Guimiliau

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Guimiliau : descriptif

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Guimiliau

Guimiliau [gimiljo] (en breton : Gwimilio) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Toponymie

Son nom est un hagiotoponyme caché issu du breton Gwic (bourg paroissial), provenant lui-même du mot latin vicus, et de l'hagionyme saint Miliau. En 1330 se nommait Ploemilau, puis en 1459 Ploemiliau ensuite Ploumiliau, en 1793 (an II) Guimilian et en 1801 Guimiliau.

Géographie

Communes limitrophes de Guimiliau
Landivisiau Guiclan Saint-Thégonnec
Lampaul-Guimiliau Guimiliau Saint-Thégonnec, Penzé
Locmélar Saint-Sauveur Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec

La Penzé, un fleuve côtier dont la source se trouve près du bourg de Plounéour-Ménez, coule à l'est du bourg de Guimiliau et la ligne de chemin de fer Paris-Brest la franchit par un viaduc de 32 mètres de haut. Ce fleuve côtier reçoit son principal affluent, le Coatoulzac'h, juste en aval de Guimiliau. Ce n'est qu'en 1900 (alors que la ligne Paris-Montparnasse-Brest a été achevée en 1865) qu'est construite, aux frais des contribuables locaux, une halte ferroviaire à Guimiliau. La gare de Guimiliau est toujours en service.

Le bourg de Guimiliau est vers 120 mètres d'altitude. La commune est proche du Parc naturel régional d'Armorique situé 9 kilomètres plus au sud.

Dans la rue principale, les maisons au volets clos s'ornent de panneaux « à vendre ». Pourtant, la population augmente doucement et rajeunit.

Hameaux

  • Kerzu est un des villages de Guimiliau, il se situe à l'ouest en direction de Saint-Jacques-en-Guiclan.

Géologie

Le granite gneissique (orthogneiss) de Sainte-Brigitte, dit aussi « de Guimiliau-Plougonven », daté du précambrien, forme géologiquement un horst alors que les monts d'Arrée situés plus au sud correspondent à un graben.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Penzé, le ruisseau le Quillivaron et divers autres petits cours d'eau.

La Penzé, d'une longueur de 40 km, prend sa source dans la commune de Plounéour-Ménez et se jette dans la baie de Morlaix entre les communes de Saint-Pol-de-Léon et de Carantec, après avoir traversé neuf communes.

Le Quillivaron, d'une longueur de 12 km, prend sa source dans la commune de Saint-Sauveur et se jette dans l'Élorn à Loc-Eguiner, après avoir traversé six communes.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Finistère nord, caractérisée par une pluviométrie élevée, des températures douces en hiver (°C), fraîches en été et des vents forts. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Monts d'Arrée », avec des hivers froids, peu de chaleurs et de fortes pluies.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 048 mm, avec 16,3 jours de précipitations en janvier et 8,2 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Pleyber-Christ à 10 km à vol d'oiseau, est de 11,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 101,6 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.


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Histoire

Préhistoire et Antiquité

La présence humaine à Guimiliau remonte au paléolithique (7 à 8 000 ans av. J.-C.) comme en témoigne l'abri sous roche de Roc'h Toull (« La roche percée »), situé certes sur le territoire de la commune de Guiclan, mais à proximité de la limite communale avec Guimiliau. Des chambres souterraines de l'âge du fer ont aussi été découvertes.

Un souterrain, contenant une hache en pierre polie en diorite et des cendres a été découvert en 1932 à Kerouaré en Guimiliau. Ce souterrain orienté est-ouest se compose de trois pièces creusées dans du tuf sablonneux : une grande pièce de 3,5 mètres de long sur 2 mètres de large et haute de 1,30 mètre, une deuxième pièce longue de 2,90 mètres sur 2 mètres de large et haute de 1,30 mètre et une troisième mesurant 4 mètres sur 3 mètres.

