes et la guerre de 1939-1945 fait 4 victimes. La cartonnerie Oudin est grosse consommatrice de gaz domestique et son raccordement au réseau de distribution de Gaz de France est l'occasion de desservir également une grande partie des habitations de Truyes. Pendant la Première Guerre mondiale, elle n'emploie que du personnel féminin et travaille exclusivement pour l'armée. En plein essor, sa production de 5 tonnes de carton par jour vers 1820 passe à 100 tonnes par jour à la fin des années 1990. À partir des années 1960, le développement économique de l'agglomération tourangelle est important ; de nombreux emplois s'y créent et Truyes, en dehors de la ceinture verte de l'agglomération, est bien positionnée pour accueillir cette population résidentielle.

Début 2018, les maires de Cormery et Truyes évoquent la nécessité d'une collaboration plus étroite entre les deux communes, qui pourrait prendre la forme d'une fusion ; à cette date, le projet est encore au stade des déclarations d'intention.


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