Lans-en-Vercors
Localisation

Lans-en-Vercors : descriptif
- Lans-en-Vercors
Lans-en-Vercors /lɑ̃s ɑ̃ vɛʁkɔʀ/, nommée Lans /lɑ̃s/ avant 1947, est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce bourg de moyenne montagne est le passage obligé du Vercors septentrional à Grenoble
Il fait de cette situation un privilège
Elle lui permet de s'approprier chaque progrès du val de Lans, dont fait également partie Villard-de-Lans
Il est inclus parmi les quatre paroisses des montagnes de Sassenage. Sa population, de 2 652 habitants en 2022, globalement jeune, est en pleine croissance
Elle connaît un taux de chômage deux fois et demie moindre que la moyenne nationale
Natifs comme nouveaux venus descendent pour la plupart travailler à Grenoble
La commune souhaite concilier son activité agricole et d'élevage, qui préserve son cadre de vie, ainsi que le tourisme avec le développement d'activités durant les intersaisons. Initialement, cette commune isolée dépend des seigneurs de Sassenage qui s'installent parfois sur une motte castrale dont il ne reste qu'une ruine
Lors de la Révolution, cette terre de tradition rurale s'avère peu républicaine et perd son statut de centre administratif
Au début du XIXe siècle, le premier réseau routier qui désenclave le massif du Vercors passe par Lans ce qui permet à l'économie agricole et forestière de s'ouvrir vers l'extérieur et la venue de touristes
Dans le même temps, le chef-lieu communal se développe autour des axes de communication aux dépens du Peuil qui devient un simple hameau
Au XXe siècle, Lans-en-Vercors se transforme en petite station climatique qui s'attache ensuite à développer les sports d'hiver. Lans-en-Vercors est une des entrées du parc naturel régional du Vercors, aux paysages et à la biodiversité remarquables
L'architecture de son habitat est caractérisée par des maisons aux pignons à redents qui entourent l'église Saint-Barthélemy dont une partie, datant du XVIIe siècle, est classée au patrimoine.
Géographie
Localisation
Lans-en-Vercors est située au sud-ouest de Grenoble. Entre les deux villes, la route la plus directe, de 30 km, serpente pour une partie dans les gorges d'un cours d'eau — le Furon — et franchit un dénivelé de 800 m. L'agglomération s'avère alors la première du val de Lans située sur la partie nord-est du plateau du Vercors. Les deux lieux peuvent être joints en 40 min environ. Ceci ne représente que 12 km à vol d'oiseau, soit 6 min d'hélicoptère.
Villard-de-Lans est au sud de Lans-en-Vercors. Les deux agglomérations appartiennent à la même vallée. Ceci en fait un bourg de référence malgré des ressources bien moindres que celles de Grenoble. Une route de 9 km, soit 12 min environ, réunit les deux chefs-lieux de communes.
Le territoire de cette commune de moyenne montagne appartient aux Quatre Montagnes qui est l'étendue la plus au nord du massif du Vercors. Au pays des Quatre Montagnes, la partie à l'est abrite un val — le val de Lans — tel qu'il s'observe dans un relief jurassien. Le bourg se trouve à son extrémité nord. Du côté oriental du val de Lans se trouve le prolongement de l'ensemble du Moucherotte avec vers le sud la Croix des Ramées, le Grand-Cheval, le pic Saint-Michel et enfin le col de l'Arc, dernier élément de l'ensemble sur le territoire. Ces éléments d'une partie des massifs subalpins le séparent de la cuvette grenobloise. Du côté occidental, le val de Lans est bordé par le mont boisé de la forêt de Guiney, qui s'abaisse au sud pour former le col de la Croix-Perrin, dernier élément de la commune. Ceci le sépare du val d'Autrans dans lequel se trouve la commune d'Autrans-Méaudre en Vercors.
Au nord la limite du territoire se fait avec deux communes. À l'ouest, le ruisseau de Chasau — orienté ouest-est — dans la forêt de Guiney marque une limite avec Engins. À l'est, le torrent du Bruyant — orienté est-ouest — en parcourant le plateau de Saint-Nizier-du-Moucherotte, dominé par Le Moucherotte, le sépare de la commune du même nom. Au sud, le val de Lans se poursuit avec le val de Villard-de-Lans et sa commune.
Communes limitrophes
| Autrans-Méaudre en Vercors | Engins / Saint-Nizier-du-Moucherotte | Claix | ||
| Autrans-Méaudre en Vercors | N | Claix | ||
| O Lans-en-Vercors E | ||||
| S | ||||
| Villard-de-Lans | Villard-de-Lans | Varces-Allières-et-Risset Saint-Paul-de-Varces |
Géologie et relief
La géologie de Lans-en-Vercors est bien expliquée car « la diffluence du glacier de l'Isère qui remontait la vallée du Furon, a deux incidences majeures : elle a joué le rôle de barrage glaciaire vis-à-vis des eaux du Furon […] et elle est à l'origine des épisodes glacio-Iacustres du val de [Lans-en-Vercors] […] ».
