Vizille
Localisation

Vizille : descriptif
- Vizille
Vizille (prononcer [vi.zil]) est une commune française située, géographiquement dans la vallée de la Romanche, administrativement dans le département de l'Isère et en région Auvergne-Rhône-Alpes. Autrefois rattachée à la province du Dauphiné et berceau de la Révolution française, Vizille est située sur la route Napoléon qui relie Golfe-Juan à Grenoble
La ville abrite notamment le musée de la Révolution française, hébergé dans le château de François de Bonne (1543-1626), duc de Lesdiguières, dernier connétable de France, gouverneur du Dauphiné, ancien seigneur des lieux. Lieu de Résistance durant la seconde Guerre mondiale, la commune fut libérée par des combattants locaux
Vizille possède un passé riche en évènements historiques dont témoignent encore aujourd'hui la présence de ce château du XVIIe siècle et de son domaine qui furent, durant plus d'un siècle, une des résidences officielles du président de la République française. Les habitants de Vizille se dénomment les Vizillois.
Géographie
Localisation
La commune de Vizille est située dans le département de l'Isère et dans la partie sud de l'agglomération grenobloise, à environ 18 km de Grenoble, 100 km de Gap, 107 km de Valence, 130 km de Lyon, 320 km de Marseille, 590 km de Paris et 248 km de Turin (Italie).
Depuis Vizille, dans la direction du sud, après avoir franchi la Romanche qui borde le territoire communal, on accède au plateau matheysin par la rampe de Laffrey, au massif de l'Oisans, par la route de Gap et dans la direction nord, on accède au Grésivaudan, à la station thermale d'Uriage-les-bains et la station de ski de Chamrousse, toutes très proches.
Description
La majeure partie du territoire vizillois et la quasi-totalité de la zone urbanisée se situent dans une cuvette formée par la Romanche, rivière qui longe le territoire communal dans sa limite occidentale.
Le bourg central qui s'articule principalement au nord et au nord-ouest du domaine du château (lequel occupe une grande superficie du territoire communal), présente de nombreuses maisons dites « de ville » ainsi que des immeubles peu élevés regroupés en îlots et ayant pour vocation principale d'habitat privé. Ce secteur présente également des bâtiments accueillant des équipements publics et des services de proximité (dont la mairie) situés à proximité d'une rue centrale dénommé rue du Général de Gaulle (ex Grand'rue) et qui comprend de nombreux commerces de proximité. la présence d'une voûte passant sous le domaine permet de relier le bourg central à la partie orientale de la commune (quartiers des Allas et des Corniers)
On peut noter en périphérie immédiate du bourg, notamment au nord de celui-ci, la présence d'immeubles de constructions de type résidentiel plus modernes et de bâtiments de type industriel et commercial.
Communes limitrophes
| Montchaboud | Brié-et-Angonnes / Vaulnaveys-le-Bas | Vaulnaveys-le-Bas | ||
| Montchaboud / Notre-Dame-de-Mésage | N | Séchilienne | ||
| O Vizille E | ||||
| S | ||||
| Notre-Dame-de-Mésage | Saint-Pierre-de-Mésage / Saint-Barthélemy-de-Séchilienne | Séchilienne / Saint-Pierre-de-Mésage |
Géologie et relief
Au nord du territoire Vizillois, des collines situées sur le secteur de Montchaboud sont séparées de l'échine de Mont Sec qui est une extrémité méridionale du socle de Belledonne, par la combe de Vizille qui se poursuit vers le nord en direction des thermes d'Uriage. Un ensemble de failles dit « faisceau des failles de Vizille » se dirige dans un axe nord-est - sud-ouest depuis le nord du bourg de Vizille, jusqu'au village des Pelliets pour se diriger, à son tour mais dans un axe différent, vers le massif de Belledonne. Au sud de Vizille, au-delà des gorges de la Romanche, les collines qui marquent l'extrémité septentrionale du chaînon du Conest sont parcourues pas un système de cassures identiques à celles du faisceau de Vizille. À noter qu'une autre faille (celle de Cornage) apparaît dans le même secteur.
Le point culminant de Vizille (1 016 mètres) se situe à l'est du territoire communal, au-delà du hameau des Corniers sur le sentier (GR 549) qui conduit au mont Sec, à la limite avec le territoire communal de Séchilienne.