La voie romaine allant de Vorgium (Carhaix) à l'Aber-Wrac'h passait par Poullaouen, Locmaria-Berrien, Berrien, puis traversait les communes de Plounéour-Ménez, Guimiliau et Lampaul-Guimiliau, passant ensuite au sud-ouest de Landivisiau. Des monnaies romaines ont été trouvées à Creac'h-ar-Bleiz.

Moyen Âge

La paroisse de Guimiliau faisait partie de l'archidiaconé de Léon relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de saint Miliau. Elle avait comme trève Lampaul-Guimiliau.

Yvon Le Gall, « paroissien de Guimiliau » fut l'un des trois premiers lieutenants du corsaire Jean Coatanlem dans la première moitié du XVe siècle.

Trois manoirs sont attestées à Guimiliau au Moyen Âge : le manoir de Kerbalanec (familles Le Maucazre dont Golven Le Maucazre en 1500, puis Guengat), celui de Coëtquelfen (ou Coëtquelven : en 1443, le duc de Bretagne François Ier établit Guyon de Coëtquelven comme lieutenant de la Cour en sa juridiction de Lesneven) et celui de Penhoat-Huon (famille Kergoanec).

L'activité toilière et la rivalité entre les bourgs lors de la construction des enclos paroissiaux

À partir du XVe siècle, Guimiliau devient le centre géographique de l'activité toilière (lin, chanvre) qui va provoquer l'opulence de la région. La famille Bourlès est la plus connue des familles guimiliennes qui se sont investies dans le commerce de la toile, devenant des juloded, possédant un temps six buanderies (ou kanndi) sur la Penzé et ayant eu jusqu'à 140 métiers à tisser dans la région. Hervé Bourlès se mit même à fabriquer des métiers à tisser, ainsi que des batteuses.

Florian Le Roy explique ainsi l'une des causes de la construction des enclos paroissiaux à la fin du XVIe siècle :

« Une rivalité de bourg à bourg se donne libre essor. Pendant un quart de siècle, on va lutter à coups de fontaines, de calvaires, de chaires, de croix processionnelles. Dans le même temps, les fabriciens de Saint-Thégonnec et de Guimiliau passent commande, les premiers d'un arc de triomphe, les seconds d'un calvaire de 150 personnages bien comptés avec tout un déploiement de reîtres et de lansquenets, tels qu'ils les ont observés pendant les guerres de la Ligue. Aussitôt Saint-Thégonnec, pour ne pas être dépassé, commande les croix des deux Larrons. Pleyben se paye un porche monumental et finit par un calvaire. Guimiliau veut alors un baptistère, un buffet d'orgues, une chaire à prêcher comme oncques on ne vit ! C'est bon ! Saint-Thégonnec lui réplique par une chaire digne de Saint-Pierre de Rome et une mise au tombeau d'un sculpteur morlaisien, Lespaignol. Toutes les paroisses de la montagne solitaire s'enflamment d'émulation : Sizun aura son arc de triomphe, Commana un porche merveilleux et Bodilis aussi ! »

Le calvaire, ainsi que les statues et tableaux de l'église servaient de sorte de bande dessinée aux prêtres de l'époque pour faire le catéchisme aux enfants et prêcher aux adultes.

Du XVIIe siècle au XVIIIe siècle

Au XVIIe siècle, la châtellenie de Daoudour est subdivisée en deux juridictions : celle de "Daoudour-Landivisiau", dite aussi "Daoudour-Coëtmeur", qui avait son siège à Landivisiau et comprenait Plouvorn et ses trèves de Mespaul et Sainte-Catherine, Plougourvest et sa trève de Landivisiau, Guiclan, Saint-Thégonnec, Guimiliau, Lampaul-Bodénès, Pleyber-Christ, Commana et sa trève de Saint-Sauveur, Plounéour-Ménez et pour partie Plouénan ; et celle de "Daoudour-Penzé", qui avait son siège à Penzé et comprenait Taulé et ses trèves de Callot, Carantec, Henvic et Penzé, Locquénolé, Saint-Martin-des-Champs et sa trève de Sainte-Sève.