À l'ère tertiaire lors de l'érection du massif alpin, au Miocène — environ −23 à −5,3 millions d'années —, les plissements créent une succession d'anticlinaux et de synclinaux. Le val de Lans, ainsi créé, est alors une large dépression allongée nord-sud. Il résulte de l'intersection du synclinal de Villard-de-Lans, presque nord-sud, qui est le pli majeur de ce val, avec un pli oblique, le trans-synclinal de Saint-Nizier, nord-est - sud-ouest, de superposition plus tardive. Les axes de ces deux plis, très ouverts l'un par rapport à l'autre, se recoupent aux abords sud de Lans-en-Vercors.
À l'ère quaternaire, deux entités se distinguent. Une petite partie nord de la commune est comprise dans la vallée du Furon et le vallon du Bruyant, par ailleurs tout le reste de la commune se situe sur le val de Lans.
Au nord du val de Lans, le vallon du Bruyant résulte d'un glacier local (G). Ainsi, les pentes du Moucherotte qui le dominent présentent la forme caractéristique d'un cirque glaciaire avec des pentes raides au-dessus d'un fond de cirque en pentes plus douces. À la glaciation de Riss — environ −300 000 à −120 000 ans —, ce glacier rejoint celui qui remonte la vallée du Furon. À la décrue des glaciers rissiens, ils se séparent. À la glaciation de Würm — environ −80 000 à −20 000 ans —, les glaces provenant de l'Isère ne remontent pas assez loin dans la vallée du Furon et laissent isolé le glacier de cirque du Moucherotte. « Tant pendant les glaciations qu'entre celles-ci, les eaux sous-glaciaires et postglaciaires auront tout loisir pour creuser le vallon du Bruyant. »
Pour le val de Lans, lors du Riss existe probablement un vallum terminal ainsi qu'en témoigne la crête rectiligne d'est en ouest qui barre complètement la vallée. Cette crête forme le barrage qui retient le lac du val de Lans. Lors du Würm, le glacier de l'Isère, moins étendu que lors du Riss, envoie une langue qui ne remonte la vallée du Furon que jusqu'aux environs d'Engins. Ainsi, le val de Lans est le fond d'un lac et non pas issu « d'un glacier local important […] qui n'a jamais existé ». Progressivement s'installe un vaste marécage qui donne les terres humides actuelles. Sur la crête rectiligne qui barre la vallée au niveau de l'Olette s'est construit Lans-en-Vercors.
Le fond du val de Lans est donc une prairie garnie d'alluvions fluviatiles et glaciaires (Fy-z). Sous les alluvions fluviatiles se trouve, presque horizontale, une dalle de calcaires à silex du Sénonien supérieur. La gorge du Furon entaille cette dalle au nord de Lans-en-Vercors. À l'est de cette gorge se trouve de la molasse miocène (E), riche en couches de conglomérats. Son épaisseur augmente vers Saint-Nizier-du-Moucherotte.
Sur le côté oriental du val se trouve la Combe-Claire où le Furon prend sa source. Elle se forme entre deux lignes de relief parallèles orientées nord-sud. La plus à l'est comprend des dalles structurales d'Urgonien (n4 5U) inférieur qui vont des falaises de la Croix-des-Ramées et du stade de neige, jusqu'à la crête du rebord subalpin. Celle-ci commence au Moucherotte et sur la commune comprend le sommet du Grand-Cheval (1 827 mètres) et le pic Saint-Michel (1 966 mètres) — sommet le plus élevé de la commune. Le col de l'Arc (1 736 mètres) marque la limite sud du territoire lantier. Visible du val de Lans comme de la cuvette grenobloise, la crête est souvent enneigée. La ligne de reliefs plus à l'ouest, avec un maximum de 1 477 mètres, reste émoussée et boisée. Elle est formée d'une succession de couches du Sénonien (c6).
Sur le côté occidental du val, le mont boisé de la forêt de Guiney orienté nord-sud est constitué de calcaires à silex du Sénonien supérieur (c7). Sur la commune, le point culminant est à 1 659 mètres mais, un peu plus au nord, le Charande atteint 1 709 mètres. L'abaissement au sud se fait progressivement vers le col de la Croix-Perrin à 1 218 mètres, dernier élément du territoire.
Hydrographie
La Bourne et le Furon, tous deux affluents de la rive gauche de l'Isère, prennent leur source à Lans-en-Vercors, mais s'écoulent au départ dans des directions opposées : la Bourne vers le sud et le Furon vers le nord ; leurs bassins versants sont séparés schématiquement par le versant ouest de la Combe-Claire puis la RD 106, plus précisément l'axe est-sud-est - ouest-nord-ouest du bourg de Lans-en-Vercors qui joue ainsi le rôle de ligne de séparation des eaux. Ces cours d'eau résultent d'un écoulement rapide des précipitations au travers d'un sol karstique donc peu filtrant. Le faible pourcentage de pente, particulier en montagne, — 1 % pour la Bourne — aboutit notamment à la constitution de zones marécageuses de rôle particulièrement important sur le territoire.
Sur la commune, tant la Bourne que le Furon et son affluent le Bruyant sont classés en réservoirs biologiques.
La Bourne
Bourne, au XIIe siècle Borna et au XIIIe siècle Burna, signifie « frontière ». Cette rivière sépare de nombreuses entités administratives — paroisses, puis communes et départements.
La source de la Bourne est aux Jailleux, à l'est du village, à 1 038 mètres d'altitude. En effet, ce lieu est le plus éloigné du confluent avec l'Isère.
