Camors

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Camors : descriptif

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Camors

Camors [kamɔʁ] est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Géographie

Localisation

La commune fait partie du Canton de Pluvigner, de la communauté de communes Auray Quiberon Terre Atlantique et dépend de l'arrondissement de Lorient. La commune s'étend sur 37,1 km2 et est entourée par les communes de Baud, de Pluvigner et de La Chapelle-Neuve. La commune se trouve à vol d'oiseau à 24 km au sud de Pontivy, à 28 km au nord-ouest de Vannes, à 29 km à l'est-nord-est de Lorient, à 123 km à l'ouest-sud-ouest de Rennes et à 126 km au sud-est de Brest.

Communes limitrophes de Camors
Baud
Camors La Chapelle-Neuve
Pluvigner

Relief et hydrographie

Située à une altitude moyenne de 104 mètres, celle-ci culmine à 137 mètres et est à son point le plus bas de 27 mètres. La rivière l'Ével et la rivière le Tarun sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune de Camors. Ces deux rivières sont respectivement affluent et sous-affluent du Blavet. De nombreux ruisseaux prennent leurs sources sur la commune. Elle est située pour partie sur le massif des Landes de Lanvaux dont elle constitue l'extrémité occidentale.

Les forêts de Camors et de Floranges

La commune de Camors est couverte en grande partie par deux massifs forestiers, la forêt domaniale de Camors et la forêt de Floranges. Avec 1 622 ha de bois, le taux de boisement de la commune est de 44 % contre 16,4% pour le département du Morbihan. Le substrat géologique de ces massifs forestiers est presque exclusivement constitué du granite de Lanvaux, à structure gneissique, qui génère des sols à ph acide. Ces forêts ont été achetée par Louis XVI en 1785 pour alimenter les arsenaux de Lorient en bois de marine et sont devenues propriété de l'État lors de la Révolution française.

La forêt de Camors (qui s'étend aussi sur les communes de Pluvigner et Baud), forêt domaniale, située sur un plateau granitique vers 110 mètres d'altitude à l'ouest du bourg de Camors, est vaste de 648 hectares de feuillus, notamment des boisements de chênes, de hêtres (recherchés pour la fabrication des sabots) et de châtaigniers, ainsi que des résineux (pins sylvestres et maritimes, sapins et épicéas). Elle est, ainsi que ses appendices les bois de Coët Fourno, de Quinipily et de Trélécan (qui sont des propriétés privées et appartiennent à la commune voisine de Baud pour les deux premiers cités, et à celle de Pluvigner pour le troisième cité), classée SNIEFF. L'ouragan d'octobre 1987 a détruit 69 hectares de cette forêt.

Les habitants de Camors vivaient essentiellement de la forêt. Ils étaient charbonniers, sabotiers, scieurs de long, faiseurs de balais, bûcherons... Il y a eu jusqu'à deux cents bûcherons et quatre-vingt-dix sabotiers. Les scieurs de long étaient souvent aussi laboureurs, travaillant en forêt principalement à la saison morte, vivant dans des loges (cabanons) en forêt ; ce fut par exemple le cas de la famille Le Torriellec dont cinq générations successives au moins pratiquèrent ce métier ; ce métier a disparu en raison de la mécanisation après la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Baptiste Ogée écrit en 1778 qu' « il y a dans cette forêt de Camors une espèce de colonie de bûcherons qui, depuis plus de deux cents ans, sont occupés à couper le bois dont on fait une vente tous les quinze jours. Les seigneurs de Quinipily jouissent encore de ce privilège (...) ».

La religion et l'autorité civile n'avaient que peu d'emprise sur cette population vivant en forêt. Camors est une des seules communes de France où il reste en 2020 deux scieries et un sabotier. De nos jours encore, l'un des derniers sabotiers de Bretagne est l'entreprise du Sabot Camorien, fondée par Émilien Simon dans une cabane en bois, et reprise son fils Claude Simon, qui quitta la cabane au bout de 10 ans pour s'agrandir et suivre la demande au vu du succès et de l'évolution du sabot. L'entreprise a été rachetée en 2022 par Jean Boutros.

