Le Bourg-d'Oisans
Localisation

Le Bourg-d'Oisans : descriptif
- Le Bourg-d'Oisans
Le Bourg-d'Oisans (prononcé [lə buʁ d‿wa.zɑ̃]), aussi appelé par abus de langage Bourg-d'Oisans sans l'article défini « le », est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes
Cette commune appartient à l'Oisans, dans les Alpes françaises. Le Bourg-d'Oisans fait partie du Parc national des Écrins. Ses habitants sont appelés les Bourcats.
Géographie
Localisation
Le Bourg-d'Oisans occupe une position centrale dans une plaine d'altitude issue d'un ancien lac, où se rejoignent les six vallées de l'Oisans (vallées de la Romanche — à laquelle aboutit celle du Ferrand un peu en amont de la plaine d'Oisans —, du Vénéon, de la Lignarre, de la Sarenne et de l'Eau d'Olle). Le village est traversé par la Romanche quelques kilomètres en aval des gorges de l'Infernet. La plaine du Bourg-d'Oisans est bordée par le massif des Grandes Rousses au nord et au sud par le massif du Pelvoux. La plaine s'étend sur plusieurs kilomètres à une altitude d'environ 730 mètres. Les structures géologiques de la vallée du Bourg-d'Oisans sont très visibles (plis, chevauchements, failles normales) ; la minéralogie est riche et variée.
L'accès à la plaine du Bourg-d'Oisans s'effectue notamment par la route départementale 1091, qui relie Grenoble dans le département de l'Isère à Briançon dans le département des Hautes-Alpes et, un peu plus loin, à l'Italie par le col du Montgenèvre.
Le département isérois est découpé en 13 territoires, dont celui de l'Oisans, qui correspond aussi au canton de l'Oisans et à la communauté de communes de l'Oisans. En outre, le bassin de vie de l'Oisans, dont le Bourg-d'Oisans est le centre en matières de services publics notamment, s'étend jusqu'au canton de La Grave, situé non pas en Isère mais dans les Hautes-Alpes.
Communes limitrophes
Géologie et relief
En 2014, plusieurs sites géologiques remarquables sont classés à l'« Inventaire du patrimoine géologique » :
- la résurgence de la nappe captive dite « Sources de la Rive » est un site hydrogéologique remarquable aux lieux-dits de Les Grandes Sources et Les petites Sources. Elle est classée « trois étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique » ;
- la « paroi plissée de la "Paute" », au lieu-dit de La Paute et le Puy, est un site d'intérêt tectonique de 17,42 hectares, classé « trois étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique ».
Hydrographie
Le cours d'eau principal traversant la commune est la Romanche ; plusieurs cours d'eau secondaire s'y jettent, tels que le Vénéon, la Rive, le Torrent de la Lignarre, la Sarenne et l'Eau d'Olle.
Il existe dans la plaine du Bourg-d'Oisans un réseau pluriséculaire de canaux d'irrigation et béalières.
La commune comporte plusieurs lacs, dont le lac du Lauvitel.
Climat
Le Bourg-d'Oisans a un site abrité de certains phénomènes météorologiques. La plaine est un lieu qui a, au XXe siècle, un climat propice à l'agriculture.
Dans les années 1960, la commune reçoit en moyenne un mètre d'eau annuel, avec des précipitations réparties de manière assez uniforme sur les quatre saisons de l'année, l'été et l'hiver étant cependant un peu plus arrosés que le printemps et l'automne. Ce niveau de précipitations est relativement bas par rapport à celui d'autres communes des montagnes iséroises, mais il profite à l'agriculture.
Dans les années 1960 également, la plaine du Bourg-d'Oisans connaît des températures moyennes annuelles situées entre 8,5 et 9 degrés Celsius. Elle reçoit beaucoup de soleil en été, saison qui y dure de juillet à septembre compris, et bénéficie d'un automne doux. En hiver, par contre, les températures sont basses (moins de zéro degrés Celsius de moyenne pour le mois de janvier) et la plaine enclavée connaît des phénomènes d'inversion de températures. Ces derniers entraînent des brouillards en automne et en hiver, ainsi que la formation de gel. Le Bourg-d'Oisans a des hivers enneigés, bien qu'il ait connu au XXe siècle des hivers non enneigés, dont en 1917, 1919 et 1920, en ce qui concerne la première moitié de ce siècle.
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Alpes du nord » et « Alpes du sud ».