Elle s'écoule dans le val de Lans selon une direction nord - sud-ouest en effectuant de nombreux méandres. Sur la rive gauche, elle reçoit le torrent du Peuil. Au hameau du Bouilly, la source de Bouilly, sur la rive droite, est la première exsurgence qui donne un affluent d'origine souterraine. Située à 1 007 m d'altitude, son débit est de 20 l/s environ. Il n'est pas possible de l'explorer. Elle draine probablement la zone de la Croix-Perrin — liaison prouvée avec la grotte des Eymards. Pour la commune, le bassin versant de la Bourne est d'environ 17 km2. Puis, elle quitte son territoire pour celui de Villard-de-Lans au pont des Aniers avec un débit moyen de 13 m3/s.
Le Furon
Furon vient de foron et signifie « torrent ».
La source du Furon est dans la Combe-Claire, en contrebas du gite des Allières, au sud-est de Lans-en-Vercors à une altitude de 1 293 m. Sur le territoire de la commune, les limites de son bassin versant sont ouest — du pic Saint-Michel au plateau des Ramées. Initialement de quelques litres par seconde, son débit augmente progressivement avec les contributions du ruisseau des Jailleux puis du ruisseau « source de la Lutinière » à proximité de la grotte de l'Olette — connue des archéologues. Son débit moyen est de 0,40 m3 s−1 juste avant la confluence du Bruyant. Celle-ci se situe à 899 m d'altitude, sous le bec de l'Aigle peu après la limite communale. Elle permet un apport important.
Le Furon s'écoule du sud au nord ce qui s'oppose aux directions ouest des autres cours d'eau qui suivent ainsi la pente générale du massif du Vercors. Après un cheminement au pied des hameaux des Bernards et des Geymonds dans un fond de vallée peu encaissé, il parcourt des zones de pâturage. Puis à l'Olette, il emprunte des gorges assez larges jusqu'au barrage d'Engins.
Le Bruyant
Le Bruyant est un torrent, affluent de la rive droite du Furon, qui forme une frontière entre les communes de Lans-en-Vercors et de Saint-Nizier-du-Moucherotte pour cheminer ensuite sur la commune d'Engins. Sans désignation dans les années 1860, il ne semble nommé que vers 1880.
La source est à 981 m d'altitude. Cette source est alimentée par un bassin versant compris entre Le Moucherotte et le pic Saint-Michel — liaisons prouvées par traçage : grotte Vallier, scialet de la Sierre, trou d'Ira et scialet des Choucas. Cette étendue d'environ 1 km de large sur 8 km de long est limitée à l'est par une ligne de crête — dite grande roche Saint-Michel — légèrement orientée vers le sud-sud-ouest. Puis apparaît une exsurgence karstique froide dont le débit moyen est de 0,42 m3/s. Initialement les eaux coulent dans une gorge étroite puis le lit s'élargit en passant de 2 à 8 m. Ainsi, après un parcours est-ouest de 1,5 km, le cours d'eau se jette, sur le territoire de la commune d'Engins, dans le Furon à 899 m d'altitude.
Un sentier de randonnée le suit et des travaux sont régulièrement entrepris pour le rendre accessible malgré de fréquentes crues. À la source un moulin, dont des restes sont encore visibles — canal de fuite —, fonctionne avant 1552 jusqu'à la fin du XIXe siècle. Tout le vallon du Bruyant est classé depuis le pour son intérêt pittoresque.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 200 à 1 500 mm, irrégulièrement répartie en été.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 8,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 324 mm, avec 11,1 jours de précipitations en janvier et 7 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Villard-de-Lans », sur la commune de Villard-de-Lans à 7 km à vol d'oiseau, est de 8,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 270,0 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
Relevés annuels
| 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Maximale extrême (°C) | 29 | 32 | 31 | 31,7 | 33,6 | 29,6 | 29,7 | 34,7 | 31,9 | 31,3 | 31,5 | 34,7 | 34,3 | 31,5 | 33 |
| Maximale moyenne (°C) | 13,1 | 14,1 | 12,1 | 14,9 | 13,5 | 12,2 | 13,8 | 13,9 | 14,2 | 14,3 | 14,8 | 14,4 | 15,5 | 13,6 | 16 |
| Moyenne moyenne (°C) | 7,5 | 8 | 6,5 | 8,4 | 7,7 | 6,8 | 8,4 | 7,9 | 7,8 | 7,3 | 8,5 | 7,7 | 8,3 | 7,1 | 8,6 |
| Minimale moyenne (°C) | 1,9 | 1,9 | 0,9 | 1,9 | 1,9 | 1,4 | 2,9 | 1,9 | 1,3 | 0,3 | 2,2 | 1 | 1,2 | 0,5 | 1,2 |
| Minimale extrême (°C) | -14 | -21,5 | -23 | -14 | -23,1 | -18,1 | -15 | -16,4 | -19,6 | -19,8 | -20,8 | -19,9 | -17,4 | -19,6 | -18,3 |
| 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Vitesse maximale rafales (km/h) | 75,6 | 88 | 70,8 | 138,4 | 114 | 91,7 | 125 | 106,6 | 105 | 50 |
| Jours à vitesse supérieure à 57,6 km/h | 3 | 8 | 1 | 28 | 27 | 32 | 27 | 17 | 23 |
| 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nombre de jours de chute | 33 | 41 | 40 | 50 | 45 | 39 | 25 | 28 |
Relevés de l'année 2022
| Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Maximale extrême (°C) | 12,4 | 15,1 | 17,7 | 20,1 | 29,8 | 30,1 | 33 | 32,8 | 26,1 | 24,9 | 17,2 | 17,2 |
| Maximale moyenne (°C) | 3,8 | 7,2 | 11,8 | 13,4 | 20,5 | 25,1 | 27,8 | 26,3 | 18,8 | 20 | 10,3 | 7,2 |
| Moyenne moyenne (°C) | -3,5 | 0,9 | 4 | 5,8 | 12,2 | 16,9 | 17,6 | 17,2 | 11,9 | 12,6 | 5,2 | 2,2 |
| Minimale moyenne (°C) | -10,8 | -5,4 | -3,8 | -1,7 | 4 | 8,7 | 7,3 | 8,1 | 5,1 | 5,3 | 0 | -2,9 |
| Minimale extrême (°C) | -18,3 | -11,6 | -9,9 | -12,4 | -2,4 | 1,2 | 1,6 | 3,6 | -3,7 | -0,3 | -6,4 | -11,2 |
| Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Vitesse maximale rafales (km/h) | 50 | 48 | 47 |
| Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Maxima au sol sur 24 heures (cm) | 45 | 37 | 12 |
Voies de communication
Chemins puis routes
Initialement, une voie de communication joint « les villages du Villar-de-Lans et de Lans où il existe un chemin à mulets [qui se poursuit] par la gorge d'Engein et Sassenage ».