La forêt de Floranges (qui s'étend aussi sur les communes de Pluvigner et La Chapelle-Neuve), également forêt domaniale, est située à l'est du bourg de Camors sur un plateau vers 120 mètres d'altitude ; elle est vaste de 794 hectares et contient des boisements analogues à ceux de la forêt de Camors. C'est également une ZNIEFF. L'ouragan d'octobre 1987 a détruit une partie de cette forêt (275 hectares) qui a été replantée depuis en peuplements mixtes et notamment du chêne rouge d'Amérique. Elle contient aussi l'alignement de menhirs de Kornevec.

Un conte raconté par un cultivateur de Camors et retranscrit en 1899 commence ainsi : « Autrefois à Camors il y avait beaucoup de loups ; pour les prendre on creusait dans les sentiers des fosses profondes, plus larges vers le bas que par le haut et on les recouvrait de branches ». C'est en raison de l'abondance des loups dans le passé que le bagad local a été dénommé Bagad Bleidi Kamorh ("Bagad des Loups de Camors"). Un autre conte raconte l'histoire d'un charbonnier de la forêt de Camors et de deux loups ; un autre celle d'un enfant enlevé par des korrigans (nombreux, disait-on, en forêt de Camors).

Des chasses à courre étaient organisées dans ces deux forêts. L'équipage de chiens courants le plus célèbre fut l'"équipage Goulaine" en 1896-1897, dirigé par le comte Geoffroy de Goulaine, dont le chenil se trouvait au manoir de Kerlagadec en Pluvigner.

Morphologie urbaine

La population se répartit majoritairement autour de trois pôles : le bourg, le village de Lambel-Camors et le village de Locoal-Camors.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Evel, le Tarun, le Pont Fao, le ruisseau de Keronic, le Goah Roduhern, le Kervihan, le ruisseau de Kervocarnic, le ruisseau de Pont du, le ruisseau du Moulin la motte, le Trideur, le ruisseau du Groho et divers autres petits cours d'eau.

L'Ével, d'une longueur de 52 km, prend sa source dans la commune de Réguiny et se jette dans le Blavet à Quistinic, après avoir traversé onze communes.

Le Tarun, d'une longueur de 21 km, prend sa source dans la commune de Bignan et se jette dans l'Ével à Baud, après avoir traversé huit communes.

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang du le Petit Bois (1 ha).

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée, caractérisée par une faible pluviométrie en été et une bonne insolation. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Intérieur », exposée à un climat médian, à dominante océanique.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 022 mm, avec 14,2 jours de précipitations en janvier et 7,1 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Moréac à 16 km à vol d'oiseau, est de 12,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 043,7 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.

Transports


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Toponymie

Le nom de la localité est mentionné sous les formes Camor en 1204 ; Kemorz en 1228.

De [car / ker], « hameau, village » et [mourz] en vannetais, « humide, bourbeux ». Mais le site Internet de la commune donne une autre explication : le nom proviendrait de Conomor, appelé aussi Comorre.

Le nom breton de la commune est Kamorzh.

Le nom du hameau de Locoal-Camors proviendrait du breton lok qui signifie « ermitage » et de saint Goal, Gudwal (en), Gwal, Gurval, Gutual ou encore Gault, un ermite breton qui aurait vécu une partie de sa vie dans la lagune d'Etel (donnant son nom à Locoal-Mendon), puis dans la forêt de Camors où il serait décédé.

Histoire

Préhistoire

De très nombreux monuments mégalithiques du néolithique et tumuli datant probablement de l'âge du bronze se trouvent dans la commune, principalement en forêt. Parmi eux, les Menhirs de l'Étoile, dont le Men Vras et le Men Vihan sont encore bien dressés en forêt, parmi d'autres à terre aux abords immédiats, l'allée couverte de Lann er Vein, l'alignement de Kornevec, en forêt de Florange, le menhir de l'Armoirie, en forêt de Florange et le dolmen à couloir du Grenan.

Antiquité

Les vestiges d'un camp romain ont été découverts en 1969

Moyen Âge

Le château

Au lieu-dit la motte ou Porh Hoet Er Saleu subsistent les vestiges d'une ancienne installation médiévale. Ceux-ci se situent sur une langue de terre qui s'avance, protégé sur trois de ses côtés par de petits cours d'eau, sur le rebord du plateau occupé par le bois, en contrebas de la pente qui aboutit de nos jours à l'étang du moulin de la Motte. Le nom du lieu-dit peut être vu comme une référence à une motte féodale.

