Ersa

Localisation

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Ersa : descriptif

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Ersa

Ersa est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse

Elle appartient à l'ancienne piève de Rogliano, dans le Cap Corse.

Géographie

Situation

Ersa est la commune la plus au nord du Cap Corse, parfois surnommée « Finistère » de la Corse. C'est l'une des dix-huit communes regroupées au sein de la communauté de communes du Cap Corse.
Du fait de sa situation, Ersa occupe une position militaire stratégique en Méditerranée.

Communes limitrophes
Rose des vents Mer Méditerranée Mer Ligurienne Mer Ligurienne Rose des vents
Mer Méditerranée N Rogliano
O    Ersa    E
S
Centuri Centuri, Rogliano Rogliano

Géologie et relief

Le Cap Corse est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien, de la fin de l'ère primaire. Outre sur l'ilot de Capense (Centuri) et à Mute (Morsiglia), on trouve les plus anciens schistes entre Tollare et jusqu'au sud de Gualdo d'Ersa. Ils sont déformés, broyés ; ils se sont chevauchés avec des gneiss antécambriens intercalés d'amphibolites vert-foncé et de filons granitiques kaolinisés par l'action des eaux au contact du feldspath du granite, en surface et dans les fissures. Au nord-ouest d'Ersa, le Monte Maggiore est composé d'ophiolites très résistantes, roches magmatiques nommées péridotites transformées en serpentinites lamellaires (ou antigorite), teintées en vert par l'olivine. La serpentine est une remarquable roche métamorphique facilement sciable qui offre un marbre ornemental d'un vert émeraude recherché nommé Verde Stella. D'anciennes carrières étaient exploitées autour de la cime Mercolinco au sud-est de la commune.

De l'antimoine a été extrait en plusieurs endroits de la commune : Granaggiolo, Castagnone, Fioracce, Guadicello et Sainte Marie. Au lieu-dit Salicelli proche de l'église ruinée de Sant'Andrea se trouve une ancienne mine d'antimoine (teneur 33 %) qui a été exploitée de 1898 à 1918. La mine a occupé jusqu'à 50 employés. Elle est aujourd'hui reprise à l'inventaire général du patrimoine culturel. Au lieu-dit Gabbia, existait une petite mine d'argent.

Ersa occupe un territoire de près de 20,5 km2 compris entre Centuri à l'ouest et Rogliano à l'est. Comme beaucoup de communes du Cap, ses limites sont représentées par des chaînons montagneux partant de la côte et dirigées ici vers le début de la dorsale du Cap Corse. Elles sont formées par une ligne de crête passant par Monte Longo (327 m), Cima di Castellucciu (389 m), col de la Serra (365 m), Monte Torricella (562 m) jusqu'à l'extrémité sud (444 m) de la commune qui est proche des ruines de Santa Chiara (Centuri) et peu au nord de Pointe de Colombara. La ligne remonte ensuite en quasi ligne droite direction N-NE jusqu'à la limite orientale d'Ersa, rejoignant le fiume Acqua Tignese et suivant son cours jusqu'à son embouchure dans la mer Ligurienne. Le nord-ouest de la commune est dominé par le Monte Maggiore (359 m) au pied duquel serpente la route desservant le sémaphore du Cap Corse.
Punta Torricella, point culminant de la commune, est un poste d'observation remarquable car il permet de surveiller une grande partie du littoral du Cap Corse. De juin 1812 à avril 1814 un poste de vigie avait été installé à son sommet pour surveiller le littoral du nord du Cap Corse car la flotte anglaise attaquait les navires assurant les liaisons entre la Corse et la Provence. Au siècle dernier une station de surveillance radar y avait été installée. Elle était gérée par des militaires de la BA 126.

La façade maritime d'Ersa va de la Punta di Cornu di Beccu à l'ouest jusqu'à l'embouchure du fiume Acqua Tignese à l'est. Elle comprend le Capo Grosso sur lequel a été installé le sémaphore du Cap Corse, la marine de Tollare, et celle plus importante, du port de pêche et plaisance de Barcaggio. La côte alterne de belles plages de sable et de galets avec de petites calanques.

La Giraglia

À environ un mille au nord de Barcaggio, se trouve l'île de la Giraglia, protégée (site Natura 2000).

L'île qui a une superficie de 10,3 ha, est un rocher de serpentine (prasinites vertes et schistes noirs) culminant à 66 m au-dessus du niveau de la mer Ligurienne.

La Giraglia comporte :

  • une tour génoise carrée, bâtie au XVIe siècle ;
  • un phare puissant visible à 100 km à la ronde, qui remplace depuis 1948 une énorme lampe à pétrole qui a fonctionné un siècle durant ;
  • les ruines d'une ancienne chapelle San Pasquale ;
  • un oratoire Santa Maria ;
  • un bâtiment militaire. Napoléon Ier avait doté l'île d'une batterie de la force, car la flotte anglaise attaquait les navires assurant la liaison Corse - Provence.