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 18,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 205 mm, avec 9,2 jours de précipitations en janvier et 7 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Alpe-d'Huez », sur la commune de Huez à 4 km à vol d'oiseau, est de 5,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 994,8 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −5,5 | −6,3 | −3,9 | −1 | 3 | 6,7 | 8,7 | 9,1 | 5,6 | 2,9 | −1,7 | −4,5 | 1,1 |
| Température moyenne (°C) | −1,8 | −2,1 | 0,1 | 2,8 | 7 | 10,9 | 13,2 | 13,4 | 9,7 | 6,7 | 1,9 | −0,9 | 5,1 |
| Température maximale moyenne (°C) | 2 | 2 | 4,2 | 6,5 | 11 | 15,1 | 17,7 | 17,7 | 13,7 | 10,5 | 5,5 | 2,8 | 9,1 |
| Record de froid (°C) date du record |
−21,8 27.01.05 |
−25,2 05.02.12 |
−19,6 07.03.05 |
−13,1 07.04.08 |
−10 06.05.19 |
−5,9 02.06.06 |
−0,4 15.07.16 |
−0,4 31.08.10 |
−7 27.09.20 |
−12 29.10.12 |
−17,6 27.11.10 |
−19,2 20.12.09 |
−25,2 2012 |
| Record de chaleur (°C) date du record |
15,5 13.01.07 |
14,4 03.02.07 |
14 18.03.1993 |
18,9 08.04.11 |
24,1 22.05.22 |
28,6 27.06.19 |
29,5 18.07.23 |
29,3 24.08.23 |
25,6 05.09.06 |
21,4 02.10.23 |
19,7 12.11.15 |
14 12.12.1994 |
29,5 2023 |
| Précipitations (mm) | 84,2 | 62,9 | 74 | 60,5 | 84,2 | 82,3 | 73,7 | 83,6 | 84,3 | 96,9 | 107,9 | 100,3 | 994,8 |
Paysages
Le Bourg-d'Oisans est marqué par un territoire montagneux qui prend place sur 4/5 de celle-ci ; son plus haut point est le Pic du Clapier du Peyron, qui culmine à 3 048 m. La vallée qu'occupe la commune est une ancienne vallée glaciaire ; à notre époque, elle comporte un fond plat encadré de falaises, dont certaines présentent à la vue des roches plissées, et de massifs montagneux. Au nord, se trouve le massif des Grandes Rousses, au sud, celui du Pelvoux (aussi nommé massif des Écrins) ; plusieurs vallées aboutissent dans celle-ci. La vallée du Bourg-d'Oisans est plus large que les vallées qui lui donnent accès, avec une largeur moyenne d'un peu moins de 2 km et son profil en U plutôt qu'en V ; elle est encadrée à l'est par le massif des Grandes Rousses et à l'ouest par celui du Taillefer. La plaine s'étend en longueur sur une dizaine de kilomètres. En fond de vallée, une grande part des champs sont cernés de haies bocagères et de fossés servant au drainage de la plaine, sur une trame de maille rectangulaire, dans laquelle s'insère la ligne droite de la route départementale 1091. Un cône de déjection au pied de la falaise du Pré-Gentil (altitude du sommet : 1938 m) accueille le bourg principal de la commune.
Le paysage bourcat est marqué par son cadre montagnard mais aussi par la diversité qui le compose. Lorsqu'on circule le long de la vallée, on note plusieurs séquences paysagères, dont la plaine bocagère des Sables, la plaine habitée du bourg, la vallée du Vénéon et les massifs montagneux. Toutefois, le paysage agricole est quelque peu grignoté par l'urbanisation qui s'étend quelque peu hors des hameaux. Enfin, la présence de l'eau marque fortement le paysage bourcat, tant par les rivières, les canaux et fossés de drainage que par la végétation.
Milieux naturels et biodiversité
Le Bourg-d'Oisans fait partie du Parc national des Écrins. La commune, dont le territoire est en grande partie montagneux, comporte plusieurs espaces naturels remarquables, dont le site inscrit à l'inventaire supplémentaire des sites inscrits du Lauvitel (depuis 1941) et la réserve intégrale attenante. La plaine de l'Oisans, située à une altitude de 720 m, est la plus haute plaine agricole d'Europe. Cette plaine comporte un bocage.
Toponymie
Au Moyen Âge, existe à l'emplacement du futur Bourg d'Oisans un prieuré nommé Sanctus Laurentius de secum lacum (Saint-Laurent-du-Lac).
On trouve dans les sources savoyardes du XIVe siècle la localité désignée par le nom du prieuré (burgum Sancti Laurentii Doysens). Le bourg devient ensuite le chef-lieu du mandement de l'Oisans. La carte de Cassini fait apparaître Le Bourg d'Oysans.
Histoire
Préhistoire
Antiquité
La plaine d'Oisans a longtemps abrité un lac, qui a subi des évolutions au fil des siècles ; plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère, il y avait à son emplacement un glacier.
Dans l'Antiquité, le Bourg-d'Oisans a été le lieu de passage d'une voie romaine reliant Cularo (Grenoble) à Brigantione (Briançon).
Moyen Âge
Près du lac Saint-Laurent, qui couvre la plaine, se trouve un prieuré, attesté dès le XIe siècle, à Saint-Laurent-du-Lac — endroit qui accueillera plus tard le bourg central du Bourg-d'Oisans.
Au début du XIIIe siècle, à la suite d'un éboulement provoquant un barrage naturel à l'Infernet au-dessus de Livet-et-Gavet, la vallée où se trouve la ville est totalement recouverte par un lac, le lac Saint-Laurent ; le bourg qui deviendra le centre de la commune est alors appelé Saint-Laurent-du-Lac. Le , la retenue d'eau cède, inondant la vallée de la Romanche et provoquant une inondation de Grenoble restée dans l'Histoire. Durant les siècles ultérieurs, le lac se reformera de temps à autre et se vidangera à nouveau.