François-Marie Délandre écrit en 1847 que de faibles vestiges y existaient alors encore, notamment un fossé assez profond pour que ses extrémités se remplissent d'eau en période de crue. Il précise aussi que ces ruines étaient alors nommées en breton Porh-Houet-er-Sâleu (Cour du Bois des Salles) et que le mot sâleu est un ancien mot celtique signifiant château ou manoir.

Des fouilles s'y sont déroulées en 2017.

Les autres faits du Moyen Âge

La paroisse de Camors est née tardivement (date inconnue) et a été constituée d'une partie du territoire de Baud et d'une autre partie appartenant jusque-là à Pluvigner. Selon la tradition, l'église paroissiale initiale aurait été située dans le vllage de Coscamors [Coz-Camors], dont la toponymie est révélatrice (coz signifie "vieux" en breton). Selon Joseph-Marie Le Mené, on y trouvait encore en 1891 une pâture dénommé "le jardin du recteur" et un champ appelé "le vieux cimetière"

Le premier seigneur connu de Camors est Sylveste de Kamor [Quemorz], qui en 1204 est cité comme témoin d'une donation faite par Alain IV de Rohan à l'abbaye de Bon-Repos. Le « Alain de Quemorz [Alain de Camors], écuyer, fils d'Henry de Quemorz, écuyer, mort, donne en pur et perpétuel héritage et aumône à Jouffroy [Geoffroy] de Rohan, clerc, fils de noble Alain, vicomte de Rohan, chevalier, et à ses héritiers et à ses successeurs et à ceux qui cause lui auront, tout le gentil fief que lui, Alain de Quemors, avait dans les paroisses de Plemelin [ Plumelin] et de Quemors [Camors] , au diocèse de Vannes ». Après la mort de Geoffroy de Rohan, ces biens revinrent aux vicomtes de Rohan.

Selon un aveu de 1471, Camors était, au sein de la Vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan. En 1524 le vicomte Jacques de Rohan céda la châtellenie de Camors à Guy XVI de Laval qui fut par la suite vendue en 1560 à René d'Arradon.

Au XIVe siècle la seigneurie de Camors appartenait à Briant de Lannion qui, lors de la Guerre de succession de Bretagne, prit le parti de Jean de Montfort contre Charles de Blois et participa à la bataille d'Auray. La seigneurie de Camors resta aux mains de la famille de Lannion jusqu'au mariage le de Félicité-Sophie de Lannion avec le duc de La Rochefoucauld-Liancourt.

D'autres seigneuries existaient à Camors : Bocudello, Kermapoussert, Kervergant, Locoal (qui appartenait à la famille Saint-Pezran), Penrane et Trémelin.

Il y avait autrefois en Camors une petite trève connue sous le nom de Locoal.

Temps modernes

Dans l'église paroissiale Saint-Sané de Camors, construite en 1640, se trouvait le tombeau du comte Claude de Lannion, décédé le . Ce tombeau fut détruit lors de la Révolution française.

En novembre 1727 trois enfants de Camors, « âgés de huit, six et douze ans » selon le procès-verbal, furent pris de convulsions et poussèrent des cris comparables à des aboiements et tombant parfois évanouis ; ces crises étaient quotidiennes. Leur père les emmena alors le au pardon de Notre-Dame-du-Roncier à Josselin et, après avoir fait le tour du sanctuaire en procession et bu l'eau de la fontaine, les enfants guérirent. Une verrière de l'église de Josselin représente la guérison des enfants et Notre-Dame-du-Roncier devint célèbre par la suite pour la guérison des "aboyeuses", des femmes frappées par un mal similaire à celui des enfants de Camors, mal que l'on suppose être l'épilepsie.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Camors en 1778 :

« Camors ; à l'entrée de la forêt de son nom ; à 6 lieues au Nord-Ouest de Vannes , son évêché ; à 22 lieues de Rennes ; et à 4 lieues deux tiers de Hennebont, sa subdélégation et son ressort. Cette paroisse à titre de baronnie : on y compte 2 000 communiants. La cure est à l'alternative. Outre la forêt de Camors, qui occupe une grande partie de ce territoire, on y voit encore des landes fort étendues ; de sorte que les productions des terres cultivées suffisent à peine aux besoins des habitants qui languissent dans la misère, tandis qu'ils vivraient dans l'aisance s'ils étaient plus actifs et plus laborieux. »

Révolution française

En juin 1795 le bourg de Camors, qui était contrôlé par des bandes royalistes, fut repris par les troupes républicaines.

