Étobon
Localisation

Étobon : descriptif
- Étobon
Étobon est une commune française située dans le département de la Haute-Saône, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté. Son histoire remonte au Moyen Âge
Un château féodal est attesté en 1256, construit sur la butte d'Étobon, il dominait les lieux jusqu'en 1519 où il fut incendié et détruit
Cette butte d'Étobon (574 mètres) se détache du paysage et a été le théâtre d'un accident aérien en 1933
Elle appartient au Chérimont un massif collinéen au cœur duquel se situe le territoire de la commune
Celui culmine à la tête de cheval (585 mètres). La commune est reconnue comme village martyr de la Seconde Guerre mondiale
Le 27 septembre 1944, alors que les Alliés sont sur le point de libérer la région, les Allemands répondent aux harcèlements des résistants par l'exécution d'une quarantaine d'habitants.
Géographie
Situation
Étobon est un village situé au cœur d'une région boisée et au relief accidenté de la Haute-Saône en Bourgogne-Franche-Comté. Il s'étend sur 1 226 hectares à une altitude de 441 mètres. Avec ses 286 habitants en 2005, soit 23,3 habitants par km2, Étobon est la 184e ville du département et la 22 920e ville de France.
Un sentier de randonnée, le chemin de la Cude, traverse le village.
La commune est proche du parc naturel régional des Ballons des Vosges à environ 5 km. La grande ville la plus proche est Belfort à 13 km ; les villages limitrophes de la commune sont Belverne, Frédéric-Fontaine et Chenebier.
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Champagney, Belverne, Chenebier, Clairegoutte et Luze.
Géologie et relief
Étobon se situe au cœur du massif du Chérimont, un petit massif montagneux dépassant rarement l'étage collinéen. Situé entre les Vosges saônoises, la trouée de Belfort et les contreforts du massif du Jura, le territoire de la commune est particulièrement vallonné et boisé. Le sommet le plus marquant du territoire est celui de l'ancien château féodal qui domine le village par le nord (574 m). Plus au nord, le territoire de la commune se limite aux flancs de la « Tête de cheval », un massif qui tient son nom de sa forme ; c'est aussi le sommet le plus étendu et le plus élevé du Chérimont : il culmine à 590 mètres sur le territoire de la commune voisine de Clairegoutte et attient 585 mètres à Étobon. Au sud-est de la commune, le bois de Thure recouvre un sommet notable qui culmine à 557 mètres d'altitude.
Le bassin houiller stéphanien sous-vosgien occupe le territoire communal, recouvert par un Permien épais.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 305 mm, avec 13,2 jours de précipitations en janvier et 10,7 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 10,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 272,5 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 38,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −18 °C, atteinte le .
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −0,9 | −0,6 | 1,7 | 5 | 8,7 | 12,3 | 13,8 | 13,5 | 10 | 6,9 | 3 | 0,1 | 6,1 |
| Température moyenne (°C) | 1,9 | 2,9 | 6,5 | 10,5 | 14,1 | 18,2 | 19,8 | 19,4 | 15,4 | 11,2 | 6,2 | 2,8 | 10,7 |
| Température maximale moyenne (°C) | 4,7 | 6,5 | 11,2 | 16,1 | 19,6 | 24 | 25,8 | 25,3 | 20,7 | 15,6 | 9,3 | 5,5 | 15,4 |
| Record de froid (°C) date du record |
−11 07.01.17 |
−14,5 13.02.12 |
−18 01.03.05 |
−5 01.04.13 |
−1 06.05.19 |
1 02.06.06 |
6 03.07.11 |
5 08.08.05 |
2 20.09.12 |
−5 29.10.12 |
−8 30.11.10 |
−18 20.12.09 |
−18 2009 |
| Record de chaleur (°C) date du record |
16 25.01.16 |
20 24.02.21 |
26 31.03.21 |
28 21.04.18 |
31,5 28.05.17 |
36 26.06.19 |
38,5 24.07.19 |
38 07.08.15 |
33 15.09.20 |
29 07.10.09 |
23 07.11.15 |
16 17.12.15 |
38,5 2019 |
| Précipitations (mm) | 124,1 | 91,1 | 105,4 | 83,9 | 120,3 | 88,9 | 87,2 | 108,8 | 87,8 | 123,2 | 119,3 | 132,5 | 1 272,5 |
| Diagramme climatique | |||||||||||
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
| Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm | |||||||||||
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
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Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous différentes formes depuis le XIIIe siècle : Estobon en 1256, puis Estoboin en 1275, puis Etaubon en 1343. La commune prend finalement le nom d'Étobon en 1588.
