Plouégat-Guérand

Localisation

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Plouégat-Guérand : descriptif

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Plouégat-Guérand

Plouégat-Guérand [pluegat gerɑ̃] (en breton : Plegad-Gwerann) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie

Localisation

Plouégat-Guérand se situe dans le nord-est du Finistère, en Trégor, et est limitrophe du département des Côtes-d'Armor. Elle fait partie de l'arrondissement de Morlaix et du canton de Plouigneau, et se trouve sur le territoire communautaire de Morlaix Communauté.

Plouégat-Guérand fait partie historiquement du Trégor finistérien.

Communes limitrophes

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de plusieurs autres communes :

Communes limitrophes de Plouégat-Guérand
Lanmeur Guimaëc Plestin-les-Grèves (Côtes-d'Armor)
Plouégat-Guérand
Plouigneau Trémel (Côtes-d'Armor)


Relief et hydrographie

Le finage communal forme un plateau en pente notable, incliné vers le nord : les altitudes les plus élevées sont dans la partie sud-est de la commune (141 mètres au nord-ouest de Voasven, 140 mètres près de Kerebars) et s'abaissent vers l'ouest (120 mètres aux alentours de Kerelcun) et surtout vers le nord, s'abaissant jusqu'à une trentaine de mètres près de Porz Cadiou et même 14 mètres près du manoir de Goasmelquin et à 3 mètres seulement en aval de Pont Menou, dans la vallée du Douron. Les altitudes remontent toutefois dans l'extrême-nord du territoire communal, au-delà de la vallée d'un petit affluent de rive gauche du Douron, jusqu'à 79 mètres à la limite nord de la commune, au nord de Corvez. Le bourg est vers 80 mètres d'altitude.

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est séparée de Plouigneau au sud-ouest par le fleuve côtier Dourduff et côté Est des communes voisines costarmoricaines de Plestin-les-Grèves et Trémel par le Douron, un autre fleuve côtier, dont la vallée est encaissée d'environ 80 mètres par rapport au plateau avoisinant, pour sa partie située entre son entrée sur le territoire communal et Toul ar Hoat ; ces deux cours d'eau coulent vers la Manche, le premier cité se jetant dans la Rivière de Morlaix, le second dans la Baie de Lannion.

Le Douron, d'une longueur de 28 km, prend sa source dans la commune de Scrignac et se jette dans la baie de Lannion entre les communes de Plestin-les-Grèves et de Locquirec, après avoir traversé neuf communes. Les caractéristiques hydrologiques du Douron sont données par la station hydrologique située sur la commune de Plouigneau. Le débit moyen mensuel est de 0,47 m3/s. Le débit moyen journalier maximum est de 5,24 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 9,28 m3/s, atteint le même jour.

Le Dourduff, d'une longueur de 21 km, prend sa source dans la commune de Plouigneau et se jette dans la baie de Morlaix entre les communes de Plouezoc'h et de Taulé, après avoir traversé six communes.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Finistère nord, caractérisée par une pluviométrie élevée, des températures douces en hiver (°C), fraîches en été et des vents forts. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Intérieur », exposée à un climat médian, à dominante océanique.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 947 mm, avec 15 jours de précipitations en janvier et 7,8 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Lannion à 20 km à vol d'oiseau, est de 11,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 929,5 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.


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Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploegat Gallon en 1473,

Ploegat, du breton plou et le nom du saint breton Egat, assimilé à saint Agapet ; il pourrait aussi s'agir de saint Ergat.

Guérand, du nom d'une seigneurie; Vallon, Gazvallon en 1330, Gouezrant en 1543.

Plegad-Gwerann en breton.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Moyen Âge

Deux mottes féodales sont recensées dans la commune, l'une est située à Kergallon, l'autre à l'est de Porzmeur, au sud du bourg, près de la route allant vers Plouigneau.