Un voleur originaire de Guimiliau : Jean Mével, dit « Lebreton »

Jean Mével est né le au bourg de Guimiliau, fils d'Allain Mével, tisserand, et de Françoise Guyot. Il eut au moins un frère et une sœur plus âgés que lui. À quatre ans, il perdit son père, mais passa son enfance à Guimiliau. Il fut engagé pendant trois ans comme « valet de bestiaux » chez un métayer près de Tréguier, puis achetant avec ce qu'il avait gagné de la mercerie à Guingamp, devint colporteur ; en 1750, il est surpris à Tréguier « forçant la boutique d'un marchand » prenant «pour environ quinze cents livres de marchandises, tant en dentelles que bas au métier, que de mouchoirs » afin de les revendre sur les foires et marchés, en compagnie notamment d'Olivier Guilherm, originaire de Guiclan, et principal galant de la célèbre voleuse et chef de bande Marion du Faouët. On retrouve sa trace ensuite à Nantes, où il s'acoquine avec d'autres « vagabonds, contrebandiers et malandrins » et commet divers méfaits, volant des commerçants et commençant à piller des troncs d'église « au moyen de glüe qu'il mettait au bout d'une balleine ». Après une arrestation, il s'enfuit à Angers. En 1752, il est au Folgoët où il pénètre avec trois comparses dans le sanctuaire en enfonçant « un des vitrages » au moyen d'une barre de fer, brise la porte de la sacristie, fracture un coffre et s'empare de 1109 écus. En 1753, il se marie avec Julienne Pomars, veuve d'un de ses complices Guillaume Riou et on retrouve sa trace à Angers, puis à Saumur, passant comme colporteur d'un village à l'autre et continuant, associé principalement désormais à un certain Pierre Ouvrard, ses méfaits, volant des tissus y compris dans l'abbaye de Fontevraud, puis des chevaux près de Nantes. L'un de ces chevaux appartenait au Procureur du Roi au siège présidial de Nantes qui fit rechercher son cheval par la police un peu partout dans la région. Accompagné de sa femme et de complices, il continue son errance, principalement en Touraine à Cinq-Mars, Bléré, etc., vendant de la mercerie d'origine douteuse et tenant un jeu de blanque en dépit des Ordonnances qui l'interdisaient, « contrefaisant tantôt le boëteux, tantôt le manchot », etc. Il est finalement arrêté avec plusieurs de ses complices par Marc Béguin, sénéchal de Réaux à Chouzé, et emmené à Saumur où il est emprisonné, puis le renvoyé avec deux complices devant le présidial de Nantes et réussit à s'évader de la prise royale de cette ville dans la nuit du 27 au , mais la procédure suit néanmoins son cours et il est condamné par contumace le à être « pendu et étranglé jusqu'à ce que mort s'ensuive », 10 livres d'amende et la confiscation de tous ses biens, son complice Ouvrard étant condamné aux galères à perpétuité. Son effigie est symboliquement pendue sur la place du Bouffay à Nantes. Sans doute en compagnie de sa femme, il se réfugie en Bretagne; on retrouve sa trace à Rennes où il dérobe dans la vieille église Saint-Jean, en compagnie de complices dont Olivier Guilherm, un coffre contenant 700 livres, puis commet un autre vol dans la sacristie des Trois-Maries, à Corps-Nuds. Revenu en Basse-Bretagne, ils forcent la sacristie de l'église de Guiclan et y vole 8 100 livres, en compagnie de Joseph Le Bihan, frère de Marie du Faouët, et d'un nommé Goulierne, originaire de Guiclan. Le , il est arrêté sous le pseudonyme de Joseph Lebreton, ainsi que sa femme, Julienne Pomars, et d'autres complices, dans un cabaret de Rennes. Fomentant une révolte dans la prison, il réussit à nouveau à s'évader en compagnie de onze autres prisonniers le , mais il est blessé à la tête lors de son évasion. Sa femme, restée en prison, accouche d'une fille le . Jean Mével retourne alors à Nantes où il est à nouveau arrêté dans la nuit du 23 au et emprisonné à la prison du Bouffay. Le , il est à nouveau condamné « à être pendu et étranglé jusqu'à ce que mort s'ensuive à la potence du Bouffay de cette ville par l'exécuteur de haute justice, après avoir été préalablement appliqué à la question ordinaire et extraordinaire pour avoir révélation de ses complices ». La « question » lui est administrée le jour même, puis il est exécuté à la tombée de la nuit. Sa femme et d'autres complices, tant de Jean Mével que de Marion du Faouët, furent envoyés à Quimper, puis à Nantes où ils restèrent en prison pendant six années, d'autres furent exécutées comme Marion du Faouët elle-même.