En 1820 ou 1830, « le canton du Vercors […] est entièrement privé de communications avec le pays environnant ; il lui est presque impossible de faire aucun échange. Aussi […] les habitants sont-ils dans un état effrayant de misère et d'ignorance qui ne fait que s'accroître ».
Le développement routier du Vercors est intimement lié à celui de la commune. Du XIXe au XXe siècle, trois routes sont construites et se croisent à Lans au carrefour de Jaume.
Villard-de-Lans−Sassenage
En 1818, le chemin de Villard-de-Lans à Sassenage − proche de Grenoble − subit des dégradations particulièrement importantes. Les communes des Quatre Montagnes demandent au préfet de l'Isère « une petite route praticable à de petites voitures seulement ». Bien que Lans refuse initialement de participer financièrement, toutes les communes instaurent un impôt pour la réalisation du projet. Celui-ci aboutit en 1827 à une route allant de Villard-de-Lans à Sassenage via Lans. Des modifications ont lieu jusqu'en 1845. Ce chemin de grande communication no 6 a « le grand mérite d'être la première brèche faite au bloc du Vercors ». Son succès pour le commerce forestier et agricole avec Grenoble est indéniable.
Lors de la construction de la route nationale 531 — devenue RD 531 — elle prend le nom de « vieille route de Villard-de-Lans ». Ainsi, depuis le XXe siècle, à Lans-en-Vercors elle se superpose à la RD 531 depuis l'Olette jusqu'au carrefour de Jaume puis, après sa traversée du bourg, elle longe la partie est du val de Lans pour rejoindre Villard-de-Lans.
Seyssinet-Pariset−Méaudre
Le est déposé, à la mairie de Pariset — proche de Grenoble —, un projet de route pour développer le chemin préexistant entre Grenoble et le val de Lans via Pariset. Après des péripéties tenant aux débats intéressants à son utilité et à son financement, le , un arrêté préfectoral décide sa construction. Les travaux vont de cette date à 1875. Ainsi le chemin d'intérêt commun no 106 joint Pariset, Saint-Nizier et atteint Lans.
En 1892, est envisagé un chemin de Jaume à Autrans. Sa réalisation se fait de 1895 à 1896. Il joint Lans à Autrans puis à Méaudre.
Au XXIe siècle, ces deux voies réunies constituent, selon un axe est-ouest, la route départementale 106 — RD 106 — de Seyssinet-Pariset à Méaudre.
Bourg-de-Péage−Grenoble
En 1933, est créée la route de Bourg-de-Péage — proche de Valence — à Grenoble par Villard-de-Lans. La route nationale 531 — RN 531 — assure ainsi la traversée du Vercors. En 1972, elle est déclassée sur une partie de son parcours, dont celui qui traverse Lans-en-Vercors, en route départementale 531 — RD 531. Pratiquement parallèle à la vieille route, elle parcourt le côté ouest du val de Lans en venant de Villard-de-Lans suivant un axe sud-nord. L'intersection avec la RD 106 se fait au carrefour de Jaume. Il s'agit d'un axe important du Vercors.
Rail
En 1891, le premier projet de liaison ferrée entre Grenoble et Villard-de-Lans est avancé.
Le tramway Grenoble–Villard-de-Lans est retenu le . Après dix-huit mois de travaux, le , le tronçon entre Grenoble et Pariset est inauguré. Sa construction atteint Saint-Nizier le . Lors de la Première Guerre mondiale, le chantier est tout d'abord arrêté. puis il reprend et malgré les restrictions la voie est posée sans ballast jusqu'à Villard-de-Lans son terminus en passant par Lans. Puis en 1919, les travaux sont menés avec l'aide de prisonniers de guerre allemands. Dix ans après le début du chantier, le , la ligne est inaugurée. Il s'agit d'une voie unique sans section à crémaillère. Mais le la Société grenobloise de tramways électriques ramène le terminus à Saint-Nizier et Lans n'est plus desservie. Le tramway cesse progressivement toute activité le . La voie ferrée ne montre ici pas d'avantage.