Le manoir de Kerhallon

Le manoir de Kerhallon appartint à l'origine à la famille Goallon et en a conservé le nom quelque peu contracté. Il a aussi donné son nom originel à la paroisse qui se dénommait Plougat-Kergoallon, avant que son nom ne devienne Plouégat-Guerrand après l'érection en 1637 de la seigneurie de Guerrand en marquisat. La branche aînée de la famille Goallon disparut dès le XIVe siècle et le manoir devint la propriété d'Even Charruel, avant de passer aux mains de la famille de Penhoat (par exemple Alain de Penhoat était seigneur de Kergoallon en 1500), puis de la famille Groesquer à la suite du mariage vers 1580 d'Aliette de Penhoat avec Jean de Groesquer, originaire de Pédernec. En 1988, le manoir fut vendu à l'abbé Constantin de Montriou, conseiller au Parlement de Bretagne ; l'acte de vente indique que la seigneurie de Kerhallon, qui s'étendait sur les paroisses de Plouégat-Goallon, Plestin et Trémel sa trève, Lanmeur et Locquirec sa trève, Guimaëc et Plougasnou, bénéficiait d'un droit de péage sur le pont franchissant le Douron au Pont-Haouël, de droit de pêcher le saumon dans la rivière d'Ouff (nom que portait alors le Douron) « en faisant lever les écluses de 17 moulins, depuis celui d'Ancremel jusqu'à la mer » et possédait plusieurs convenants. La seigneurie disposait aussi du droit de haute justice, ses piliers de justice étant situés au sommet de la lande escarpée de Lanvizinec et, dans l'église paroissiale, de la chapelle Sainte-Anne, « située du côté de l'Évangile » ; par contre la chapelle domestique du manoir était déjà ruinée. En 1738, un membre de la famille Groesquer en est à nouveau propriétaire (Auguste-François de Groesquer, lequel prit part à la conspiration de Pontcallec et fut condamné à mort par contumace ; ensuite amnistié, il décéda en 1757 et la terre de Kerhallon fut alors achetée par le marquis de Locmaria et devint une annexe de la seigneurie de Guerrand). Cet ancien manoir a presque totalement disparu de nos jours même si quelques murs subsistent ou du moins subsistaient en 1932 selon Louis Le Guennec.

La seigneurie de Guerrand

Guerrand fut le siège d'une seigneurie importante dont l'existence est attestée en 1351 : Yves Charruel (ou Even Charuel), capitaine de Morlaix, qui lors de la Guerre de succession de Bretagne soutint Charles de Blois et participa au combat des Trente, était seigneur de Guerlesquin et de Guerrand. La seigneurie appartint ensuite successivement aux familles Penhoet, Boiséon et du Parc.

Selon Jean-Baptiste Ogée « le château de Guerrand appartenait en 1480 à Jean Duparc, seigneur de Locmaria [Locmaria], qui (...) fit fermer le parc de ce château, qui est d'une étendue immense. En 1592, le célèbre brigand Guy Éder de La Fontenelle s'empara du château de Guerrand. Louis XIII, voulant récompenser Vincent Duparc de Locmaria des services qu'il lui avait rendu, érigea cette seigneurie en marquisat, par lettres patentes données au mois de mars 1637 (...) en faveur de ce seigneur qui était enseigne dans la Compagnie des Gendarmes [capitaine de la garde des mousquetaires] du cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle et pendant les Guerres d'Allemagne. Il avait épousé Claude de Névet ; il présida par élection aux États de Bretagne assemblés à Fougères le . (...) En 1680, ce marquisat appartenait à Louis-François Duparc, marquis de Locmaria, maréchal des camps et armées du Roi (...) ». La seigneurie disposait du droit de haute justice et le marquis de Locmaria possédait aussi des terres de Kerallon et du Ponthou, y disposant aussi du droit de haute justice.

Lorsque débute la Révolution française, la seigneurie est aux mains de Jacques Quemper de Lanascol, qui émigre en Angleterre. Vendu comme bien national à un marchand de Morlaix, Jean François Pezron, le château tombe en ruine et est rasé en 1840.