La sévérité de la justice à l'époque

En 1773, Christophe Castel, 23 ans, originaire de Lesneven, qui a dérobé 273 livres dans la paroisse de Sizun, et volé un cheval au pâturage sur la paroisse de Guimiliau, est condamné « d'être pendu et étranglé, jusqu'à ce que mort s'ensuive, par l'exécuteur de haute justice, à une potence qui sera pour cet effet plantée à la place publique et patibulaire de la ville [Lesneven]» et, en outre, à la confiscation de ses meubles et aux dépens.

L'importance du culte des morts

Selon A.Delorme, « À Guimiliau, comme à Saint-Thégonnec, nous sommes au centre du pays des Karnels (« ossuaire » ou « charnier » en breton). Nulle part le culte des morts et le souvenir des ancêtres n'y ont été plus pieusement conservés. Aussi, si les monuments religieux y célèbrent tout d'abord la gloire et la puissance de Dieu, ils invoquent principalement sa miséricorde (..), ils évoquent surtout le souvenir des disparus, ils demandent des prières aux survivants et ils montrent la fragilité de la vie humaine. (…) C'est pourquoi (…) tout autour de l'église de Guimiliau, se dressent tout autour des tombes qui couvrent le cimetière, un calvaire, un ossuaire et une chapelle des morts. C'est une enceinte sacrée dans laquelle on pénètre par l'arc de triomphe consacré Guimiliau offre même une particularité exceptionnelle : la chapelle des morts présente une chaire extérieure. Souvent dans cette chaire, le jour des morts, prêche le recteur qui vient de conduire la procession des fidèles à travers le champ funèbre ».

La pauvreté et la mendicité

Le recteur de Guimiliau écrit le  : « Le nombre des mendiants domiciliés dans la paroisse et dans la trève de Lampaul monte à 240, en proportion de 1 sur 12 à 13. La source de la mendicité sont le défaut de travail pour quelques-uns (…), l'insuffisance du salaire pour sustenter leur famille, surtout quand le mari artisan tombe malade. L'ivrognerie qui, malheureusement infeste la paroisse et surtout la fainéantise est la cause principale de la plupart des mendiants ».

Guimiliau en 1778

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Guimiliau en 1778 :

« Guimilliau ; à 5 lieues un quart au sud de Saint-Pol-de-Léon, son évêché ; à 37 lieues de Rennes ; et à 4 lieues un quart de Landerneau, sa subdélégation. Cette paroisse, dont la cure est présentée par l'Évêque, relève du Roi et ressortit à Lesneven. On y compte, y compris ceux de Lambol [ Lampaul-Guimiliau ] 3 800 communiants. Ses maisons nobles sont Coëtquelven et Kerbalanec. (...) Ce territoire forme un pays plat, où les terres non cultivées sont aussi étendues que les terres en labeur. »

La Révolution française et le XIXe siècle

La Révolution française

Un député représentait la paroisse de Guimiliau lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le , c'était Bernard Maguet.

Le moulin à tan de Kerbalanec, couvert de genêt, est vendu comme bien national en 1801.