En ce début du XXIe siècle, une partie de cette voie — dite « la voie du tram » — joint Lans-en-Vercors à Villard-de-Lans sur 7,5 km. Le tracé rectiligne et en terrain plat, au milieu du val de Lans, y est bien reconnaissable avec son remblai mais les traverses et les rails manquent. Sa fréquentation est interdite aux véhicules motorisés et à l'entrainement des chiens de traineaux.
Transport par câble
Début , les élus de Grenoble-Alpes Métropole — la Métro — votent le lancement d'un projet de transport par câble. L'infrastructure pour un téléphérique est envisagée de Fontaine — terminus de ligne A du tramway de Grenoble — à Lans-en-Vercors via Saint-Nizier-du-Moucherotte – 4,7 km puis 5,3 km. Il doit réduire le trafic automobile et ses aspects nocifs sans augmenter le temps de transport. Par ailleurs, sa participation au développement du plateau du Vercors est avancée. Tous conviennent que la pression de l'urbanisme doit être contenue. L'impact visuel et plus généralement environnemental est difficile à apprécier. Reste l'aspect économique pour le financement immédiat, estimé dans l'hypothèse la plus optimiste à soixante millions d'euros, puis la subvention nécessaire lors de l'exploitation.
Les avis recueillis sont début 2012 majoritairement favorables au projet, puis, fin 2013, alors que les résultats de l'enquête de concertation ne sont pas encore connus, les avis se sont inversés. Le projet est abandonné en .
Modes de transport
Diligence
En 1858, une voiture à deux places part de Grenoble et gagne Villard-de-Lans deux fois par semaine pour la somme de deux francs. Elle suit les gorges du Furon avant de passer par Lans.
Puis en 1865, une patache — diligence — assure quotidiennement le même trajet. Elle transporte douze passagers qui peuvent être deux à côté du cocher, quatre sur des sièges en haut et six à l'intérieur. Avant la montée jusqu'à Sassenage, seuls deux chevaux sont attelés, puis six chevaux sont nécessaires. Des relais permettent le changement d'attelages et les voyageurs peuvent descendre. À Lans le relais de Jaume se trouve à l'intersection des routes d'Autrans et de Villard-de-Lans. Le parcours dure six heures. Il est dit que « les ressorts qui équipaient les roues n'amortissaient guère les soubresauts ».
Tramway
Le , le tramway Grenoble–Villard-de-Lans atteint Lans en deux heures quinze minutes et son terminus en deux heures trente-cinq minutes. La ligne est électrifiée, mais dans les voitures les sièges sont des bancs en bois et il n'existe pas de vitres aux fenêtres. En hiver, trois rames quotidiennes circulent, auxquelles l'une s'adjoint les dimanches et jours de fête. En période estivale, il en existe quatre. Mais, le , Lans n'est plus desservie, car l'exploitation de la ligne concurrencée par l'autocar, plus rapide, est déficitaire.
Autocar
Le , les autocars des établissements Repellin et Traffort assurent un service régulier entre Villard-de-Lans et Grenoble qui fait halte à Lans. Puis, en 1925, Émile et Victor Huillier s'installent sur cette ligne avec leur premier autocar. Le nombre de véhicules croit rapidement et le service rendu supplante celui du tramway.
En 2019, trois lignes quotidiennes d'autocars Transisère desservent Lans-en-Vercors. L'arrêt à l'office de tourisme est systématique. Ainsi le lieu, proche de l'ancien relais de pataches et antérieurement gare de tramway, reste névralgique sur la route de Villard-de-Lans à Grenoble. L'une des lignes relie Villard-de-Lans à Grenoble via Engins et effectue six à neuf allers-retours. L'autre va de Lans-en-Vercors à Grenoble via Saint-Nizier-du-Moucherotte et réalise deux à quatre allers-retours. La dernière reste sur le plateau et joint Villard-de-Lans à Lans-en-Vercors en passant par Autrans-Méaudre en Vercors moyennant cinq à sept allers-retours.
Le temps de liaison est comparable à celui d'une automobile pour un même trajet. Le réseau interurbain de l'Isère qui appartient au conseil général de l'Isère est largement à la charge de la collectivité. L'usager peut aussi bénéficier d'une prise en charge de l'employeur. L'ensemble le rend financièrement très compétitif vis à vis d'un véhicule individuel dans ces conditions.
Hélicoptère
L'hélicoptère, utilisé par les secours d'urgence, s'affranchit des aléas du réseau routier et permet une évacuation rapide vers Grenoble. Ceci est important en montagne. Il n'existe pas d'hélisurface à Lans-en-Vercors. Au pied du domaine de l'Aigle, situé presque en plein bourg, se trouvent des terrains plats desservis par une route goudronnée. Ceci permet aussi l'accès aux véhicules de secours. Une manche à air s'y trouve en permanence puisqu'il s'agit d'une aire d'atterrissage de parapentes. L'ensemble réunit de bonnes conditions pour le transfert d'un véhicule terrestre vers un hélicoptère posé en sécurité même en hiver.
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Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Lancium, Lanz au XIe siècle, Lantz et Lanche au XIIe siècle puis Lamps au XVIIe siècle, enfin Lans jusqu'en 1947.