Il existe plusieurs étymologies fantaisistes du nom de la commune. Estobon (d'après sa première graphie), serait construit de la façon suivante : « es », « to », « bon », ce qui doit se comprendre comme « près des deux fontaines ». L'élément « es » a valeur d'article-préposition près, « to », « zwo » voulant dire deux et « bon » en vieux patois signifiant fontaine et qu'il faut rapprocher ici du terme d'origine teutonique brunn, bren qui a la même signification.
Une autre explication consiste à interpréter le « to », comme une altération de tectum ou de dach « toit » (en latin et en allemand) : Etobon signifierait alors « près de la fontaine couverte, munie d'un toit ».
Selon Ernest Nègre, Etobon provient simplement d'un nom de personne germanique, Stoppo.
Histoire
Depuis l'époque médiévale, le village d'Étobon est intimement lié à l'histoire du comté de Montbéliard, puis à celle de la Principauté de Montbéliard.
Le Chastel-Thierry
Sur la hauteur du village, il existait une importante forteresse, dont l'existence est attestée dès 1256, appartenant aux sires de Chalon. Une charte datée du le nomme Chastel-Thierry en hommage au comte de Montbéliard. Hugues, seigneur de Montbrison et d'Aspremont et fils d'Hugues de Bourgogne en était le suzerain en 1287. En 1407, par l'avènement du mariage de la princesse Henriette d'Orbe, petite-fille d'Étienne de Montfaucon, la terre d'Étobon et son château passent dans la Maison de Wurtemberg.
Le château était fort d'une part par sa position et de l'autre par les travaux considérables qui avaient été réalisés. Il était situé à 167 m au-dessus du village et mesurait 220 m dans sa plus grande longueur et 60 m de large.
Incendié et détruit en 1519 par le comte Guillaume de Furstenberg, seigneur d'Héricourt, alors en guerre contre le duc Ulric Ier de Wurtemberg, comte de Montbéliard, pour une affaire de succession. Ulric Ier, qui recouvra le château, ne crut pas devoir le remettre en état. Il tomba dès lors en ruine.
En 1580, Jean Ulrich de Steinek vend la seigneurie comprenant les villages de Magny-Danigon, Clairegoutte, Belverne et Étobon à son suzerain, Frédéric de Würtemberg.
En 1587, le village est de nouveau dévasté et incendié par l'armée des Guise et les habitants massacrés. La guerre de Dix Ans qui s'ensuivit, n'apporta au village que peste et famine. On ne comptait alors plus que 22 habitants dans le village.
Dès le milieu du XVIIe siècle, après le désastre de la Guerre de Dix Ans, les habitants du village, avec la permission du prince de Montbéliard, prirent une grande quantité de pierres du château ruiné pour la reconstruction de maisons. Leurs descendants les imitèrent. Aujourd'hui, il ne reste plus rien du château.
La recolonisation du village débuta en 1662 et se poursuivit en 1715 avec la venue d' éléments suisses francophones et protestants.
En 1748, après la perte des Quatre Terres dépendantes (Clémont, Châtelot, Blamont, Héricourt), la principauté redevient comté. En 1755, un certain nombre d'habitants émigre en Nouvelle-Écosse (Canada) à cause de la surpopulation et de l'interdiction de défricher la forêt de Chagey.
Franabie
Franabie ou Frénebie est un hameau situé entre Étobon, Belverne et Chenebier dont l'existence est avérée dès le XIIe siècle par une charte de 1152 où Guy et Hugues de Granges donnent à l'abbaye de Bithaine tout ce qu'ils possèdent à "Franabit et Genubit". Leur exemple sera suivi par Guy de Traves, chevalier, qui avec l'accord de sa femme Eluys ou Illiette de Faucogney et de leurs fils Étienne et Rainaud, renonce aux biens qu'il tient dans ses deux localités en faveur du même monastère. Un document de décembre 1287 fait état de la cession de la jouissance viagère du château d'Étobon et de la châtellenie par Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard, en faveur de son frère Hugues. Par ce document Renaud se réserve la "grange de Franabie" et une portion du territoire ainsi décrite : « Par devers Etobon, dès la goutte Estevenon au chemin que va de Chenebie à Belverne, jusqu'à chemin que va d'Etobon à Montbéliart, et tout celluy chemin de Montbéliart en amont, jusques ès bois de Vas (Vaux) par les bouesnes que mises y sont ». Franabie semble avoir cessé d'exister vers le début du XIIIe siècle.
