Luzillé

Localisation

Carte du monde

Luzillé : descriptif

Informations de Wikipedia (v2.1 – 09/08/2025 17:31:01)
Luzillé

Luzillé (prononcé [lyzije] ) est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire. L'occupation humaine et durable de Luzillé est certaine dès le Néolithique : un polissoir fixe en témoigne

Au VIe siècle, selon Grégoire de Tours, c'est une église qui est construite à Luzillé et au Moyen Âge la paroisse, dont l'orthographe du nom est déjà fixée, est sous l'influence de l'archevêque de Tours, du chapitre de sa cathédrale mais aussi d'une abbaye bénédictine

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Luzillé se trouve proche de la ligne de démarcation et deux sites de son territoire servent de terrain de parachutage et d'atterrissage au bénéfice de maquis de la région ; toutefois, les troupes allemandes ne stationnent pas dans la commune et aucun combat ne s'y déroule. À partir de 1890, la population de Luzillé baisse de manière importante et régulière, mais la tendance s'inverse dans les années 1980 ; la commune devient un lieu de résidence attractif et en 2022, Luzillé compte 983 habitants

L'activité économique de la commune est dominée par le secteur du commerce et des services (41 % des établissements en 2015) mais l'agriculture, bien que son importance diminue, concerne toujours près du tiers des établissements

Les entreprises de Luzillé sont des PME n'ayant jamais plus de 19 salariés. Le polissoir de la Pierre Saint-Martin, classé monument historique, est l'élément majeur du patrimoine luzillois, en raison de sa valeur archéologique et des traditions liées à saint Martin qu'il véhicule

Le patrimoine naturel de Luzillé est important et diversifié puisque qu'un site du réseau Natura 2000 et une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique occupent une partie du territoire et que les abords d'un étang constituent un site classé.

Géographie

Localisation et communes limitrophes

À la limite de la Champeigne tourangelle au sud-ouest, des Vallées et coteaux viticoles du Cher au nord-est et de la Gâtine de Loches au sud-est, Luzillé est rattachée au canton de Bléré, bureau centralisateur qui se trouve à 9 km au nord-ouest. Les communes limitrophes de Luzillé sont Sublaines, Bléré, Civray-de-Touraine, Francueil, Épeigné-les-Bois, Céré-la-Ronde, Le Liège — les limites de ces trois dernières communes et de Luzillé forment un quadripoint —, Genillé et Saint-Quentin-sur-Indrois. La commune fait partie de l'aire urbaine, du bassin d'emploi et du bassin de vie de Tours.

Communes limitrophes de Luzillé
Bléré Civray-de-Touraine Francueil
Sublaines Luzillé Épeigné-les-Bois
Saint-Quentin-sur-Indrois Genillé Céré-la-Ronde / Le Liège

Géologie et relief

Dans cette partie sud du Bassin parisien, les terrains sont exclusivement sédimentaires sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Les argiles à silex déposées au Sénonien (C4-6S) affleurent dans une grande bande centrale du territoire de Luzillé. Au sud-ouest, elles sont recouvertes par le calcaire lacustre de Champeigne datant du Ludien (e7) qui est là en limite de son extension géographique. Quelques rares placages éocènes d'une argile à conglomérats appelés « perrons » (eP) se retrouvent, généralement à la limite entre le calcaire lacustre et les argiles à silex. Du nord au sud-est, les limons éoliens du Quaternaire (LP) masquent les argiles à silex sur une épaisseur ne dépassant jamais 1,5 m. Le Beugnon a creusé sa vallée, du sud au nord-est, et y a déposé des alluvions récentes et modernes (Fy-z).

Les plus hautes altitudes de la commune se rencontrent sur le plateau, à l'est, avec 132 m en limite d'Épeigné-les-Bois, alors que la vallée du Beugnon descend jusqu'à 68 m ; elle est fortement encaissée par rapport à l'altitude moyenne du plateau qui va de 100 à 110 m.

Le territoire de Luzillé se présente sous la forme d'un rectangle allongé du nord-ouest au sud-est (7,3 × 6,4 km) et dont le chef-lieu communal occupée à peu près le centre. Sa superficie de 4 068 ha fait de Luzillé une commune de grande taille, comparée à la moyenne nationale de 1 488 ha.