Les foires et marchés

En 1840, 12 foires, spécialisées dans le commerce des bêtes à cornes et des porcs, se tenaient chaque année à Guimiliau : trois d'entre elles étaient reconnues officiellement, le 2e mercredi de mars, juillet et septembre, mais neuf autres, non reconnues officiellement se tenaient depuis un temps immémorial le troisième lundi des mois de janvier, février, avril, juin, août, septembre, octobre et décembre, toutes qualifiées de « très utiles et très importantes » par le sous-préfet de Morlaix.

Guimiliau en 1843

En 1825, l'évêque de Quimper et de Léon supprima le pardon de Guimiliau « par rapport aux scandales et aux désordres qui s'y commettent ».

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Guimiliau en 1843 :

« Guimilliau (sous l'invocation de saint Milliau, prince breton qui vivait au IXe siècle) : commune formée par l'ancienne paroisse du même nom, moins sa trève Lampaul ; aujourd'hui succursale. (...). Principaux villages : Kerforn, Kerdu, Creac'h-ar-Bleis, Kerrun, Keroual, Penhoat-Huon, Treillic. Maison remarquable : manoir de Kervern. Superficie totale : 1 122 hectares, dont (...) terres labourables 864 ha, prés et pâtures 21 ha, vergers et jardins 1 ha, bois 22 ha, landes et incultes 75 ha (...). Moulins : 5 (de Kerdu, de Kerhallanec, de Penhoat-Huon, à eau. (...) Il y a en cette commune un seul pardon, qui dure un jour et attire peu d'affluence. L'agriculture n'est point, comme le dit Ogée, envahie par les terres incultes. Il paraît, d'après ce que dit Cambry, qu'il y avait autrefois des tanneries dans cette paroisse ; aujourd'hui il n'y en a plus. Le Gall, auteur de plusieurs petits poèmes bretons qui jouissent d'une certaine renommée, a été curé de Guimilliau [Guimiliau].Il y a foire les deuxièmes mardis de mars, juillet et novembre. Géologie : la plus grande partie de la commune repose sur gneiss ; le granite se montre à l'est, et les terrains schisto-argileux dans l'ouest et le nord. On parle le breton. »

La vie agricole

Guimiliau a longtemps été aussi un pays de tannerie, d'élevage des chevaux et d'apiculture. Selon des statistiques agricoles publiées en 1849 et concernant selon les productions des années comprises entre 1836 et 1846, la totalité de la population agricole en 1831 est de 1 464 personnes, soit la totalité de la population communale. La répartition de l'occupation des terres est en 1836 la suivante : 864 ha de terres arables, 75 ha de landes et bruyères, 23 ha de bois, taillis et plantations, 22 ha de prairies naturelles ; la commune possédait alors 5 moulins en activité. Les paysans de Guimiliau cultivaient à l'époque 273 ha de froment, 147 ha d'avoine, 130 ha d'orge, 4 ha de seigle, 69 ha de sarrasin, 14 ha de lin, 3 ha de chanvre, 26 ha de navets, betteraves, carottes et choux (dont 17 ha de navets), 130 ha de trèfle, 43 ha de pommes de terre, 71 ha d'ajoncs d'Europe, 60 ha restant en jachère, et élevaient 172 chevaux (69 mâles, 24 hongres, 40 juments, 39 poulains), 223 bovins (dont 170 vaches), 120 porcs, 18 ovins (1 bélier, 10 moutons, 4 brebis, 3 agneaux), 100 poules et 40 coqs, 20 canards, et possédaient 144 ruches à miel.