Aux siècles derniers, les environs de l'île étaient très poissonneux. La pêche au corail s'y pratiquait.

Climat et végétation

Les précipitations sont plus faibles à Ersa que partout ailleurs dans le Cap. Aux mois les plus arrosés d'octobre à mars, succèdent des périodes plus sèches, comportant de fortes pluies orageuses brèves, tout comme des pluies très fines pouvant durer plusieurs jours.

Le manteau forestier est inexistant sur toute la partie nord-ouest de la commune dominée par le Monte Maggiore et qui est couverte d'un maquis ras. Le secteur Nord Cap Corse est fréquemment balayé par le libeccio, vent d'ouest dominant, sec et violent, souvent mêlé au punente, ou par la provinza ou le maistrale sec et chaud l'été, humide et froid l'hiver. Plus à l'est, les chênes verts quand ils ne sont pas détruits par des incendies fréquents, se mélangent à un maquis plus haut, composé des essences traditionnelles : cistes, lentisques, romarins, bruyère, arbousiers, avec des épineux de toutes espèces (ronces, églantier de Pouzin, salsepareille, genêt épineux, genêt de Corse, etc.) le rendant « impénétrable ». Au centre, une végétation dense, composée essentiellement de grands et longilignes chênes verts, apporte une touche de fraîcheur dans cette partie aride du Cap. Ces arbres ont poussé naturellement sur les anciennes terrasses de culture abandonnées depuis la fin des exploitations de cédratiers et de la vigne. En 1772, 207 ha étaient plantés de vigne qui depuis ont totalement disparues, et 11 ha d'oliviers. En 1862, les oliviers couvraient 44 ha.

Hydrographie

Les quelques ruisseaux (ou fiumi) présents sont des torrents capricieux, desséchés en l'été dans leur cours inférieur. La commune est arrosée par les fiumi Acqua Tignese (parfois appelé Giunca) qui prend sa source sur les flancs de la Pointe de Torricella, et Granaggiolo (Granaghjolu) qui a sa source à 388 m sous le Monte di u Poggio (628 m - Rogliano). Tous deux se jettent dans la Mer de Ligurie.

Trois autres petits ruisseaux (fiume di Grotta, fiume Riguzzolu et fiume d'Agnu) naissant sur les flancs du Monte Maggiore, sont situés au nord-ouest de Ersa.

Voies de communication et transports

Accès routiers

Ersa est desservie par la D 80, route départementale qui fait le tour du Cap Corse et franchit dans la commune le col de Saint-Nicolas à 303 m et le col de la Serra à (365 m).

De Botticella partent deux routes conduisant à la mer, la D 153 à l'ouest qui se termine en cul-de-sac à la marine de Tollare en passant tout près de Cocinco puis Poggio, et la D 253 à l'est qui permet de se rendre à Barcaggio via Granaggiolo et le col de Cataro à 192 m. La jonction des D 153 et D 253 s'opère à près de 500 mètres au sud de Tollare, permettant d'effectuer le trajet en boucle.

Des chemins communaux permettent l'accès aux autres hameaux de la commune.

Le village est distant, par route, de :

  • km de Rogliano, chef-lieu de canton,
  • 11 km de Macinaggio,
  • 47 km du port de commerce de Bastia,
  • 47 km de la gare la plus proche, celle de Bastia,
  • 47 km de Bastia,
  • 60 km de Saint-Florent,
  • 67 km de l'aéroport de Bastia-Poretta.
Transports

Il n'existe pas de transports publics pour se rendre à Ersa. Seul est en place un service de transport des écoliers. Une compagnie de promenade en mers propose des liaisons maritimes entre Macinaggio, Barcaggio et le port de Centuri.


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Toponymie

L'origine du nom Ersa vient d'arsa, participe passé d'arde, qui signifie « soif ardente ». L'ancien nom latin d'Ersa est Arsia, terme venant très probablement d'Arsus, qui veut dire aride, et fait certainement référence à certaines crêtes et pentes rocheuses grillées par le soleil présentes sur le territoire de la commune.

Histoire

Antiquité

L'occupation humaine du site remonte à une époque antérieure à la conquête romaine d'après ce qu'en témoigne l'oppidum pré-romain de Vitalleghju.

La tradition raconte que l'apôtre saint Paul de Tarse parti de Rome pour un voyage en Espagne via la Corse, fit escale en l'an 59 dans l'ancienne marine de l'Arena (Tollare). Il posa la première pierre d'un sanctuaire paléochrétien (remplacé au Xe siècle par l'église San Paolo) sur une petite éminence 1 800 m à l'ouest de la marine de Meria - (Tomino, ) proche du bourg antique de Clunium fondé au VIe siècle av. J.-C..