Hydrographie

Le principal cours d'eau irriguant Luzillé est le Beugnon, qui prend sa source au sud de la commune et va, après avoir arrosé le bourg, se jeter dans le Cher par sa rive gauche. En aval du bourg, il traverse l'étang de Brosse (plan d'eau artificiel créé au XVIe siècle) où il recueille les eaux d'autres petits ruisseaux venant de la partie occidentale du territoire communal.

Quatre zones humides ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le Conseil départemental d'Indre-et-Loire : « l'étang de Brosse et ses vallons », « l'étang des Terres Noires », « l'étang du Plessis » et « l'étang du Bois de l'étang Brûlé ».

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation (1 850 h/an) et un été peu pluvieux.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 703 mm, avec 11,3 jours de précipitations en janvier et 7,1 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sublaines à 5 km à vol d'oiseau, est de 12,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 647,3 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.

Paysages naturels et biodiversité

Le territoire de la commune est partiellement recouvert par des bois, dispersés au nord, plus continus du nord-est au sud-est. En 1877, ces bois occupent 749 ha, soit 18,4 % de la superficie communale. Du nord-ouest au sud, les grandes parcelles des exploitations agricoles façonnent le paysage.

Le « plateau de Champeigne entre Bléré et Loches » forme une grande ZNIEFF (9 032 hectares) de type II qui s'étend sur 11 communes, elle intéresse toute la partie du territoire communal de Luzillé située au sud-ouest d'une diagonale passant par le bourg. Pas moins de 50 espèces d'angiospermes et 8 espèces d'oiseaux protégés ou rares y ont été recensées, parmi lesquelles le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) et l'Outarde canepetière (Tetrax tetrax).

La zone de protection spéciale (ZPS) du réseau Natura 2000, dite « site Natura 2000 Champeigne », se superpose exactement, sur la commune, à la ZNIEFF du plateau de Champeigne entre Bléré et Loches ; elle vise à la préservation des espèces d'oiseaux rencontrées sur son territoire, en application de la Directive oiseaux du édictée par l'Union européenne.

Une zone de 44 ha autour de l'étang de Brosse constitue, depuis , un site classé dans le cadre de la loi du 2 mai 1930. Ce site abrite une faune et une flore palustres spécifique ; parmi les espèces rencontrées, la Germandrée des marais (Teucrium scordium) ou la Bécassine des marais (Gallinago gallinago). D'autres marais, par contre, sont anthropisés et transformés en étangs de loisirs.


Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « I », mais aucune balise <references group="I"/> correspondante n'a été trouvée
Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « D », mais aucune balise <references group="D"/> correspondante n'a été trouvée

Toponymie

Onomastique partielle du toponyme Luzillé :


  • Luciliacus : VIe siècle, Histoire des Francs, Grégoire de Tours ;
  • Luziliacum : 1104, charte de l'abbaye de Marmoutier ;
  • parocchia de Luzilleio : 1150, cartulaire de l'abbaye de Villeloin ;
  • Lucillé : 1290, pouillé de Tours ;
  • Luzillé : 1336, cartulaire de l'archevêché de Tours.

Rencontré dès le VIe siècle (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre X, 31), le toponyme Luciliacus est formé de l'anthroponyme latin Lucilius et du suffixe -acum d'origine gauloise fréquemment utilisé pour former des noms de domaines. Luciliacus est ainsi le « domaine de Lucilius ». Il est très possible que la dédicace de l'église à sainte Luce ait été choisie pour rappeler le toponyme.


Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « Note », mais aucune balise <references group="Note"/> correspondante n'a été trouvée

Histoire

De la Préhistoire à l'Antiquité

La présence d'un polissoir fixe, au sud-ouest du bourg, atteste de la sédentarisation sur le site des populations néolithiques qui ont utilisé cet outil. D'autres outils de la même période sont également retrouvés sur le territoire de Luzillé, à proximité du polissoir (haches polies) mais principalement autour de Villiers et de l'étang de Brosse, dans la partie nord de la commune où se trouve également un menhir haut de 1,70 m.

Les témoignages protohistoriques et antiques sont plus rares ; ils consistent en un possible tumulus protohistorique et quelques monnaies dont certaines sont découvertes à proximité d'une chemin peut-être antique. Un chemin, peut-être antique, appelé « Chemin Chaussé » et venant de Bléré, matérialise la limite communale entre Luzillé et Sublaines puis Saint-Quentin-sur-Indrois. Il croise, au point de rencontre de ces trois communes (recouvrant d'anciennes paroisses médiévales), une autre voie ancienne, le « chemin de Montrichard », orienté ouest-est, avant de se prolonger entre Luzillé et Genillé.