Les paroissiens de Guimilau vus par leurs recteurs : Jean Sévézen et Louis Keraudren

Jean Sévézen (1817-1890) fut recteur de Guimiliau entre 1861 et 1872 ; il a écrit à propos des « juloded » (paysans enrichis par le commerce de la toile ou des tanneries) de Guimiliau :

« Les habitants de Guimiliau et des paroisses voisines sont essentiellement orgueilleux. Avec cela, ils sont ignorants, et dans leur ignorance, ils se croient plus que les autres, même plus que leurs prêtres. (...) Outre l'orgueil et la fierté, ce qui caractérise le plus les habitants de Guimiliau, c'est l'avarice, et même l'avarice la plus sordide pour leur église et pour leurs prêtres. Il y a telles gens dans la paroisse qui n'ont jamais donné un centime aux marguillers de l'église et qui s'en vantent. Ils conseillent même aux autres de ne rien donner au Saint, qui, disent-ils, est plus riche qu'eux, ni aux prêtres qui, selon eux, ont toujours assez puisqu'ils sont rétribués par le gouvernement. Ils sont enchantés quand ils voient embellir leur église, mais ils se refusent à y contribuer. C'est là l'affaire des prêtres, puisque ce sont les prêtres qui en usent le plus. Le croirait-on ? Il s'est vu dans la paroisse des gens qui ont dix-huit cents francs ou deux mille francs de rente, et qui ont osé donner trois sous aux prêtres pour leur quête. C'est si peu de chose que je n'ai pas cru digne de moi de faire la quête du prédicateur après Pâque : je l'ai toute laissée à mon vicaire. »

Un des successeurs de Jean Sévézen, Louis Keraudren, qui fut recteur de Guimiliau entre 1897 et 1912, écrit en 1905 que les « juloded » membres du conseil de fabrique « lui chicanaient quelques sous pour l'achat d'un drap mortuaire ». Il accusa même certains « juloded » de piller l'argent du conseil de fabrique qui, au lieu d'être enfermé dans le coffre à trois clefs du presbytère, se trouvait déposé dans la propre maison du trésorier. Déjà Jean Sévézen avait écrit en 1861 que « le recteur a besoin de la plus grande vigilance (…) pour empêcher la fabrique d'être pillée par la commune ». Le dimanche de Quasimodo de l'année 1904, le conseil de fabrique décida de supprimer le traitement versé aux organistes qui étaient alors deux sœurs célibataires, les demoiselles Floc'h, qui avaient de plus leur mère à leur charge, en dépit de leurs protestations.

Le pourcentage de conscrits illettrés à Guimiliau entre 1858 et 1867 est de 52 %.

La gare de Guimiliau

En 1878, la Chambre de commerce de Brest demanda que le raccordement de la ligne ferroviaire devant desservir Roscoff avec la ligne Paris-Brest se fasse à Guimiliau plutôt qu'à Morlaix, mais elle n'obtint pas satisfaction compte tenu des avis formulés par la plupart des autres personnes et organismes concernés. La construction d'une halte ferroviaire desservant Guimiliau fut néanmoins décidée, en dépit de l'opposition des « juloded » à la création de cette halte ferroviaire, comme le montre cette lettre de Louis Keraudren, recteur de Guimiliau, écrite en septembre 1899 :

« Oui, mon cher ami, il y aura une halte à Guimiliau, malgré les « julots » ! Si Monsieur de Mun, que j'ai tant importuné, harcelé, pour obtenir cette halte, connaissait les intentions égoïstes de mes « julots » ! Mais je me garderai bien de les lui révéler. »

Probablement les « juloded » de Guimiliau, qui rêvaient d'immobilisme social, avaient-ils peur que le progrès technique n'apporte avec lui des idées nouvelles.

En 1896, un document indique que les Sœurs de l'Immaculée Conception de Saint-Méen assistaient et soignaient gratuitement les malades de Guimiliau à domicile.