« La prédication de saint Paul, en Corse, est à rejeter dans le domaine des légendes ; son voyage en Espagne n'est que problématique et, à une époque où la navigation était surtout côtière, il est permis de supposer que, si ce voyage a réellement eu lieu, la route suivie a été celle indiquée par la tradition : de Rome en Gaule et de là en Espagne »

— Renan, L'Antéchrist, p. 108

Saint Pierre aurait fait escale à Barcaggiu.
Ersa était traversé par une voie romaine passant au col de Cataro (collu di u Cataru - 192 m) situé au nord de Granaggiolo et qui reliait Centurinum (Centuri) à Macinaggiu (Rogliano).

Moyen Âge

  • De la fin du IXe siècle à 1197, Ersa fut aux Peverelli, puis, de 1198 à 1248 aux Avogari qui l'ont cédée à Ansaldo da Mare.
  • De 1248 à 1592, Ersa fut intégrée au fief de San Colombano di Rogliano de la famille Da Mare.

Les temps modernes

  • De 1555 à 1559, la commune fut dévastée par une occupation turque. Acarèse, corsaire turc et allié de la France, base ses galiotes dans l'anse d'Agnellu (Rogliano), d'où, de 1559 à 1563, les Barbaresques partiront ravager Centuri, Morsiglia, Minerbio, Cocollo, Ogliastro.
  • 1560 - Les Turcs avaient comme élu domicile dans ces parages. Acarèse y venait fort souvent.

« Il commandait quatre galiotes et stationnait ordinairement dans l'anse d'Agnello, à la marine d'Ersa. Il avait si bien établi son autorité de ce côté qu'il appelait ordinairement ses vassaux les hommes de ce pays et il avait ordonné à ses Turcs, sous peine d'encourir sa disgrâce, de ne leur faire aucun tort dans leurs biens ni dans leurs personnes. »

— Anton Pietro Filippini in Chronique, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse - Tome III, p. 48

.

  • En 1592, profitant du désaccord des héritiers de Barbara da Mare décédée en 1582, la république de Gênes par son gouverneur Augustin Doria s'empare du fief de San Colombano qui devient la provincia di CapoCorso. Elle impose son administration sur le nord du Cap Corse, nomme des podestats pour remplacer les gonfaloniers seigneuriaux. Ersa est annexé.
  • Vers 1600, Ersa ex-"communauté" de la seigneurie Da Mare, comptait environ 400 habitants. Les lieux habités étaient alors la Boticella, Arsia, la Casanova, lo Cocinco, lo Poggio, Fresia, lo Granagiolo, Gioria, lo Suverto.
  • 1757 : Ersa se rallie à Pascal Paoli.
  • Jusqu'au XVIIIe siècle, le bout du Cap Corse est la cible de fréquentes incursions des pirates barbaresques.
  • 1789 : La Révolution française supprime la province du Cap Corse pour la diviser en quatre cantons. La pieve de Capo Bianco à laquelle Ersa était rattachée, devient le canton de Capo Bianco.
  • 1812 : Napoléon Ier met une vigie au monte Torricella et une batterie côtière sur la Giraglia pour parer aux attaques des navires assurant les liaisons maritimes Corse-Continent par la flotte anglaise. C'est l'année où chaque paroisse ouvre un cimetière. Les morts ne sont plus inhumés dans les églises.
  • 1772 : lorsque la Corse devient française, à la fin du XVIIIe siècle, Ersa comptait 207 ha de vigne. En 1862 il n'y en avait plus que 120 ha, remplacée très souvent par des oliviers (44 ha). Le cheptel composé principalement de chèvres, était exploité par quelques bergers originaires du Niolo.
  • 1789, la Corse fait partie du royaume de France. Avec la Révolution française, est créé en 1790 le département de Corse, puis en 1793, celui de El Golo (l'actuelle Haute-Corse). La commune a le nom de Ersa (An II). En 1801 on retrouve le même nom au Bulletin des lois.
  • 1793 : la pieve de Seneca ancienne pieve de Luri, devient le canton de Seneca puis, la même année, le canton de Capobianco, nom gardé en 1821. En 1828, il devient canton de Rogliano avant de devenir en 1973, le canton de Capobianco, chef-lieu Rogliano.
  • À partir de 1830, les cantons ne portent plus le nom des pieves mais celui des chefs-lieux. La pieve de Capo Bianco dont faisait partie Ersa devient le canton de Rogliano.
  • 1875 : Ersa comptait 1 130 habitants. Les régressions agricole et démographique ont réduit depuis la surface viticole à un ha seulement pour 135 habitants. De nos jours, la vigne a totalement disparu d'Ersa.

Époque contemporaine

  • 1954 : les communes de Ersa, Morsiglia, Rogliano, Tomino et Centuri formaient le canton de Rogliano. La commune d'Ersa comptait 255 habitants.
  • Entre 1971 et 1973 sont créés de nouveaux cantons, dont le canton de Capobianco, créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Rogliano et Luri.
  • 1996 : Ersa, patrie d'Antoine Bonifacio, ne comptait plus que 125 âmes.

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Ersa dans la littérature

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Document créé le 03/01/2018, dernière modification le 12/11/2025 c20260107-024704
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