Moyen Âge et époque moderne

Un scramasaxe peut-être lié à d'éventuelles sépultures est le seul artéfact de l'époque mérovingienne. Les sources écrites sont plus précises : Grégoire de Tours indique qu'une église est fondée à Luzillé sous l'épiscoptat d'Injuriosus. Cette fondation semble se faire dans un vicus déjà existant, entre 529 et 546. Luzillé est ensuite citée dans une charte de Marmoutier au début du XIIe siècle, époque à laquelle une nouvelle église est construite, propriété du chapitre cathédral de Tours. À la même époque, les moines de Cormery achètent une parcelle de terrain pour y construire un grenier. Jusque vers 1330, Luzillé est une châtellenie rattachée à l'archevêché de Tours. La paroisse est donc, au Moyen Âge, rattachée à trois puissantes autorités ecclésiastiques, une abbaye, le chapitre et l'archevêque de Tours et l'examen des anciens plans terriers montre que le bourg affecte une forme quadrangulaire dont l'église n'occupe pas le centre, mais une des bordures, disposition encore visible sur le cadastre napoléonien.

En 1698, une école de filles gratuite est fondée à Luzillé. Elle doit fonctionner en alternance, tous les cinq ans, avec un établissement homologue à Chédigny.

XVIIIe et XIXe siècles

Le cahier de doléances du tiers état rédigé par Luzillé en 1789 comporte nombre de dispositions communes à beaucoup d'autres documents analogues (abrogation de certains impôts et répartition plus juste des autres, réduction du pouvoir du clergé, etc.) mais il s'en distingue par l'attachement clairement affirmé de Luzillé au maintien de la justice seigneuriale. Le recensement des biens nationaux effectué en montre que si la cure et le vicariat de Luzillé sont concernés, huit autres propriétaires de biens ou rentes, extérieurs à la commune, sont inventoriés, comme l'abbaye d'Aiguevive à Faverolles-sur-Cher ou le chapitre de la cathédrale Saint-Gatien de Tours. À l'occasion de la levée en masse de 1793, la commune de Luzillé est tenue de fournir 15 soldats. Un an plus tard, des dispositions sont prises pour récupérer, au niveau local, les cendres et les eaux de lessive et pour procéder à un abattage exceptionnel de bois : il s'agit de fournir à la Nation des éléments constitutifs de la poudre noire. Pourtant, les cendres, stockées dans l'église, ne sont pas utilisées et sont revendues à un particulier le . Les fours à chaux et les briqueteries, répandus en Touraine, sont peu nombreux à Luzillé où seuls deux fours, construits à la fin du XVIIIe et au milieu du XIXe siècle, ont fonctionné pendant peu de temps puisqu'ils sont détruits moins de trente ans après leurs constructions.
James Derouet dans son livre « Terrorisme et attentats en Touraine » décrit l'enlèvement du sénateur Clément de Ris à Azay-sur-Cher. Il mentionne René-Louis Lacroix né à Luzillé le 26 janvier 1768. Son père René Lacroix est Maitre en chirurgie et son parrain Louis Bretonneau maitre en chirurgie à Beaulieu. Cette affaire fera grand bruit en Touraine, mais aussi à Paris, car Fouché, ministre de la police pourrait l'avoir commandité. Le Luzillois sauvera sa tête et n'écopera que de six ans de prison, alors que trois sicaires seront guillotinés. Balzac s'inspirera de cet événement, dans son roman dont le titre est « Une ténébreuse affaire ».
En 1809, six prisonniers de guerre autrichiens (campagnes de Napoléon Ier) qui étaient détenus à Luzillé sont libérés. Au début des années 1850, le soutien des habitants de Luzillé à Napoléon III n'est pas unanime : les deux plébiscites des et se traduisent par une abstention de l'ordre de 6 à 7 % ; en outre, 3 ou 4 votants refusent leur confiance à Napoléon III. Le , le maire dresse la liste des personnes susceptibles d'être enrôlées dans la Garde nationale mobile dans le cadre de la guerre de 1870 ; vingt-cinq personnes remplissent les conditions d'âge et de situation familiale, mais deux d'entre elles seulement disposent de l'équipement nécessaire. En , le gouverneur prussien pour le nord de la France réclame aux communes d'Indre-et-Loire une participation aux frais d'occupation du territoire français ; la part de Luzillé s'élève à près de 25 000 francs, en nature (nourriture, équipement) ou sa contrepartie financière, somme réduite quelques jours plus tard à 14 500 francs. La crise du phylloxéra, qui touche la Touraine à partir de 1882, est fatale à la viticulture luzilloise : la vigne qui occupe 383 ha en 1859, n'est plus mentionnée dans les cultures en 1946.