En 1800, des chouans entrèrent à nouveau dans Camors : « Les insurgés, profitant de l'instant où les habitants de la commune de Camors étaient occupés de leurs travaux champêtres, s'introduisirent dans le chef-lieu, et y coupèrent l'arbre de la liberté. Ceux-ci, de suite, en replantèrent un nouveau. Quelques jours après, les brigands plus nombreux, forcèrent à quitter leurs habitations les citoyens de Camors, qui se réfugièrent à Baud où, depuis, ils ont concouru à la défense de ce poste important. Le général en chef voulant récompenser cet acte de républicanisme (...) déclare que les communes de Camors et de Baud sont exemptes de toute espèce de réquisitions frappées ou à frapper ».

Le XIXe siècle

Dans le cadre de la Cinquième Chouannerie, le deux détachements de la garnison de Baud du 43e régiment de grenadiers firent une battue dans la forêt de Floranges et rencntrèrent près du village de Coëtquennec des chouans ; ils tuèrent leur chef, Josselin, conscrit réfractaire « redouté dans le pays [qui] empêchait depuis longtemps les déserteurs des environs de Pluvigner de se soumettre », et arrêtèrent un second réfractaire Guillaume-Marie Pierre, conduit à la prison de Vannes. Le des gendarmes de la brigade de Camors arrêtèrent deux réfractaires, les nommés Denis et Gullarmo, qui, conduits le lendemain sous escorte de quatre gendarmes et de cinq hommes du 13e léger à Locminé, mais le détachement fut attaqué à une lieue et demie de Baud par une soixantaine d'hommes armés de fusils qui libérèrent les deux prisonniers, tuèrent un gendarme et en blessèrent deux autres. Vers la fin du mois d'avril 1836 « des individus masqués parcourent depuis quelques jours la commune de Camors et les communes environnantes ; ils commettent des vols nombreux, et menacent d'incendier ceux des habitants qui les dénonceraient ou chercheraient à les connaître. La crainte qu'inspire ces malfaiteurs est telle qu'aucun habitant n'a encore osé parler ».

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Camors en 1843 :

« Camors (sous l'invocation de saint Sané, natif d'Irlande), commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui succursale. (...) Principaux villages : Kergal, Langroas, Kerpeunru, Coëtganquis, Kerbras, Kernasquellec, Kergo, Quénécan, Kergoguil, Tallan, le Roscoet, Kerniel. Superficie totale 3 704 hectares 88 ares, dont (...) terres labourables 744 ha, prés et pâturages 210 ha, bois 311 ha, vergers et jardins 83 ha, Landes et incultes 1 113 ha, étangs 3 ha (...). Il y avait autrefois en Camors une petite trève sous le nom de Locoal et la chapelle de Saint-Gobrien. L'une et l'autre sont encore desservies par le clergé de Camors. L'église paroissiale renferme le tombeau du comte de Lannion (...). La forêt de Camors, qui appartient à l'État, figure pour 1 138 ha 27 ares. (...) Près du village de Langroas il y a un groupe de 4 peulvens [ menhirs]; et l'on remarque un barrow [ tumulus ] de 12 à 13 m de hauteur, près du village de Tallen. Il se fait des exportations considérables de bois de construction pour Vannes, Lorient, Hennebont, etc.. (...) Il y a foire le 8 mai, le premier vendredi de juin, les 23 et 24 du même mois (assemblée ou pardon ce dernier jour) ; enfin le 7 septembre. Géologie : schiste micacé} ; toute la forêt de Camors est sur granite ; en quelques points on trouve du fer oxidé [oxydé] limoneux. Il y a au village de Kerniel une ardoisière abandonnée. On parle le breton. »

En décembre 1851 un incendie ravagea à nouveau la forêt de Camors.

La ligne de chemin de fer d'Auray à Napoléonville (Pontivy) fut inaugurée le  : « Nous entrons dans la forêt de Camors. Voici des taillis, des bois de pins et des futaies de grands chênes séculaires qui semblent s'animer à note approche. La vitesse du train nous les fait apparaître dansant une ronde fantastique. Avant même de quitter la forêt nous suivons une pente assez sensible qui nous mène à la station de Baud et qui aboutit à l'Evel, très près de l'endroit où cette rivière fait sa jonction avec le Blavet ».