Les gisements de gypse avec anhydrite de la commune ont été exploités de façon industrielle, notamment l'anhydrite comme marbre.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 200 à 1 500 mm, irrégulièrement répartie en été.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 19,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 339 mm, avec 9,8 jours de précipitations en janvier et 7 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Chamrousse », sur la commune de Chamrousse à 9 km à vol d'oiseau, est de 5,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 219,3 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −4,6 | −5,3 | −2,9 | 0,9 | 3,9 | 8,2 | 10,1 | 10,1 | 6,9 | 4,1 | −0,2 | −3,3 | 2,3 |
| Température moyenne (°C) | −1,3 | −1,7 | 0,6 | 4,3 | 7,4 | 11,9 | 14 | 13,8 | 10,2 | 7,4 | 3 | 0,1 | 5,8 |
| Température maximale moyenne (°C) | 2 | 1,9 | 4 | 7,8 | 10,9 | 15,5 | 18 | 17,4 | 13,5 | 10,7 | 6,1 | 3,4 | 9,3 |
| Record de froid (°C) date du record |
−18,5 27.01.05 |
−23,3 05.02.12 |
−17,9 01.03.05 |
−12 07.04.08 |
−7,7 06.05.19 |
−3,4 02.06.06 |
0,8 10.07.07 |
0,6 10.08.07 |
−3,9 27.09.20 |
−9,4 29.10.12 |
−15,7 27.11.10 |
−17,7 20.12.09 |
−23,3 2012 |
| Record de chaleur (°C) date du record |
16,8 13.01.07 |
16,7 04.02.04 |
16,4 17.03.04 |
18,5 28.04.12 |
24,6 22.05.22 |
27,7 26.06.19 |
28,6 18.07.23 |
28,7 24.08.23 |
23,9 04.09.23 |
21,8 07.10.09 |
19,2 10.11.15 |
15,2 02.12.15 |
28,7 2023 |
| Précipitations (mm) | 89,4 | 74,6 | 95,7 | 93,7 | 144,7 | 99,5 | 97,5 | 119,3 | 87,7 | 104,6 | 106,4 | 106,2 | 1 219,3 |
Tableau des températures minimales et maximales sur trois années
- 2013
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −1,4 | −2 | 2,2 | 6,4 | 7,7 | 12,7 | 16,3 | 14,9 | 12 | 10,5 | 3 | −1,7 |
| Température maximale moyenne (°C) | 5,4 | 5,3 | 12,1 | 17,7 | 18,4 | 25 | 29,6 | 27,8 | 23,6 | 19,5 | 9,1 | 6,1 |
- 2015
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −0,3 | −0,3 | 3,5 | 6,6 | 10,8 | 14,6 | 17,3 | 14,8 | 10,9 | 7,5 | 2,1 | −1,1 |
| Température maximale moyenne (°C) | 8 | 6,8 | 14,6 | 20 | 22,3 | 28 | 31,6 | 28,3 | 22,6 | 16 | 14,2 | 10,7 |
- 2017
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −5,8 | 1,2 | 4,6 | 4,9 | 10,1 | 15,8 | 15,3 | 14,7 | 9,5 | 6,2 | 1,6 | −1,2 |
| Température maximale moyenne (°C) | 2,7 | 13,6 | 17,5 | 19,1 | 23,6 | 29,2 | 28,8 | 28,6 | 21,7 | 20,5 | 10,2 | 5,1 |
Hydrographie
La Romanche
Le territoire communal se situe sur les bords de la rive droite de la Romanche. Cette rivière, affluent du Drac et sous-affluent de l'Isère, est un torrent alpin qui présente un cours réduit (78,3 km de longueur) mais au débit rapide, sa source se situant dans le parc national des Écrins dans le département des Hautes-Alpes voisin, à environ 2 000 mètres d'altitude.
La Romanche a créé, durant les précédents millénaires, une vallée très encaissée (notamment entre sa source et la plaine du Bourg-d'Oisans, puis entre le site de Rochetaillée et Livet-et-Gavet) jusqu'à son confluent, le Drac, qu'elle rejoint quelques kilomètres après avoir traversé Vizille.
C'est le syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère (SYMBHI) qui s'occupe de fédérer les aménagements sur la Romanche.