Le XXe siècle

Description de Guimiliau vers 1900

Albert Clouard en 1892 dans Tro-Breiz fait une longue et intéressante description de Guimiliau. Il commence par décrire l'enclos paroissial :

« Guimiliau est un véritable musée. (...) Le sanctuaire dédié à saint Milliau (..) date en grande partie du XVIe siècle. De la tour, couronnée d'une galerie flamboyante et flanquée d'une tourelle ronde, s'élance une flèche et des clochetons. es pignons sont dentelés de crochets et les contreforts terminés par des pinacles carrés, évidés à jour. Dans l'angle du poche latéral, un petit charnier soutenu de six colonnes et orné de bas-reliefs, s'adosse, renfermant des têtes de mort encloses dans des boîtes. Le porche, du style Renaissance le plus pur, est très beau. Il est décoré d'ornements variés et gracieux (...) parmi lesquels on remarque Ève donnant le sein au petit Abel et branlant du pied le berceau de Caïn, puis Noé voguant dans un vaisseau tout équipé, ses fils Sem, Cham et Japhet découvrant leur père jeté par le jus de la grappe dans une ivresse licencieuse, et différents autres sujets (...). À l'intérieur de l'église, on voit de beaux vitraux.(...) Dans le cimetière, on admire d'autres merveilles. C'est d'abord la porte triomphale, puis la chapelle funéraire dédiée à saint Roch, qu'une similitude de nom a fait le patron des pierres levées (roc). Cet édifice est décoré de clochetons, de bénitiers, et d'une chaire extérieure où, le jour de la fête des morts, le recteur de la paroisse prêche aux fidèles agenouillés parmi les ossements de leurs parents et amis. Mais le monument qui attire le plus l'attention est le calvaire au milieu des tombes. (...) Cinq contreforts percés d'arcades rayonnent autour. Un escalier dissimulé conduit sur la plate-forme où s'élève une croix dont les branches portent des figurines. Au-dessous, et bordant de l'entablement, se déroule une longue théorie de personnages tenant les principaux rôles de cette tragédie qui s'appelle « la vie du Christ », depuis l'Adoration des mages jusqu'à la Résurrection. Tous sont vêtus à la mode du XVIe siècle : les femmes portent le col évasé et les coiffures à la Médicis, les soldats des habits à la Henri III, des hauts-de-chausses bouffants à crevés, de larges fraises godronnées, des toquets à plume, des cabassets et des rondaches. Le diable est affublé d'une robe de moine, Pilate d'une mitre d'évêque, saint Pierre tient à la main l'oreille de Malchus. L'un des plus curieux épisodes est celui du transport de la Croix, où l'on voit le Christ précédé d'une troupe de gens battant tambour et soufflant de l'olifant. Une autre scène, n'ayant rien à voir avec les autres, est particulièrement remarquable : elle représente Catell Collet précipitée par des démons grotesques dans l'enfer, que figure naïvement la gueule d'un dragon. Selon une gwerz populaire, Catel Collet, ou « Catherine la Perdue », ayant caché une faute à son confesseur, fut condamnée aux tourments éternels Mais elle revint sur terre, quelques années plus tard, pour faire à ses parents et amis cette révélation : »

Chetu va dorn quiriec d'am c'heuz
Ha chetu sa zeol argarzuz
Va dorn en deuz gret ar pec'het
Ha ra zeot en deuz he nec'het.
Voici ma main cause de mon malheur
Et voici ma détestable langue
Ma main qui a fait le péché
Et ma langue qui l'a nié.

Albert Clouard, dans le même ouvrage, décrit aussi les costumes portés à l'époque par les habitants de Guimiliau :

« Les hommes (...) portent un habit large, fendu à quatre basques, orné de poches à patelettes, de rangées de boutons serrés et de fausses boutonnières artistement brodées, puis, dessous, un gilet toujours entr'ouvert, tombant très bas sur les cuisses et ceint à la taille d'un turban bleu. Quelques rares vieillards ont encore conservé l'ample bragou flottant, arrêté au-dessous du genou, le serre-tête de toile blanche que recouvre le grand chapeau de feutre. Et dans leur sévère costume entièrement noir, ils semblent de fiers gentilshommes du temps de Louis XIII descendus de leurs vieux cadres dédorés. L'habillement des femmes n'est guère plus joyeux ; cependant l'étoffe sombre est relevée de galons rouges ou violets, bordant les parements, le col et le revers du justin. De plus, une collerette tuyautée recouvre leurs épaules, mais elle tend à disparaître et on la remplace par un long châle bleu ou gris. La coëffe appelée tintammant est accompagnée, de chaque côté, de barbes étroites, relevées sur la tête et épanouies sur la nuque en éventail. »