Albert Dauzat considère qu'il s'agit d'un nom de personne latin Lancius, Lantius utilisé absolument. Hypothèse reprise par la suite, formulant de surcroît le caractère sous-entendu du mot latin fundus « ferme, pièce de terre, propriété », d'où le sens global de « propriété de Lantius » ou « de Lancius ».
L'adjonction du déterminant complémentaire en-Vercors date de 1947.
Le Vercors est mentionné sous la forme Vercorium et parfois Vercosium dans les actes médiévaux des XIIe et XIIIe siècles ce qui correspond probablement à l'ethnonyme gaulois Vertamocorii. Selon Xavier Delamarre, le nom se décompose en Uertamo-cori, sur uertamos (vertamos) « sommet » ou « excellent, supérieur » et attesté comme nom commun à l'accusatif in uertamon dans l'inscription sur tesson en langue gauloise de Cajarc (redresta in uertamon nantou, « qu'il monte au sommet de la vallée »). Vertamo est en fait un superlatif en -tamo-, sur uer- (ver-) « sur, dessus ». Le second élément -corii représente le mot corio « troupe, armée » que l'on rencontre dans divers noms de peuples gaulois, comme les Tricorii ou les Petrocorii. Le sens global de Vertamocori est donc celui de « troupes du sommet » ou « excellentes troupes ».
Le Vercors est désigné dans les écrits du début du XXe siècle par « la métaphore de la forteresse ». Celle-ci est comprise au sens de protection du mode de vie ancestral des montagnards et s'applique aux communes du Vercors drômois. Lors de la Seconde Guerre mondiale le maquis du Vercors l'érige comme une « forteresse de la Liberté ». Lans revendique après-guerre les valeurs nationales — sans méconnaître l'impact touristique. Prudemment l'Institut géographique national — qui succède au Service géographique de l'Armée, dissous en 1940 — propose d'adjoindre le qualificatif sous Vercors à deux communes de l'Isère (Lans et Saint-Nizier), ce d'autant que ses travaux géographiques étendent les limites du Vercors.
Le , est accordé par décret à Lans le nom de Lans-en-Vercors.
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Histoire
Préhistoire et Antiquité
Il y a plus de 100 000 ans, entre les périodes glaciaires du Riss et du Würm, durant le Paléolithique moyen, des Néandertaliens exploitent les affleurements siliceux du val de Lans. Probablement le couvert végétal, plus discret en altitude, permet plus facilement la mise en évidence et l'exploitation des filons de silex. Si des ateliers de taille ont été découverts — par exemple à la grotte de l'Olette —, on ne dispose d'aucune trace d'une occupation installée. Celle-ci est saisonnière et de courte durée.
Durant l'Antiquité, un peuple celte — Allobroges ou Vertacomicori ? —, s'installe sur les pentes qui dominent les vallées de l'Isère et du Drac. Probablement s'aventure-t-il sur les hautes terres. Lors de l'occupation romaine de la Gaule, il existe un chemin qui va de Sassenage à Die en passant par Lans. Mais aucune trace d'une installation durable ne s'observe dans le secteur de Lans. Il n'existe pas de témoignage des invasions successives par les Burgondes puis par les Francs dans le pays des Quatre Montagnes. L'implantation sédentaire semble acquise au début de l'optimum climatique médiéval.
Moyen Âge
Après l'affaiblissement du pouvoir central détenu par les successeurs de Charlemagne naît la féodalité. Les hommes de guerre gardent pour eux ce que le pouvoir royal n'est plus en mesure de leur réclamer.
Sur ordre d'un seigneur, une motte castrale est érigée au Peuil par les habitants asservis. Le premier seigneur connu est, à la fin du XIe siècle, le chevalier Rainald — ou Rainaud, Reynald… Il devient le vassal des puissants seigneurs de Sassenage. La tour en bois fait alors place à une tour en pierre. En 1339, une enquête portant sur la valeur des biens du Dauphin décrit une « tour carrée de six toises de haut entourée d'une enceinte de murs de soixante-quatre toises ». La motte castrale est actuellement visible d'une très large partie du val de Lans sous forme d'une surélévation de terre appuyée sur un affleurement rocheux de 11 m qui reçoit une plateforme de 28 m sur 47 m.
Les vestiges d'une maison forte ou d'un pigeonnier du XIVe siècle témoignent au hameau des Falcons de l'époque : il s'agit d'une plate-forme entourée de son fossé, quelques pans de mur et une tour ronde, de 5 m de diamètre avec une élévation maximum de 2,30 m. La ruine des Falcons est portée comme un château sur la carte de Cassini.
Autour de la motte du Peuil se construit le village de Lans. Le mandement de Lans est aussi peuplé qu'aujourd'hui et neuf nobles y sont connus qui se partagent les tenures et les manses. Ils obtiennent ainsi des céréales, du seigle, de l'orge, de l'avoine et un peu de froment. Le sort des manants est légèrement amélioré par une charte signée par Albert de Sassenage en 1338. Elle s'avère peu généreuse avec persistance des impôts, des corvées, l'obligation de se servir du moulin du seigneur ou de mettre à sa disposition les bêtes. Les relations avec la vallée se font par le chemin de Sassenage mais aussi le col de la Berche — ou de la Brèche — (col de l'Arc).