Le risque d'éboulement au niveau des ruines de Séchilienne, en amont de Vizille est connu de longue date et suivi avec une attention particulière des services de l'État depuis 1985. Ce risque affecte surtout le versant sud du mont Sec, en rive droite de la Romanche à l'est de Vizille. Cet éboulement risquerait d'entraîner la coupure la route départementale 1091 mais également le cours de la Romanche, formant alors un barrage naturel entraînant un risque de débâcle et d'inondation en aval.
Depuis 2007, le SYMBHI a repris la maîtrise d'ouvrage des parades hydrauliques des ruines de Séchilienne. Plusieurs études complémentaires ont été lancées et indiquent que le risque semble avoir été surestimé. Ce sont, pour l'instant, un simple renforcement et une légère surélévation des digues de la plaine de Vizille qui ont été retenus par le groupe de suivi piloté par le préfet. À plus long terme, si les conclusions du Collège d'experts devaient évoluer, la construction d'une galerie de dérivation de l'éboulement serait envisagée.
Au niveau halieutique, sur le territoire de la commune, le bassin de la Romanche et de ses affluents vizillois sont gérés par l'AAPMA de Vizille
Autres cours d'eau
Les autres cours d'eau sont : le Vernon, le ruisseau des Peillets, le canal de Vizille et le canal de la Romanche qui comprend plusieurs bras qui drainent le parc du domaine de Vizille.
Voies de communication
Voies routières
La route nationale 85 (RN 85), ou route Napoléon est une célèbre route nationale française qui relie Bourgoin-Jallieu à Golfe-Juan sur la Côte d'Azur. Cette route qui passe à Grenoble, atteint Vizille au kilomètre 83 avant de prendre la célèbre rampe de Laffrey et prendre la direction de Gap, Sisteron, Digne-les-Bains et Cannes. Elle doit son nom à L'empereur Napoléon Ier qui après avoir débarqué au Golfe Juan en 1815, avec une petite armée de 1 200 hommes, prit la direction des Alpes par la vallée de la Durance pour regagner son trône à Paris durant la période des Cent-Jours.
La route nationale 91 (RN 91), était une route nationale française reliant Grenoble à Briançon ; elle a été déclassée en route départementale et renommée route départementale 5 (RD 5) dans sa section entre Grenoble et Vizille, puis route départementale 1091 (RD 1091). Cette route, qui passe par Eybens, atteint Vizille au kilomètre 17 avant de prendre la direction de Livet-et-Gavet puis du Bourg-d'Oisans, situé sous la station de sports d'hiver de l'Alpe d'Huez, d'une part, et celle des Deux Alpes, d'autre part, avant de se prolonger jusqu'à Briançon, en passant par le barrage du Chambon, La Grave, le col du Lautaret et Serre-Chevalier, ce qui en fait l'un des passages régulièrement emprunté par les coureurs du Tour de France, selon divers parcours. Cette voie est également un moyen de joindre la région grenobloise au nord des Hautes-Alpes et à l'Italie par le biais du col du Montgenèvre (après Briançon).
- La Voûte de Vizille
Le territoire communal est nettement coupé en deux par l'éperon rocheux sur lequel repose une partie du château. Augustin Perier, fils de Claude Perier, négociant et banquier, élu député de l'Isère en 1827 décida, cette même année, du creusement du tunnel sous le rocher de Vizille, permettant ainsi de relier le bourg à la route de Vaulnaveys-le-Haut, passage qui s'effectuait auparavant par la rampe du château et devenu dès lors sans-issue. Cette voûte ne sera mise en service qu'à partir de 1836. Empruntée encore actuellement par la plupart des usagers, cette voûte permet de relier directement le centre principal avec les hameaux des Corniers et des Allas.
Transports publics
Transport en commun routier
Depuis Grenoble, la commune est desservie par le réseau M TAG et les cars du réseau « Cars Région Isère ». La ville étant dans le périmètre des transports urbains du SMTC, les lignes Cars Région sont accessibles avec la tarification M TAG.