Un nouveau château de Guerrand fut construit en 1902, mais incendié en 1940. Le nom a été repris par une simple ferme faisant chambre d'hôtes.

Temps modernes

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.[réf. nécessaire]

Le marquis de Guerrand aurait été, selon la légende, « une sorte de dom Juan impérieux, débauché, sanguinaire, faisant l'amour l'épée au poing et la menace à la bouche. Sa rencontre était redoutée à l'égal de celle d'une bête fauve ». Guillaume Lejean a narré en 1846 dans sa "Notice sur Plouégat-Guerrand" quelques-uns des tristes exploits attribués au marquis qui habitait l'imposant château de Guerrand à une date indéterminée. De nombreuses gwerz ont chanté ses "exploits" ; l'une (gwerz du marquis de Guerrand) a été traduite en français et retranscrite par Émile Souvestre en 1836. Selon Théodore Hersart de La Villemarqué, le marquis concerné serait Louis-François du Parc, marquis de Locmaria et fils de Vincent du Parc et de Claude de Névet, mais Louis Le Guennec pense plutôt qu'il s'agissait de Vincent du Parc lui-même.

Le marquis de Guerrand, mort en 1669, dans son testament, légua une rente de 700 livres à verser annuellement pour la construction et l'entretien, dans le bourg de Plouégat, « d'un hôpital pour 10 à 12 pauvres, avec une gouvernante et un chapelain » ; cet hôpital fonctionnait en 1673 et jusqu'à la Révolution française, au cours de laquelle il fut vendu.

Le manoir de Goasmelquin fut la propriété de la famille de Goudelin (par exemple François de Goudelin au XVIIe siècle), puis à partir de 1704 de la famille de Kersauson en raison du mariage le à Morlaix, de Marie Françoise de Goudelin avec Henri Louis de Kersauson. Une chapelle privée, ayant un clocheton à dôme, dédiée à sainte Barbe, date du XVIIIe siècle.

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Ploagat-Goirand [Plouégat-Guérand] de fournir 25 hommes et de payer 164 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ».

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plouégat-Guérand en 1778 :

« Plouagat-Guerrand ; paroisse qui relève du Roi ; à 8 lieues au sud-ouest de Tréguier, son évêché ; à 34 lieues et demie de Rennes et à 2 lieues de Morlaix, sa subdélégation et son ressort. On y compte 1 000 communiants ; la cure est à l'alternative. Ce territoire est un pays plat et couvert [de bocage], qui renferme des terres bien cultivées, des prairies, quelques landes et le bois de Guerrand, qui peut avoir une lieue de circuit. Les habitants de l'endroit font beaucoup de cidre. Le château de Lomaria-Guerrand est la maison seigneuriale du lieu (...). »

La Révolution française

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Plouégat-Gallon.

Le château de Guerrand est vendu en 1793 comme bien national à Jean François Pezron, dont la fille Marie Victoire épousa Jean Swiney, originaire de Cork (Irlande), un capitaine négociant établi à Morlaix ; un de leurs fils Gustave Swiney fut maire de Plouégat-Guérand et député.

Le XIXe siècle

L'épidémie de choléra survenue dans le Finistère en 1832-1833 fit 95 morts à Plouégat-Guérand.

Selon une inscription dans l'église paroissiale de Guimiliau, saint Laurent attirait dans sa chapelle de Saint-Laurent-du-Pouldour des foules de rhumatisants ; ils faisaient le tour du cimetière à genoux, rampaient sous l'autel dans une sorte de four, se frottaient le visage et les mains contre sa statue, puis procédaient à des ablutions, vêtus d'un pagne ou d'une chemise, sous la cascade jaillissant de la fontaine surélevée (toujours en place) ; les hommes se trempaient à certaines heures, les femmes à d'autres, ainsi qu'en témoignent des photos, mais le clergé, lassé par certaines scènes scabreuses, fit démolir la chapelle à la fin du XIXe siècle ; outre la fontaine, une croix celtique a subsisté.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plouégat-Guérand en 1853 :