Une épidémie de dysenterie fit 136 malades (dont 21 moururent) à Camors en 1876. Le docteur Alfred Fouquet explique la propagation de la maladie par les conditions de vie déplorables des habitants de la région qui « ne prennent absolument aucun soin, soit de leur propreté, soit de celle de leurs maisons. Ils jettent les selles des malades devant leur porte et parfois les vident dans la maison même, au milieu des cochons et des poulets, au milieu desquels ils grouillent. (...) Ils se refusent d'ailleurs à prendre aucun médicament ».

En 1883 le curé de l'île d'Houat, condamné dans une affaire de vente de spiritueux, fut déplacé par l'évêque de Vannes et nommé à Camors. Le journal La Lanterne ironise, écrivant : « Nous ne félécitons pas les habitants de Camors ».

Le cimetière de Camors, qui entourait l'église, fut déplacé aux environs de 1880 et remplacé par une place. Un lec'h qui se trouvait dans le muret l'entourant, formé d'un monolithe quadrangulaire d'un mètre de haut, plus large à sa base et se terminant par un tenon et surmonté par un chapeau ovale d'un mètre de long et 0,75 m de large, ayant à sa surface un dessin de croix potencée, qui gisait à terre, furent sauvés de la destruction par le curé de Camors, l'abbé Lavenot, aussi archéologue. ; ce monument fut restauré en 1912.

Louis de Caters fait en 1895 une description assez sinistre des environs de Camors : « La forêt de Camors est à une trentaine de kilomètres de Vannes (...). Des landes immenses, désertes, lamentables, s'étendent, couvertes parfois de hauts genêts épineux, de grises bruyères, pendant des lieues, jusqu'aux premiers arbres de cette forêt de Camors qui, clairsemée à son orée, va bientôt s'épaississant ; immense oasis (...) sur lesquelles, de loin en loin, quelque moulin agité ses bras perdus, comme un appel suprême et désespéré dans la tourmente du vent ».

Le tracé du chemin d'intérêt commun no 89, reliant Camors à La Chapelle-Neuve est aprouvé en 1899 par le Conseil général du Morbihan : « le nouveau tracé doit rapprocher les bourgs de Camors et La Chapelle-Neuve, et desservir les terres plus riches et plus fertiles de la vallée du Tarun ».

La halte ferroviaire de Lambel-Camors ouvre le  ; elle a l'inconvénient d'être éloignée du bourg de Camors.

Le XXe siècle

La Belle Époque

Le une tentative d'inventaire des biens d'église échoua à Camors : « Lundi, à huit heures du matin, le percepteur de Pluvigner, accompagné de quatre gendarmes, est arrivé devant l'église de Camors. Le tocsin sonnait et 200 personnes attendaient le fonctionnaire sur la place. 250 fidèles se trouvaient enfermés dans l'église. Le percepteur était escorté par le maire. Voyant la porte de l'église fermée, et personne ne lui répondant, il fit demi-tour sous l'applaudissement des assistants ».

Un grave incendie survint dans le bourg de Camors le , détruisant deux maisons et des quantités importantes de paille et de foin.

Un décret du Président de la République en date du attribue à la commune de Camors, « à défaut de bureau de bienfaisance, les biens ayant appartenu à la fabrique de l'église de Camors, actuellement placés sous séquestre ».

En 1913 un conseiller d'arrondissement, Boulaire, signale que les voies de garage de la gare de Lambel - Camors sont tout à fait insuffisantes « en raison du transit important des bois de pins provenant de la forêt de Camors et demande l'extension de ces voies ».

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Camors porte les noms de 141 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale : un est décédé au Maroc (Raphaël Allano), quatre sont décédés sur le sol belge, trois en Serbie alors qu'ils faisaient partie de l'Armée française d'Orient, trois alors qu'ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne ; tous les autres sont décédés sur le sol français.

François Bihouis, né en 1878 à Camors, soldat au 88e régiment d'infanterie territoriale fut fusillé pour l'exemple le à Maizy (Aisne) pour « voies de fait », ayant blessé un sous-lieutenant.