Initialement une chapelle castrale puis une église — de façon certaine en 1080 — existent à Lans. Enfin Notre-Dame-de-Lanceio est érigée au nord du Peuil. Le site est excentré mais probablement proche d'un cimetière. Après avoir pensé, selon une croyance païenne, que les morts nuisent aux vivants, l'idée est de « rassembler les vivants et les défunts et offrir à ceux-ci un espace sacré bénéfique. » Cet édifice roman comporte deux chapelles dont on ne peut pas présumer de la date de construction. L'une dédiée à saint Barthélemy est la propriété de la famille Garcin de Lans, l'autre dédiée à la Sainte-Croix est la propriété du prieuré. Quelques restes construits vers la fin du XIIe siècle ou le début du XIIIe siècle sont encore visibles dans l'église.
Le , Philippe VI, roi de France, achète le Dauphiné dont fait partie Lans au dauphin Humbert II.
La peste noire atteint au XIVe siècle les Quatre Montagnes et instaure des temps de misère. En soixante ans, Lans perd trois-quarts de ses 533 feux.
Temps modernes
Les guerres de religion n'épargnent pas l'histoire locale. Ainsi le , Pierre de Theys dit le capitaine La Coche, lieutenant protestant du baron Adrets se saisit du baron de Sassenage réfugié — après un assaut infructueux contre Grenoble — dans son château de Lans au Peuil sans rencontrer la moindre résistance. Aucun dommage n'est fait à l'église lors du passage de la troupe. Les Lantiers las d'entretenir le château le démolissent en partie et obtiennent de leur seigneur de ne pas le reconstruire. Les huguenots réhabilitent la tour et l'occupent mais un lieutenant du baron de Gordes la reprend par surprise en 1576 aux hérétiques. Certes, Laurent de Sassenage se convertit au calvinisme et tente d'établir la religion réformée mais un siècle plus tard seul un Lantier semble l'avoir suivi dans cette démarche.
En 1710, Guillaume de l'Isle, premier cartographe du roi — Louis XIV — ignore dans la levée de la carte du Dauphiné les paroisses des Quatre Montagnes et donc Lans. Ces terres paraissent inconnues des géographes qui les représentent sous la forme de montagnes inhabitées. Cinquante ans plus tard, la carte no 119, levée entre 1765 et 1777 sous la direction de César-François Cassini, démontre l'existence de l'agglomération.
Révolution française et Empire
La communauté de Lans est la première rencontrée en arrivant sur le plateau du Vercors et à ce titre elle se trouve la première confrontée aux évènements de Grenoble qui annoncent la Révolution.
Le la Grande Peur gagne le pays des Quatre Montagnes et conduit Lans à envoyer un piquet important à Villard-de-Lans.
Puis les privilèges sont abolis et les biens du clergé nationalisés. Le l'Assemblée nationale constituante crée les mairies et par décret du les cantons. D'emblée la commune de Lans est également chef-lieu de canton. Les modalités de la création de la commune de Lans — l'unité territoriale recouvre probablement celle de la paroisse — restent inconnues en raison de la disparition des archives communales.
Les habitants s'organisent pour racheter au département les terres confisquées. Si cette restitution est appréciée, il est des mesures auxquelles les Lantiers sont plus hostiles. Tel est le cas des subversions religieuses. Ainsi l'église n'est ni dégradée ni utilisée pour un usage profane. Avec la protection de la population, Jean-Baptiste Perrin, curé de Lans, bien que prêtre réfractaire, demeure. De façon singulière, il est même chargé de tenir le registre d'état civil en tant qu'officier de la municipalité et signe « Perrin curé ». Après son absence, en , des insermentés cachés dans d'autres communes, viennent clandestinement exercer leur apostolat. De même, toute forme de conscription est bannie dans ce milieu rural où tous les bras sont bienvenus pour les travaux des champs. La gendarmerie, molestée, ne fait donc plus de patrouille pour chercher les déserteurs et ne paraît pas aux fêtes nationales. L'adhésion aux valeurs révolutionnaires n'est pas totale. Il n'est pas possible de trouver d'agent communal. Un adjoint rit et provoque les rires en lisant les textes de loi. En 1797, un premier arbre de la liberté est planté au Peuil mais la garde nationale est absente. De surcroit il est scié. À quelques semaines d'intervalle une nouvelle plantation est suivie des mêmes effets.
En 1795, le Directoire crée les municipalités des cantons. Lans, chef-lieu de canton, devient alors municipalité cantonale. L'assemblée des conseillers communaux, formée par les représentants des communes avoisinantes, y délibère. Cependant après un réquisitoire en quinze points, Jean-Gabriel Jullien, commissaire de la République et représentant de Villard-de-Lans, soumet à l'assemblée le 30 brumaire An VIII () le transfert du chef-lieu au profit de sa commune, de surcroît plus importante. L'ensemble est résumé ainsi par le commissaire : « L'esprit public est généralement mauvais à Lans. » Le vote favorable est entériné par Grenoble, et Lans n'est plus chef-lieu.
Les rapports de la commune avec le monde extérieur sont aussi marqués par les conflits armés de 1792 à 1815. Aucune archive semble répertorier les conscrits lantiers de cette période. Pourtant des documents attestent du caractère impopulaire de cette conscription en raison de son importance. À terme il est distribué dix médailles de Sainte-Hélène à des Lantiers sachant qu'elles sont 1 236 pour le département de l'Isère.