La commune est desservie par plusieurs lignes de bus :
- la ligne Proximo 23 du réseau TAG : Vizille Le Péage ↔ Vaulnaveys-le-Haut ↔ Gières Gare-Universités ↔ Saint-Martin-d'Hères Bibliothèques Universitaire
- la ligne Flexo 65 du réseau M TAG : Vizille ↔ Brié-et-Angonnes ↔ Eybens ↔ Grenoble ;
- la ligne Flexo 70 du réseau M TAG : Montchaboud ↔ Champ-sur-Drac ;
- la ligne Flexo 72 du réseau M TAG : Vizille ↔ Saint-Pierre-de-Mésage ↔ Notre Dame-de-Mésage
- la ligne X03 du réseau Cars Région : Vizille ↔ Grenoble ;
- la ligne T75 du réseau Cars Région : Le Bourg-d'Oisans ↔ Vizille ↔ Grenoble ;
- la ligne T90 du réseau Cars Région : Corps ↔ La Mure ↔ Grenoble ;
- la ligne T91 du réseau Cars Région : Gap ↔ La Mure ↔ Laffrey ↔ Grenoble.
Transport ferroviaire
La commune dispose d'une gare à son nom, situé sur le territoire de Jarrie. Elle est desservie par les trains TER Rhône-Alpes et TER PACA de Grenoble à Gap et Briançon, avec correspondances à Veynes pour Sisteron, Aix-en-Provence et Marseille.
Avant la fermeture aux voyageurs de la ligne de Jarrie au Bourg-d'Oisans en 1951, elle était une gare de correspondance entre le réseau du PLM et celui à voie métrique des VFD en direction de Bourg-d'Oisans.
L'ancienne ligne qui traversait Vizille fut fermée à partir de 1946, et des autocars Chausson remplacèrent les rames voyageurs le entre Vizille et Bourg-d'Oisans et le entre Jarrie et Vizille.
En 1951, la ligne Grenoble-Vizille par Uriage-les-Bains est fermée à tout trafic.
Toponymie
Selon le site de la ville, Vizille fut d'abord une ville forte connue sous le nom d'Oppidum Antiquum.
Le nom de la localité est attesté sous la forme Visilia au Xe siècle. Il s'agit de la fixation d'un anthroponyme pris absolument. Albert Dauzat suggère le nom de personne latin *Visilius (non attesté), dérivé de Visius, tandis qu'Ernest Nègre propose le nom de personne roman Visellius, suivi de la désinence féminine -a (sous entendu villa ou fundum), d'où le sens de « propriété, domaine rural de Visilius / Visellius ».
En arpitan dauphinois, le nom de la ville est Vèsèle [ve.ˈze.li].
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Préhistoire
Antiquité
À l'époque de la soumission des Allobroges aux romains, Vizille fut une ville forte qui se dénommait Oppidum Antiquum[réf. nécessaire]. Après la conquête romaine, une voie y passait, venant de Suze par le col du Lautaret et la vallée de la Romanche et se dirigeait vers Cularo actuelle Grenoble. Plusieurs fois les Romains durent renoncer à ce passage, repoussés par les guerriers Allobroges[source insuffisante]. Elle deviendra par la suite Castra Vigiliae, une station militaire romaine[réf. nécessaire].
Moyen Âge
La période dauphinoise
Vers le XIe siècle, Vizille appartient aux comtes d'Albon, qui deviendront les dauphins de Viennois, possédant l'état du Dauphiné de Viennois. Au Moyen Âge, Vizille est chef-lieu de mandement et doit faire face en 1219 à la terrible inondation de Grenoble. L'enquête de 1339, signale 17 « fortalicia », deux maisons fortes sont situées dans l'enclos fortifié (receptum castri). L'une est crénelée (merlatata), et est la possession de Guigues Pelissier est décrite comme : « Item est in eodem recepto ab uno latere quedam domus fortis merlatata guigonis pellicerii Et immédiate adheret predictis doniono castro et receptis burgum et villa dicti loci visilie ». L'autre est pourvue de trois tours. Cette dernière est citée comme « domus » en 1290 et est la possession d'Arthaude Bertrand.
Elle est en 1339 composée de « trois grandes et hautes tours », appartenant à Jacelme Bertrand et décrite comme : « Item ab uno latere dicti recepti est domus fortis de jacelmeti bertrandi domicelli in qua sunt tres magne et alte turres ». En 1417, lors de la visite du rempart, le maître des œuvres demande au propriétaire d'y effectuer des travaux.
Le « Transport » du Dauphiné à la France
Le , par le traité de Romans, le dauphin Humbert II de Viennois cède le Dauphiné au royaume de France. En contrepartie, le fils du roi de France doit dorénavant prendre le titre de dauphin et la France reconnaître une certaine autonomie de sa nouvelle province.