« Plouégat-Guerrand (sous l'invocation de saint Agapat, ou Agapit, pape et martyr). (...) Principaux villages : Kerlécan, Kerabras, Ropars, Quinquis, la Boissière, Pont-Ménou, Kernonin. Château du Guerrand. Superficie totale : 1 729 hectares, dont (...) terres labourables 1 052 ha, prés et pâturages 107 ha, bois 138 ha,vergers et jardins 30 ha, landes et incultes 299 ha (...). Moulins : 8 (d'Ancremel, Blanc, de Kerhallon, de Kermellin, de Pont-Ménou, à eau. (...) Le nom de Guerrand, qui s'ajoute à ce Plouégat, pour le distinguer de l'autre [Plouégat-Moysan] est emprunté à la belle seigneurie de ce nom, splendide domaine dont aujourd'hui on ne voit plus que des débris qui témoignent de son antique splendeur. (...) Primitivement cette paroisse avait emprunté comme caractéristique le nom de la terre de Kergoallon et se nommait Plouégat-Kergoallon (...). Géologie : presque toute la commune repose sur un terrain schisto-argileux. On parle le breton. »

Le hameau de Pont-Menou devint, sous l'influence de Guillaume Le Coat, un pasteur originaire de Trémel (il revendique en 1875 21 conversions au protestantisme dans ce hameau), un centre protestant : en 1877, il acquiert une vieille forge dans le village, et en lui adjoignant deux maisons voisines, aménage un temple-école avec une maison d'habitation pour l'instituteur-évangéliste. L'école ouvrit en 1879 et un couple d'instituteurs protestants venus du Béarn, Médard Harrioo-Chou et son épouse, la prirent en charge en 1883 jusqu'en 1896, date à laquelle ils partirent s'occuper de l'école protestante de Trémel. L'école de Pont-Menou eut jusqu'à une cinquantaine d'élèves en 1888 (38 en 1912), la majeure partie d'entre eux étant catholiques ; les familles rurales de Pont-Menou et des environs bravaient les foudres des recteurs de Plestin et de Plouégat-Guerrand en confiant leurs enfants aux maîtres d'écoles protestants, en raison de l'éloignement par rapport à ces deux bourgs. Cette école fut remplacée par une école laïque de hameau entre les deux Guerres mondiales. Cette école de hameau a fermé en 1984.

Le XXe siècle

La Belle Époque

Louis Le Guennec décrit ainsi le village de Pont-Menou au début du XXe siècle : « Le village de Pont-Menou [est] d'un aspect curieusement vétusté. Ses logis délabrés, ses masures, ses pignons ébréchés et vêtus de lierre s'étaient en désordre des deux côtés du chemin taillé dans le roc. Il y avait là, jadis, une léproserie et une chapelle dédiée à Sainte Marguerite, qu'à remplacé un petit oratoire moderne (...). L'ancienne foire de Sainte-Marguerite était si considérable que, dans l'évêché de Tréguier, le mois de juillet n'était connu que sous le nom de « Miz foar Pont-Menou » ("Mois de la foire de Pont-Menou") ».

Le tronçon Plouezoc'h - Plestin-les-Grèves de la ligne ferroviaire à voie métrique des Chemins de fer armoricains ouvre en juillet 1913, desservant des gares intermédiaires à Lanmeur et Plouégat-Guérand et permettant de relier Morlaix à Lannion grâce aux autres lignes existantes. Le tracé de la ligne par Plouégat-Guérand était demandé localement dès 1902. L'exploitation de la ligne est reprise en 1926 par les Chemins de fer départementaux du Finistère, mais, non rentable elle ferme dès le .