Époque contemporaine
XIXe siècle
Le début du XIXe siècle est marqué par la construction d'une voie de communication « praticable à de petites voitures seulement » vers Grenoble. Celle-ci passe par Lans. Elle est la première — et reste la seule pendant quinze ans — du Vercors. Elle le sort de son isolement. L'agriculture et l'élevage se développent avec l'acheminement des engrais et le commerce du bétail. L'exportation du bois de marine pour l'État, et du bois de construction pour Grenoble s'amplifie. Ainsi, les grumes — troncs d'arbre — amenées aux scieries par des vaches — villardes — peuvent ensuite être chargées sur les chars par des chèvres — treuils manuels. Le bois est alors vendu notamment dans la vallée.
Au début du XIXe siècle le conseil municipal décide de faire payer une location aux utilisateurs de certains terrains qui servent surtout à la pâture — essentiellement des terres marécageuses et des zones pentues de montagne. Mais quelques habitants estiment que ce sont des propriétés privées selon des actes d'albergement établis depuis la fin du Moyen Âge et reconduits. Ce problème cause à Lans « plus de troubles que toute la période révolutionnaire ». Les procédures dressent « les communaux » contre les autres pendant les deux premiers tiers du siècle avant que le conflit cesse.
Au pays des Quatre Montagnes l'importance des revenus forestiers est majeure. Dès le XIIe siècle les forêts, propriété du seigneur, servent comme bois de chauffage ou de construction. La Révolution les confisquent aux nobles, elles deviennent alors communales et sont exploitées de façon désordonnée. Avec l'ordonnance royale du « s'affirme un renouveau forestier ». Or, depuis au moins , il existe un différend entre Lans et Méaudre à propos des limites de la forêt de Guiney. Ce n'est qu'en 1839 que la justice décide définitivement que les cinquante hectares de bois sont la propriété privée de la commune de Méaudre. Depuis elle paye des impôts fonciers à Lans mais elle garde le revenu des coupes.
Six moulins à eau fonctionnent sur le territoire de Lans au XIXe siècle. Leurs fonctions de scierie et d'écrasement indiquent que l'industrie du bois devient aussi florissante que l'agriculture et l'élevage. Au Peuil, le rif de Freydéris — devenu torrent du Peuil — s'écoule sous les deux moulins connus dès 1559 qui existent toujours. L'eau du Moulin à grande roue — devenu Moulin d'en haut — est conduite en aval, sous la route, par un caniveau à ciel ouvert en bois au Moulin blanc — devenu Moulin d'en bas. Le premier permet de fabriquer de la farine pour les animaux. À la fin du XIXe siècle l'énergie de l'eau est aussi utilisée pour adjoindre une scierie. Celle-ci est en fonction jusqu'à la dernière guerre. Le second est réservé à la fabrication de farine pour l'homme. En 1962, ils sont arrêtés notamment parce que la culture cède le pas à l'élevage laitier. Dans les années à venir une centrale hydroélectrique personnelle est envisagée avec le Moulin d'en bas.
XXe siècle
Au début du XXe siècle le centre de vie des Lantiers se déplace. Sur le cadastre dit napoléonien, « terminé sur le terrain le », « le village de Lans » ne comporte qu'une dizaine d'habitations. Le développement des voies de communication, qui associe les routes et le rail, rend le Peuil lointain. Alors la dizaine d'habitations décuple à deux kilomètres du bourg ancestral et abandonne l'ancien centre administratif de tout le val de Lans. L'agglomération actuelle croît autour de la mairie et de l'église.
Durant les années 1920, Lans devient un centre de climatisme pour les enfants non tuberculeux. Pierre Chabert, industriel introduit dans le monde politique national, est maire de Lans. Il édicte un arrêté municipal qui stipule que toute personne voulant séjourner dans la commune doit produire un certificat de non contagion. À défaut, les hôteliers ou les hébergeurs peuvent voir leur eau coupée. Puis la commune se spécialise vers le climatisme préventif — ainsi que les Quatre Montagnes qui suivent son exemple. Ceci contribue au développement du tourisme avec notamment la visite des familles. En 1937, elle abrite huit hôtels et sept pensions d'enfants. Le un arrêté l'érige en station climatique.
Cet important propriétaire terrien, à l'occasion d'un déplacement, étudie le tourisme de luxe aux États-Unis. Il en importe à Lans un plan de lotissement en damier. De surcroit, chaque maison doit comprendre un terrain entretenu entre la chaussée et l'habitat avec une clôture qui n'excède pas deux mètres de hauteur. Aucun hôtel n'excède plus de cinq étages. Tout établissement industriel ou de soins est écarté. Cette politique, encore visible, dessine le plan du bourg.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le maquis du Vercors se constitue. La répression du au y met fin. La commune de Lans, occupée le , est relativement épargnée grâce à son maire et au secrétaire de mairie. Cependant, sur le territoire, elle recense à la suite de ces évènements quinze victimes — tués, fusillés, disparus ou déportés non revenus — ainsi qu'une dizaine de maisons brulées.
En 1953, la commune développe le tourisme hivernal et crée des pistes de ski au sein du domaine de l'Aigle contigu du bourg. Puis en 1975, elle développe cette offre en construisant à distance de l'agglomération un stade de neige. Par sa conception non urbanisée il prévoit la charte du parc naturel régional du Vercors en cours d'élaboration.
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