En 1427, un nouveau propriétaire est investi de Vizille et le pouvoir royal ordonne la non-séparation des bâtiments avec les revenus qui en dépendent.
La Renaissance et le Grand Siècle
Les guerres de Religion
La cité de Vizille fut prise par les protestants au XVIe siècle, puis reprise par les catholiques. Lesdiguières, devenu lieutenant-général du Dauphiné, acquit le vieux château et le fit reconstruire.
Le duc de Lesdiguières et son château
François de Bonne, duc de Lesdiguières, dernier connétable de France est né le à Saint-Bonnet (Hautes-Alpes) et mort le à Valence (Drôme), fut un militaire français du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle.
Entre 1600 et 1619, il fait construire le château de Vizille tel qu'on peut le voir actuellement.
Il a réorganisé la région après les guerres de Religion, il a construit des ponts, des digues contre les inondations, des routes, des fortifications et a achevé le palais de justice de Grenoble.
En 1620, lors des rébellions huguenotes, Lesdiguières, nouvellement converti au catholicisme, répondit de la soumission du Dauphiné, dont il était gouverneur, et reçut en remerciement le collier du Saint-Esprit et l'épée de connétable de France. Il est aux sièges de Montauban.
Une partie des archives de la famille Lesdiguières est conservée aux Archives départementales de l'Isère dans le fonds du château de Vizille.
Les Temps Révolutionnaires
Vizille, ville de la famille Perier et lieu où débutèrent les revendications de la Révolution française
À la fin du XVIIIe siècle, un riche industriel de la région, Claude Perier, achète le château délaissé aux descendants des Lesdiguières et y installe une manufacture d'impression sur tissu.
Le , il accepte de recevoir, dans la « salle du jeu de paume » du vieux château aristocratique de Vizille, l'assemblée des trois ordres de la province (Réunion des États généraux du Dauphiné), interdite de réunion à Grenoble.
Donc ce jour, faisant suite à la Journée des Tuiles du , des notables de la région de Grenoble (bourgeois et notamment juristes) organisent l'Assemblée de Vizille réunissant 50 prêtres, 165 nobles et 276 représentants du tiers état (et parmi eux Jean-Joseph Mounier et Antoine Barnave). L'assemblée réclame la réunion des États généraux et leur vote par tête (et non par ordre). Annonciatrice des revendications démocratiques de la Révolution française de 1789, l'Assemblée de Vizille est d'abord l'expression de l'opposition aux réformes, notamment fiscales, de Brienne.
Une partie des archives de la famille Perier est conservée aux Archives départementales de l'Isère au sein du fonds du château de Vizille. Le fils de Claude Perier, Casimir Perier (1777-1832), devient régent de la banque de France, puis président du Conseil (France) entre 1831 et 1832 ; en hommage, ses descendants adoptent le patronyme Casimir-Perier et plusieurs d'entre eux sont célèbres, dont Jean Casimir-Perier (1847-1907), 6e président de la République française.
Époque contemporaine
Le XIXe siècle
Le peintre paysagiste Paul Huet, lors d'un de ses voyages, réalise en 1858 une aquarelle, Porte de la route d'Uriage, à Vizille qui y est conservée au Musée de la Révolution française.
La célébration du centenaire de l'assemblée des trois ordres en 1888 dans le château de Vizille permet à Jean Casimir-Perier d'accueillir les plus hauts dignitaires de la IIIe république dont le président de la république Sadi Carnot à qui il succédera. Sadi Carnot inaugurera à cette occasion un monument commémoratif aujourd'hui dénommé la Marianne de Vizille et situé face à l'entrée du domaine.
Malgré des tentatives de la famille Périer pour vendre le château au Conseil général de l'Isère, celui-ci finit par être vendu pour 400 000 francs à Jean Imbert, industriel de Saint-Étienne. En 1901, celui-ci est à nouveau vendu à une société anglaise dénommé "The anglo French Syndicate Limited", avec un bénéfice de 50 000 francs. Cette société désirait transformer le château en "Grand Hôtel Restaurant du Château de Vizille", mais le projet ne put aboutir car la société anglaise fit faillite en 1906
Le XXe siècle
En 1906, le château est acheté par le comte Alberto Marone, gendre de Giovanni Cinzano, propriétaire de la grande marque homonyme de vermouth. Après avoir songé d'utiliser le domaine à des fins industriels, le comte finira par vendre le château et le domaine à l'État, le .