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Plouégat-Guérand porte les noms de 72 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 5 au moins sont morts en Belgique dont 4 dès 1914 (Henri et Jean Pouliquen ainsi que Guillamume Morellec dès le lors des combats de Maissin et Pierre Geffroy en octobre 1914 à Dixmude lors de la bataille de l'Yser); 1 est mort en Grèce (François Le Deunf) en 1917 lors de l'expédition de Salonique ; deux au moins sont des marins morts en mer (Jean Péron à bord du croiseur cuirassé Amiral Charner torpillé le par un sous-marin allemand et Jacques Billien à bord du Doxa, un torpilleur grec saisi par la France et coulé dans le détroit de Messine le ) ; la plupart des autres sont morts sur le sol français à l'exception d'Yves Roudaut décédé en Allemagne alors qu'il était prisonnier de guerre.

L'Entre-deux-guerres
La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Plouégat-Guérand porte les noms de 6 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

La Résistance : les deux maquis de Saint-Laurent

Deux maquis s'organisèrent près du village de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand dans le site boisé et encaissé de la vallée du Douron : l'un, créé en , sur le versant est de la vallée, fut un maquis FTP, organisé par Pierre Lagadou, dit capitaine Jules et André Le Men, dit Victor autour initialement de la ferme de Coat Chanus. Les résistants recrutent des réfractaires du STO, organisèrent des parachutages et menèrent des actions de guérilla.

L'autre groupe de maquisards FFI, membre du réseau Libé-Nord, dirigé par le docteur Léon Le Janne, alias Commandant Noël, coopérant avec François Tanguy-Prigent, alias Jacques Le Ru, maire révoqué de Saint-Jean-du-Doigt, ayant sa base à Kerabars, en Plouégat-Guérand, se replia sur le versant ouest de la même vallée en dans le bois de Saint-Laurent, surnommé Coat Janus. Sept lycéens du lycée de Morlaix, âgés de 17 ou 18 ans, formèrent un groupe de résistants au printemps 1943, organisé par Émile Guéguen et Gildas Lebeurier dit "Gil" ; parmi ses membres Louis Gourvil et Émile Le Jeune. Ce "groupe Gil" participa à diverses actions de résistance au Cloître-Saint-Thégonnec et à Plourin-les-Morlaix. Ses membres rejoignirent le maquis FFI de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand, incorporant le "bataillon d'Ornano", dirigé par Édouard Lebeurier (1892-1986).

Quatre membres (Marcel Le Berre, René Morvan, Hervé Ollivier et Jacques Ollivier) de ce "bataillon d'Ornano", ainsi que l'agriculteur (François Trévien) et son employé (André Corvez) qui les cachaient à Pénarvern en Sainte-Sève furent, en raison d'une dénonciation, arrêtés par la Feldgendarmerie qui cerna la ferme, condamnés à mort par un tribunal allemand comme francs-tireurs le et fusillés le même jour en un lieu inconnu, probablement dans les Côtes-du-Nord. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés.

Les maquisards du maquis Saint-Laurent participèrent à tous les combats pour la libération de Morlaix (au Ponthou, à Plougasnou, à Lanmeur, au Boiséon en Plouigneau) le . « Notre mission était de faciliter la progression des Américains en empêchant la destruction des voies de communication et en gardant les Allemands à la côte » déclare un ancien maquisard.

Son avion étant touché par un tir allemand, le capitaine Louis D. Morisson, de l'U.S. Air Force, ayant sauté en parachute, fut recueilli par des maquisards (une rue de Plouigneau a été baptisée "rue Capitaine Louis Morisson").

Une stèle implantée à Kerabars commémore le souvenir des maquisards disparus. Même si ces maquis ne durèrent que quelques mois, ils réunirent près de 500 résistants et réfractaires du STO. Une trentaine de ses membres poursuivirent le combat en participant à la libération de la poche de Lorient en .

L'après Seconde Guerre mondiale

Deux soldats originaires de Plouégat-Guérand sont morts pour la France pendant la guerre d'Indochine (Jean Cillard et Francis Favé) et deux pendant la guerre d'Algérie (Amédée Prigent et Yves Salou).


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Plouégat-Guérand dans la littérature

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