XXe et XXIe siècles

Dans la journée du , Luzillé connaît une animation inhabituelle : dans le cadre des grandes manœuvres du Centre, une division traverse la commune pour gagner son cantonnement à Loché-sur-Indrois. La Première Guerre mondiale fait 50 victimes parmi les soldats originaires de Luzillé, alors que la commune compte 1 315 habitants en 1911. En 1918, la commune accueille neuf réfugiés politiques russes qui ont fui leur pays après la révolution d'Octobre.

C'est en 1936 que le cimetière communal, occupant une partie de la future place du Mail, est déplacé au nord du bourg, hors de la zone urbanisée. Son emplacement, malcommode et peu respectueux de l'hygiène, avait pourtant été dénoncé dès 1856.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune de Luzillé se trouve en zone libre, le bourg se situant à moins de 7 km au sud de la ligne de démarcation qui suit le cours du Cher. Le PC d'une compagnie du 32e régiment d'infanterie est installé à Luzillé. Cette compagnie a pour mission la surveillance des points de passage de la ligne de Bléré et de Sublaines. M. Nolle, propriétaire du château de Brosse, réfugié originaire de l'Aisne et entré en résistance dès au sein du « réseau Écarlate », est chargé de sélectionner les possibles terrains permettant le parachutage d'armes et d'équipement pour les maquis de la région ainsi que les atterrissages des Lysander venus d'Angleterre. Parmi les quatorze terrains retenus, deux sont utilisés, les Fontaines au sud-ouest près d'une ferme exploitée par M. Nolle (1943-1944) et le Chant d'Oiseau au sud-est du bourg (1944). Sur dénonciation, M. Nolle est arrêté par la Gestapo le et déporté mais il survit à sa captivité. Le curé de Luzillé fait lui aussi acte de résistance en cachant dans le clocher de l'église des aviateurs canadiens. La libération de Luzillé, en , est toute symbolique, la commune n'ayant jamais eu à subir de véritable occupation et ayant toujours été épargnée par les combats. Trois Luzillois meurent au cours de ce conflit.


Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « D », mais aucune balise <references group="D"/> correspondante n'a été trouvée

Héraldique

Les armes de Luzillé se blasonnent ainsi :

D'azur au chevron renversé d'argent soutenu d'une bonde d'étang d'or mouvant de la pointe, accompagné, en chef, d'un soleil non figuré du même et, aux flancs, de deux arbres arrachés aussi d'or.

Ces informations proviennent du site Wikipedia (v2.1 – 09/08/2025 17:31:01). Elles sont affichées à titre indicatif en attendant un contenu plus approprié.

Luzillé dans la littérature

Découvrez les informations sur Luzillé dans la bande dessinée ou les livres, ou encore dans la ligne du temps.

1837 autres localités pour la Centre-Val de Loire — région

Vous pouvez consulter la liste des 1837 autres localités pour la Centre-Val de Loire — région sur cette page : https://www.gaudry.be/lieu/fr/fr-cvl/villes.html.

Version en cache

Cette version de la page est en cache (à la date du 25/02/2026 12:05:57 - Mozilla/5.0 AppleWebKit/537.36 (KHTML, like Gecko; compatible; ClaudeBot/1.0; +claudebot@anthropic.com)) afin d'accélérer le traitement.
Vous pouvez activer le mode utilisateur dans le menu en haut pour afficher la version plus récente de la page.

Document créé le 03/01/2018, dernière modification le 14/02/2026 c20260225-120557
Source du document imprimé : https://www.gaudry.be/lieu/fr/fr-cvl/263595.html

L'infobrol est un site personnel dont le contenu n'engage que moi. Le texte est mis à disposition sous licence CreativeCommons(BY-NC-SA). Plus d'info sur les conditions d'utilisation et sur l'auteur.