Au Moyen Âge, Le Bourg-d'Oisans est le siège d'une seigneurie et fait partie du Dauphiné de Viennois. Au XIIe siècle ou XIIIe siècle, un château ceint d'un rempart est bâti près de l'église de Saint-Laurent-du-Lac. L'enquête de 1339 signale l'existence d'une maison forte ou d'un château au lieu-dit la Paute : « Domina aloysia de morgis habet apud pautam quamdam domum fortem et castrum fortissimum » (ADI B 3120, f° 67 v°).
Saint-Laurent-du-Lac devient un bourg qui s'étoffe au fil du temps ; en 1313, y est créée une foire, et en 1339, il a un péage.
Époque moderne
La plaine d'Oisans voit reparaître périodiquement son lac et demeure un marécage durant plusieurs siècles.
Révolution française et Empire
Époque contemporaine
XIXe siècle
Au XIXe siècle, des digues sont créées dans la plaine de l'Oisans, ainsi que des travaux permettant le drainage des terrains.
Le Bourg-d'Oisans absorbe la commune des Gauchoirs en 1846. Cette même année voit la maladie de la pomme de terre engendrer une crise agricole et les prémices de l'exode rural.
La commune accueille une usine, à partir de 1882, destinée au tissage de la soie, recevant des produits issus de la région lyonnaise et renvoyant des tissus finis vers cette même région et Saint-Étienne.
XXe siècle
La ville est très tôt une station alpine. Elle est desservie par la ligne Jarrie – Vizille – Le Bourg-d'Oisans du au par les tramways à vapeur des Voies ferrées du Dauphiné. Ceci permet, entre autres, à de nombreux alpinistes d'accéder plus facilement et rapidement à l'Oisans, et de s'y engager plus avant, pour des courses en montagne plus longues qu'auparavant. Après 1946, le tramway est remplacé par des autocars.
Entre 1908 et 1952, un télébenne amène le charbon depuis la mine de l'Herpie, située au pied du pic de l'Herpie, à côté de ce qui sera la future station de l'Alpe d'Huez.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Oisans est un lieu important de la résistance intérieure française, avec notamment les maquis de l'Oisans. En commémoration, la commune du Bourg-d'Oisans, à l'instar d'autres communes de la région, comporte une rue des Maquis de l'Oisans, une rue Ernest Grazziotti — qui a été un membre important de la résistance locale. Vers la fin de la guerre, en août 1944, une opération militaire allemande est menée en Oisans, l'opération « Hochsommer » (plein été) — le contexte fait que l'armée allemande est sur la défensive, le débarquement de Normandie ayant eu lieu le 6 juin 1944, tandis qu'approche la date à venir du débarquement de Provence le 15 août ; l'armée cherche à préserver ses voies de repli. Ceci se déroule peu après une opération allemande dans le massif du Vercors, qui a fait de nombreuses victimes. L'armée allemande arrive notamment du col d'Ornon à l'ouest et du col du Lautaret à l'est ; le 12 août, ont lieu quelques bombardements aériens de la part des Allemands sur l'Oisans, avec certains dégâts matériels au Bourg-d'Oisans et dans d'autres communes. Le 13 août, l'armée allemande entre dans le bourg et réunit environ 200 hommes du village au Jardin de ville, puis les tient en otages dans le Foyer municipal — une plaque apposée plus tard à l'intérieur du Foyer municipal commémore ce souvenir. Durant ces évènements, du 13 au 15 août 1944, plusieurs personnes ont été tuées sur la commune par des soldats de l'armée allemande. Peu après, l'armée allemande quitte l'Oisans, tandis que les Alliés dont l'armée américaine libèrent Grenoble et l'Oisans.
Après la Seconde Guerre mondiale, comme d'autres régions montagneuses, la commune connaît de profonds changements lié notamment à l'exode rural : la population rurale, et notamment la jeunesse, diminue et s'installe dans les grandes villes. Dans les années 1960, la commune a une clinique d'accouchement, ce qui n'est plus le cas à la fin du XXe siècle. L'usine de soieries procure en 1955 du travail à 115 personnes, puis à 77 personnes en 1965 (63 femmes et 14 hommes), tout en bénéficiant d'une alimentation en électricité issue du turbinage de la Sarenne.
La construction du barrage hydroélectrique de Grand'Maison dans la vallée de l'Eau d'Olle s'accompagne de l'installation de nouveaux habitants au Bourg-d'Oisans entre 1975 et 1982 notamment.
En 2004, la 16e étape du Tour de France cycliste, du Bourg-d'Oisans à l'Alpe d'Huez, voit gagner Lance Armstrong. La 17e étape du Tour de France, du Bourg-d'Oisans jusqu'au Grand-Bornand, voit la victoire de Lance Armstrong après une étape de 204,5 km.
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Document créé le 03/01/2018, dernière modification le 12/11/2025 c20260111-164626
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