Temps modernes
Étobon se convertit au protestantisme en même temps que le reste de la principauté de Montbéliard, au cours du XVIe siècle, conversion imposée par le prince. Pour enseigner la foi selon la formule de concorde de Wittemberg relevant du luthéranisme, le village est doté d'une école dès la fin du XVIe siècle. La scolarisation est alors obligatoire de 6 à 12 ou 13 ans (et l'absentéisme puni d'amende à partir de 1724). L'école était aussi pourvue d'une bibliothèque.
Du XVIe siècle au XVIIe siècle, le bois de la forêt du Chérimont est exploité et transporté par flottage sur la Luzine.
L'époque contemporaine
Étobon est réuni à la France le et intégré au département de la Haute-Saône, mais change plusieurs fois de département :
- 1793 : Haute-Saône ;
- 1797 : Mont-Terrible ;
- 1801 : Haute-Saône.
Après le creusement d'un sondage positif à Lomont, une concession de 2 336 ha, incluant le territoire communal, est accordée à la société de recherche de houille entre Montbéliard et Villersexel en 1904 pour l'exploitation d'un gisement de houille se prolongeant au sud du puits Arthur-de-Buyer, exploité par les houillères de Ronchamp. Mais il n'y eut aucune extraction de charbon. Un autre sondage est établi sur la commune, il n'a pas rencontré ce gisement.
Un accident aérien s'est produit le dans lequel l'avion postal « l'Étoile d'Argent » percute la butte d'Étobon et s'y écrase faisant deux morts parmi les cinq occupants de l'appareil.
Seconde Guerre mondiale
La Seconde Guerre mondiale n'a pas plus épargné Étobon. En , alors que les Alliés sont sur le point de libérer la région, les Allemands répondent aux harcèlements des résistants par l'exécution d'une quarantaine d'habitants, fusillés dans le village voisin de Chenebier.
La campagne de libération de la France se termine à la fin de l'été 1944. Le 16 septembre, c'est Lure qui est libérée, à quelques kilomètres d'Étobon. La ligne de front se stabilise quelques semaines, dans une pause logistique . Les résistants harcèlent la Wehrmacht et le 9 septembre, capture un général allemand, qui est exécuté avec une partie de son escorte. L'armée allemande décide de représailles, en application du Keitelbefehl du 16 septembre 1941. Le , trente-neuf hommes du village sont fusillés par les troupes allemandes contre l'église protestante de Chenebier et vingt-sept autres emmenés comme prisonniers en représailles de la mort d'un général allemand tué le par les patriotes du Chérimont dans la forêt entre Belverne et Lyoffans ; neuf de ces derniers sont fusillés près de Belfort et les autres, dont le pasteur du village, qui avait demandé à plusieurs reprises à mourir pour tous, sont déportés dans les camps de concentration, d'où plusieurs ne devaient pas revenir.
L'épisode est bien connu grâce à Jules Perret, qui tenait un journal de bord, qui a servi à l'écriture de Les crimes du fascisme nazi. Étobon village de terroristes, publié en 1945 par les soins du maire Charles Perret. Le traumatisme a fait qu'il n'y a plus eu de bal au village avant 1978.
La commune a reçu la Croix de guerre 1939-1945 à l'issue de la Seconde Guerre mondiale et la croix de chevalier de la Légion d'honneur par le décret du .
Le village d'Étobon a été le lieu de passage d'un grand nombre de prisonniers de guerre de nationalité indienne qui, après avoir profité le du bombardement par l'aviation alliée de leur camps situé sur les hauteurs d'Épinal pour s'évader, ont chercher à rejoindre la frontière suisse dans la région de Porrentruy. En tout, 500 prisonniers de guerre indiens ont réussi à trouver refuge en Suisse, ce qui constitue la plus grande évasion de prisonnier de guerre de toute la seconde guerre mondiale. Cet épisode est relaté dans le livre « The Great Épinal Escape » de l'historien britannique Ghee Bowman. Jules Perret, le maréchal-ferrant d'Étobon, est cité à plusieurs reprises dans cet ouvrage pour son aide apportée aux fugitifs qui ont traversé le ban de la commune. Son fils fera malheureusement partie des fusillés du .
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Héraldique
| Blason | Parti : au premier de gueules aux deux bars adossés d'or, au second mi-parti d'or à l'aigle bicéphale de sable accompagnée, en pointe, de quatre trèfles de sinople ordonnés en chevron renversé. |
|
|---|---|---|
| Détails | Le statut officiel du blason reste à déterminer. |
Ces informations proviennent du site Wikipedia (v2.1 – 04/08/2025 23:39:25). Elles sont affichées à titre indicatif en attendant un contenu plus approprié.
Étobon dans la littérature
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Document créé le 03/01/2018, dernière modification le 12/11/2025 c20260124-164018
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