L'Entre-deux-guerres

Le monument aux morts de Camors fut inauguré le . Il est l'œuvre du sculpteur Louis-Henri Nicot et la statue du poilu est en bronze.

Le un décret du Président de la République autorise la commune de Camors, qui en avait fait la demande lors d'une délibération de son conseil municipal en date du , à emprunter la somme de 63 500 francs destinée à une subvention à la Compagnie du Chemin de fer d'Orléans en vue de la création d'une voie supplémentaire et d'une cour de débord [stockage] à la halte de Lambel - Camors.

Dans la nuit du 27 au quatre fermes du village de Kerniel furent détruites par un incendie. Les pompiers de Baud parvinrent toutefois à empêcher la destruction complète du village.

À Camors il y avait, en 1936, 77 sabotiers pour 623 foyers. C'est dans la forêt de Camors qu'auraient survécu les dernières huttes de sabotiers de Bretagne.

La Seconde Guerre mondiale

Après l'armistice du 22 juin 1940 qui entérine la défaite de la France face à l'Allemagne nazie et après l'opération Barbarossa qui voit l'Allemagne attaquer l'URSS, la cellule communiste de Camors, qui avait été dissoute, se restructure clandestinement, de même que celles d'Auray et de Quiberon, afin de mener des actions de propagande et de sabotage. Plusieurs de ses militants rejoignent les rangs des mouvements de résistance Libération-Nord et Front national, puis l'ORA à partir de février 1944, pour mener des actions de guérilla contre l'Occupant nazi à partir des Landes de Lanvaux. En avril 1944 un groupe de sous-officiers allemands attablés dans un café de Camors fut attaqué à la grenade.

Le , des feldgendarmes, épaulés de membres du Bezen Perrot (dont Ange Péresse, originaire de Bubry) et du groupe de Guy Vissault de Coëtlogon (dont Joseph Le Ruyet, originaire de Bubry) arrêtent 17 résistants à Baud, Bubry, Camors et Quistinic.

Le monument aux morts de Camors porte les noms de 37 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles des résistants comme Pierre Le Frapper (mort à Houilles le ), Joseph Jan (mort au camp de concentration de Mauthausen le ) et Julien Le Guennec (mort le dans le même camp de concentration), Pierre Le Bot (fusillé par les Allemands dans le bois de Botsegalo le ) et Joachim Robert (tué à l'ennemi lors des combats de la Poche de Saint-Nazaire le à Marzan) ; Jean Le Loroux, lieutenant de vaisseau sur le croiseur Primauguet, est mort lors de l'attaque américaine de Casablanca (Maroc), dans le cadre de l'opération Torch, le .

En juillet 1945 un boulanger de Camors, membre du Parti national breton et accusé d'être un collaborateur, fut condamné à 5 ans d'indignité nationale.

L'après Seconde Guerre mondiale

En 1945 l'élection comme maire du communiste Marcel Allanic par un tissu dense de soutiens au Parti communiste français dans cette commune rurale qui compte alors une section du parti communiste, un cercle local de l'UJFP (Union des jeunes filles patriotes) et un syndicat CGT des ouvriers forestiers.

Camors disposait d'une usine de mise en boîte d'haricots verts. Une usine de production de légumes déshydratés ferma à Camors en janvier 1947.

La gare de Lambel - Camors ferme en 1949 pour le trafic voyageurs et totalement à la fin du XXe siècle.

Un soldat (Roger Penhoet) originaire de Camors est mort pour la France lors de la Guerre d'Algérie.

Le XXIe siècle

En 2019 le conseil municipal de Camors donne, à l'unanimité, un avis défavorable à la demande d'installation, projetée par Auray Quiberon Terre Atlantique, de six éoliennes sur le territoire de la commune.


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Culture

  • Bagad Bleidi Kamorh (Les loups de Camors en breton) : bagad créé en 1956 à l'initiative de l'abbé Le Porh, vicaire de la paroisse. Ses statuts sont officiellement déposés le  (au début les filles n'étaient pas acceptées). Dans la décennie 1970 les répétitions ont lieu dans un local en forêt de Camors. En 2016 le bagad accède à la 2e catégorie. La nouvelle bannière inaugurée en 2022 représente un loup entouré de bombardes.
  • Bibliothèque municipale Jean-Markale.
  • Association Le Chant de la Terre : développement de la musique classique en milieu rural.

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Camors dans la littérature

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