Vizille, symbole de la République
Le premier président de la République à séjourner au château est Gaston Doumergue, qui y séjourne en à l'occasion de l'inauguration de l'exposition de la houille blanche et du tourisme à Grenoble. Albert Lebrun, élu en 1932 y séjourne deux mois avec sa famille, notamment durant les étés 1936 et 1938. Albert Lebrun y présidera d'ailleurs le seul et unique conseil des ministres de l'histoire de la ville le . Plus tard, en 1943 ce sera encore à Vizille, alors qu'il est hébergé chez son gendre Jean Freysselinard et sa fille Marie (et non au château, comme on aurait pu le supposer) que le courageux Albert Lebrun (il avait refusé de quitter la France) sera arrêté par les nazis et déporté dans le Tyrol en Autriche rattachée au IIIe Reich.
La Seconde Guerre mondiale
Dès 1942, le territoire de Vizille et ses environs abrite de nombreux groupes de résistance dont les FTP. La répression est menée par les troupes allemandes d'occupation les 17 et une vingtaine de Vizillois seront arrêtés et déportés.
Le de nombreux Vizillois, aidés des membres du maquis de l'Oisans et des armées alliées libèreront la ville.
Le retour de la République à Vizille
Vincent Auriol, élu à son tour président de la République en 1947, ne viendra à Vizille qu'une fois au début de son investiture.
René Coty, son successeur, élu président de la République en 1954, sera l'hôte le plus fidèle au château, car il s'y rendra six fois, même après la mort de son épouse. À l'époque, de nombreux Vizillois pourront rencontrer cet homme simple, en promenade dans les rues de leur ville, sa femme Germaine Coty, Elle offrait des pâtisseries à un groupe d'enfants qui la suivait dans les rues de Vizille.
Le général Charles de Gaulle, successeur de René Coty, élu en 1959, ne viendra qu'une seule nuit à Vizille, celle du 6 au , à l'occasion d'un voyage officiel dans la région.
Le « transport » du château et son domaine au conseil général
L'Histoire semble se répéter car le domaine de Vizille change encore de propriétaire mais pour le bien de tous. En effet, le domaine et son château furent cédés au Conseil général de l'Isère en 1973.
En 1983, anticipant sur la célébration du Bicentenaire de la Révolution française, le musée de la Révolution française prend place dans les différentes salles du château.
Le XXIe siècle
Vizille, ville historique, n'est pourtant pas une réelle destination de vacances pour les citadins de France et d'ailleurs. Passage obligé des touristes se rendant dans les stations du sud de l'Isère, et lieu d'intérêt pour les amateurs de l'Histoire révolutionnaire, la ville ne reste généralement qu'une simple étape sur un plus long voyage.
La ville a également investi dans son aménagement urbain : de grands parkings, un office de tourisme bien documenté et des bâtiments civils (notamment l'hôtel de ville), refaits à neuf et ravalés. De plus, en raison des nombreuses activités festives, la ville est devenue, au fil du temps, plus attractive.
Depuis le , Vizille et la communauté de communes du Sud Grenoblois ont rejoint la communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole, devenue la métropole Grenoble-Alpes Métropole en 2015.
Autres événements ou faits divers
Deux accidents de cars parmi les plus meurtriers de France sont appelés accidents de Vizille (1973 et 2007). En fait, ces accidents se sont produits sur le territoire de la commune voisine de Notre-Dame-de-Mésage, sur la RN85, la route Napoléon, en bas de la descente de Laffrey et juste avant le pont franchissant la Romanche et qui marque l'entrée dans la ville de Vizille.
Le dimanche , un car polonais descendant la côte de Laffrey et revenant de Notre-Dame de la Salette rate le dernier virage et s'écrase en contrebas sur les rives de la Romanche. Cet accident fait 27 morts et 24 blessés. Ce n'est pas le premier accident de ce type que la ville connaît, 3 autres similaires se sont produits dans les années 1970.
Dans la littérature
Héraldique
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D'azur à un château, mouvant des deux flancs, flanqué de deux tours, le tout d'argent, maçonnés, ajourés et essorés de sable, et reposant sur une terrasse d'argent. |
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Vizille dans la littérature
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