Le docteur Chevrey fait remarquer, à la suite de son voyage en Bretagne en 1924 : « Chose curieuse, ces trésors architecturaux s'élèvent au milieu d'infimes villages, de bourgades misérables. Ce fut pourtant, naguère, une région riche, bien déchue maintenant, de sa splendeur. (…) Toute cette prospérité a disparu. Il ne reste dans les églises, comme témoins de ce passé mort, que les inscriptions à demi-effacées des tombes de ces riches marchands, que leurs crânes logés dans d'étroites boîtes ajourées, entassées les unes sur les autres autour du maître-autel, sur la corniche des entablements, comme des bibelots funèbres sur une pieuse étagère ».

Gustave Geffroy en 1902 décrit « les hommes vêtus de drap noir, veste ou habit court à quatre petites basques carrées, long gilet garni de boutons serrés, pantalons tombants, bordures de velours, large ceinture bleue, chapeau rond à rubans, souliers à boucles » et note « une très forte ressemblance avec le costume espagnol ».

En 1892, Constant de Tours écrit dans Vingt jours en Bretagne que « pendant l'hiver, on y vient d'Espagne acheter des bidets excellents pour les ascensions des sierras »

Des halles existaient à Guimiliau au début du XXe siècle, peintes par Joseph-Félix Bouchor.

La Belle Époque

En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par François-Virgile Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d'Émile Combes contre l'utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur de Guimiliau, l'abbé Keraudren, écrit : « Le catéchisme et les instructions [religieuses] se font et ne peuvent se faire, qu'en breton ».

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Guimiliau porte les noms de 62 soldats de la commune morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.

La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Guimiliau porte les noms de 7 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le viaduc ferroviaire de Guimiliau est bombardé par des avions alliés le . Un maquis FFI se crée à Guimiliau ; Claude Kerléo, de Lampaul-Guimiliau, témoigne de la journée du  : « Notre mission est de défendre le viaduc de la voie ferrée Brest-Morlaix qui servira à la logistique des alliés à leur arrivée. Ce soir nous avons reçu un parachutage de matériel impressionnant : mitraillettes, fusils mitrailleurs, lance-roquettes, explosifs... mais surtout 12 parachutistes américains de l'OSS qui sont là pour nous former et coordonner nos actions. Comme nous manquons de tout depuis le début de la guerre, les parachutes des containers sont rapidement réemployés. C'est ainsi que je me fais confectionner [une] chemise ».

L'après Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Guimiliau porte les noms de 4 soldats morts pour la France pendant la guerre d'Algérie.

Les activités agricoles modernes

Les agriculteurs de Guimiliau pratiquent des élevages hors-sol importants de volailles et de porcs.

Héraldique

Blason
D'azur à une épée basse d'argent accostée de deux mouchetures d'hermine du même et surmontée d'une couronne comtale au naturel ; à la bordure crénelée d'or.
Devise / Cri
Beza e peoc'h (Être en paix)
Détails
La couronne et l'épée sont pour saint Miliau, comte, guerrier et patron de la paroisse locale, les mouchetures d'hermines sont pour la Bretagne, la bordure est pour l'enclos paroissiale, dont la construction fut possible grâce à la culture du lin, qui est rappelée par le champ d'azur, couleur de la fleur de lin.

Création Jean-François Binon, adoptée en 2021.

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Guimiliau dans la littérature

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1280 autres localités pour la Bretagne — région

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Document créé le 03/01/2018, dernière modification le 12/11/2025 c20260129-061643
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